En 1996, j’avais 19 ans. J’étais en plein dans mes études. Je faisais partie de ces étudiants qui faisaient l’aller-retour tous les week-ends. Ville-campagne et campagne-ville. Et je n’aimais pas la ville. Je n’aime toujours pas ça, même si je reconnais que c’est pratique quand on n’a pas de voiture.
En tout cas, je ne me voyais certainement pas là où je suis, 30 ans plus tard. Je me suis un peu écartée de la ville mais pas trop, parce que c’est pratique quand on n’a pas de voiture (je sais, je me répète). D’ailleurs, je vais au travail en vélo (très pratique, hein ?). Je ne me voyais certainement pas être rédactrice ou testeuse de jeux vidéos. Je ne me voyais pas non plus motarde. J’ai été élevée avec des chiens et par conséquent, je me voyais avec un chien. J’en ai bien eu un, mais c’est avec un chat que je vis maintenant. Je me voyais aussi avec un mari et des enfants, parce que c’est ce qu’on m’avait inculquée depuis toujours : une femme a sa vie réussie si elle a fondé une famille. Mais mes parents tenaient aussi à ce que tous leurs enfants soient indépendants et je tiens de mon père scientifique ma carrière. Au final, je n’ai jamais eu envie d’enfants et enseigner les arts martiaux à des enfants m’en a dégoutée. Et pour ce qui est du mari, j’ai réalisé que j’étais bien plus heureuse et tranquille sans homme.
Donc en gros, à 19 ans, je me voyais un peu comme ma mère coincée avec une famille et à gérer tous les membres de cette famille avec un boulot (désolée Maman). Et au final, je vis ma meilleure vie, entre un boulot super intéressant, des passions épanouissantes, des amis (IRL et online) très variés qui m’apportent énormément et un chat que j’adore.