Asobo Studio, développeur connu également pour son implication auprès de Microsoft Flight Simulator, nous avait pleinement conquis (malgré quelques écueils techniques) avec les deux premiers volets A Plaque Tale, Innocence et Requiem, respectivement paru en 2019 et 2022 à tel que point que nous en sommes devenus des fans. Il faut dire que les voyages auprès d’Amicia et Hugo nous avaient marqués de bien des manières, par ses récits émouvants, prenants et ses personnages attachants, son gameplay général, sa direction artistique, et ce sans oublier par ses bandes sonores magistrales d’Oliver Deriviere ! N’hésitez pas à relire nos avis respectifs des jeux ici et là pour en savoir plus, ainsi que notre critique de l’ouvrage passionnant qu’est The Heart of A Plague Tale, disponible chez Third Editions. On vous rassure toutefois, cette critique reste évidemment pleinement objective.
Toujours aussi prenant
Cette fois, on quitte la fratrie De Rune (Amicia et Hugo) pour suivre le passé de la charismatique Sophia, rencontré dans Requiem. Resonance – A Plague Tale Legacy étant en réalité une préquelle aux deux précédents titres, mais sachez qu’il n’est pas nécessaire d’y avoir joué pour suivre cette nouvelle épopée. Néanmoins, connaître la série apporte un plus vu que certains mystères sont résolus avec Resonance, tout comme sur le vécu de Sophia et donc de sa personnalité.
Eh oui, ici une quinzaine d’années environ avant les événements relatés dans l’opus Innocence, Sophia n’est pas la capitaine que nous connaissons. Effectivement, plus jeune, elle a eu une vie difficile basée sur la contrebande, mais qui lui aussi valu de réussir à bien se défendre et combattre. Pour autant, Sophia possède également des « visions » qui l’amène à voguer vers l’île du Minotaure pour tenter d’en déceler tous les secrets.
Nous n’en dirons évidemment pas plus sur ce contexte afin de ne pas vous gâcher les surprises de la découverte. En tout cas, après avoir côtoyé Amicia et Hugo, on doit dire que nous n’avons pas été déçues par Sophia. Effectivement, non seulement nous en découvrons davantage sur son passé et ses difficultés, mais nous avons aussi fait face à des surprises plus que bienvenues; le tout en étoffant et approfondissant l’univers général d’une belle façon.
Mais il n’y a pas que cela, car les développeurs ont mis en place deux récits, et donc plus de profondeur narrative, par le biais d’une double temporalité nettement efficace. Difficile de ne pas céder pour vous en dire plus sans risquer de spoiler, alors nous finirons simplement cette partie en soulignant que la mise en scène et l’écriture sont encore une fois les points forts de cette saga, la plume permettant de retranscrire à la fois les émotions, les rebondissements ainsi que les révélations; le rythme général étant de mise, nous n’avons pas décroché une seule seconde.
Prise de risques
Si nous n’avons pas décroché, c’est aussi grâce à la boucle de gameplay général instaurée dans cet épisode plus ambitieux, mais aussi différent de ce que l’on avait connu dans les précédentes oeuvres A Plague Tale, et ce même si l’on garde quelques points communs. C’est donc là que certain(e)s personnes apprécieront plus ou moins ces diverses modifications ou préféreront simplement les épopées vécues par Hugo et Amicia par rapport à ce dernier titre en date, et cela peut se comprendre.
Ce volet 2026 s’articule autour de trois éléments principaux bien dosés entre eux : des affrontements nettement plus frontaux qu’avant, des énigmes cohérentes et bien amenées, ainsi qu’une bonne dose d’exploration évidemment. Tout en vous laissant des surprises sur chaque pan, sachez que la visite des environnements permet de dénicher des collectibles/artefacts. À l’instar des précédents opus, on prend un certain plaisir à prendre son temps pour s’émerveiller de la beauté des lieux mais aussi tout découvrir, outre ces collectibles, ici ce sont des équipements et autres accessoires (surprenant n’est-ce pas ?), sans oublier des points de Resonance (également acquis en combats). Ces derniers pouvant servir à étoffer sa palette de frappes dans un arbre de compétences dédié, et que dire ce n’est qu’il est gratifiant de tout chercher et de débloquer ces nouvelles capacités bien utiles et efficaces !
En comparaison des deux précédents softs A Plague Tale, si l’on peut toujours jouer sur de la discrétion (bien que cela soit nettement plus rare), il est surtout question d’une approche nettement plus frontale qu’auparavant. Exit donc l’éternelle fronde d’Amicia et ses objets particuliers, bonjour aux lames de notre protagoniste Sophia pour des joutes encore plus brutales, techniques et dynamiques. On se rapproche ainsi plus facilement des jeux du même genre puisque Sophia est une combattante plus aguerrie et habituée à se battre. Sans en dévoiler trop, on opte évidemment pour des frappes plus ou moins rapides et violentes, mais on se base aussi pleinement sur un système d’esquive et des parades. Le tout agrémenté de capacités acquises au fil de l’aventure et de points dédiés. Clairement, même si cet axe d’affrontement frontal est une première pour les développeurs, on trouve qu’ils s’en bien sorti, d’autant que l’axe de difficulté est bien calibré et équilibré (cinq choix sont accessibles).
Lorsque nous ne sommes pas en train de nous battre ni d’explorer, on effectue la résolution de diverses énigmes environnementales demandant un bon sens d’observation mais aussi de bien analyser. D’ailleurs, on ressent bien les inspirations référées aux jeux cités dans notre introduction, que ce soit par le biais d’un carnet reflétant les indices et découvertes, que par les puzzles liés à la lumière. Tout en restant en surface, il est question d’orienter des miroirs dans la bonne direction ou encore de révéler des passages secrets. En bref, si vous avez déjà joué à la saga Uncharted ou bien Tomb Raider, vous ne serez pas dépaysé et apprécierez nettement comme nous ces énigmes mais aussi les résoudre !
Au top
Parlons à présent de l’apparat sonore, visuel et technique. Sur ce dernier point (via notre critique avant disponibilité du patch Day one), si l’on peut noter quelques textures en deçà (type rochers) ou soucis techniques qu’il nous a été donné d’être spectateur (les développeurs en ayant connaissance), en revanche l’artistique est splendide !
Resonance – À Plague Tale Legacy, on s’éloigne de la France des deux premiers opus en direction de l’île du Minotaure, à la fois dépaysant et chatoyant, mais aussi pourvu de passages plus sombres. Un contraste travaillé et riche profitant de surcroît de beaux effets de lumière et d’instant vraiment éblouissant.
En résumé, sans gâcher la surprise, c’est d’une grande beauté, tout comme la bande sonore d’ailleurs. À l’instar des précédents opus, et comme on dit, pour ne pas changer une équipe qui gagne, les thèmes musicaux de ce volet ont aussi été signés par Olivier Derivière. L’homme en charge des compositions nous livre une nouvelle fois de magnifiques partitions puissantes, intimistes et émotionnelles, et ce qu’elles soient à base de dialecte chypriote interprété par Vasiliki Anastasiou et le chœur Amalgamation Choir, ou bien même dans l’esprit méditerranéen. Parmi les artistes ayant contribué à ces moments mémorables et cette maestria, on peut citer Evgenios Voulgaris, Eric-Maria Couturier, Samuel Meric, ou encore Giano Caserotto.
Pour accompagner l’ensemble, le titre se dote une nouvelle fois de voix françaises, avec la présence d’Alice Turand, Frantz Confiac ou encore Lisa Delamar,… et que dire si ce n’est que la qualité est toujours au rendez-vous ! De plus, des sous-titres, également français, sont disponibles si nécessaire.
Testé sur Xbox Series X avec un code fourni par l’éditeur