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Cheval de guerre… Un Spielberg pas comme les autres

NOTE DE MaXoE
5 / 5Sélection Best Of MaXoE
VOTE DES LECTEURS
1 / 52 / 53 / 54 / 55 / 5
Le fantastique c'est bien, on aime tous voir de temps en temps, même si on n'en est pas trop friand, un bon film avec des effets spéciaux à ne plus savoir qu'en faire. Ça ne sera pas le cas ici. Laissez l'épée magique, les éclairs pourfendeurs et les monstres sur le bas de la porte. Bienvenue dans un monde basé sur une période historique réelle et sur des sentiments qui peuvent tous nous toucher un jour ou l'autre.
La naissance d’une amitié

Albert Narracott (Jeremy Irvine) est un adolescent qui vit presque paisiblement avec ses parents au cœur de la campagne anglaise. « Presque » car les temps sont bien difficiles et les heures qui s’annoncent trop sombres. Un père, Ted Narracott (Peter Mullan), pas bien méchant mais devenu alcoolique à cause d’un passé militaire qui le poursuit. Une mère, Rose Narracott (Emily Watson) aimante et dévouée qui peine à joindre les deux bouts tant il y a de travail dans la petite ferme qu’ils habitent.
Les terres que leur loue Lyons (David Thewlis), un être abjecte et méprisant, sont certes cultivables mais difficilement. Ainsi, un beau jour de printemps, le père décide d’investir dans un cheval. Un bon cheval vigoureux qui leur permettra d’accomplir le labeur qu’ils ne peuvent faire seuls.
Mais arrivé au marché aux animaux, il tombe en admiration devant un superbe étalon à la robe alezane. Fier, chaque muscle fermement tendu, l’animal est bien loin du bourrin aux lourdes pattes que le père était venu chercher.
Néanmoins et en y laissant bien plus d’argent qu’il ne l’avait prévu au départ, le paternel revient au bercail avec une monture plus proche du cheval de course que du trait de labour.

Stupéfaction générale de la maisonnée à son retour. Albert est au comble du ravissement car ce jeune cheval il le suit depuis sa naissance, l’a admiré gambadant aux côtés de sa mère dans les prairies avoisinantes, l’a rêvé, l’a attendu presque sans le savoir.
Bien sûr la mère ne l’entend pas de cette oreille. Ce cheval est sauvage. La seule chose qu’elle voit est que cet animal leur a coûté les yeux de la tête, entrainant des difficultés pour payer le loyer, qu’il risque d’être difficilement dressable donc inutile aux taches pour lesquelles il aurait normalement été dévolu.
Quoi qu’ils en pensent, quoi qu’ils en disent, Albert est convaincu que ce cheval est spécial. Il saura apprendre. Non seulement il saura faire ce qu’on lui demande, mais en plus il le fera à la perfection.
Le dressage s’avère moins laborieux qu’on aurait pu le penser de prime abord. Une complicité amicale se tisse rapidement entre les deux êtres, l’un humain, l’autre animal. Un lien immuable est né et rien ni personne ne pourra le briser. 

La déchirure d’une séparation 

Joey, c’est ainsi qu’Albert l’a appelé, est un cheval incroyable il est vrai. Il apprend vite, bien plus vite que n’importe qui aurait pu l’imaginer. Ce cheval à la fine allure, aux muscles saillants, à la rapidité vivace, d’une prestance indiscutable, cet animal là surprendra tout le monde, jusque et y compris le propriétaire qui les menaçait de l’expulsion.
Mais le monde est ainsi fait que rien n’est jamais simple. Le père n’a plus le choix, il doit vendre Joey sinon ils perdront leur maison. C’est à ce plus mauvais moment de leur vie que l’Angleterre s’engage dans une terrible guerre que l’on connait aujourd’hui sous le nom de guerre de 14-18, la 1ère guerre mondiale. Une guerre des tranchées, une bataille qui dura 4 longues années et qui, dans notre histoire, cible principalement la France et l’Angleterre contre l’Allemagne.
Les militaires investissent peu à peu les villes, puis les villages, les campagnes anglaises, rien n’est laissé au hasard. Il leur faut des hommes… bien sûr. C’est donc aux militaires que le père vend Joey. La déchirure qui détruit alors le cœur de son fils semble ne jamais pouvoir trouver de consolation.

Joey part en guerre, une guerre que de trop nombreux êtres humains et animaux n’ont pas choisie. C’est ainsi. Il n’a rien demandé, il aurait sans doute préféré rester avec son adolescent de maître et continuer de labourer un champ aussi caillouteux soit-il. Mais le destin choisit une autre voie pour l’animal autant que pour l’humain. Il sera condamné à passer de paumes en paumes, des anglais aux allemands puis aux français. Mais c’est un cheval incroyable, je vous l’ai déjà dit, alors il survit tant bien que mal quand tous meurent autour de lui.
Quand Albert reçoit une lettre lui apprenant que l’officier anglais à qui Joey avait été vendu est décédé en terre française, la déchirure se fait encore plus profonde. Quelques années s’écoulent, la guerre n’est toujours pas terminée. Mais aujourd’hui Albert a l’âge de s’engager. Il retrouvera son cheval, quelque en soit le prix et quelque soit la distance à parcourir, les épreuves à affronter, il le retrouvera. 

Mon avis

Steven Spielberg nous offre avec « Cheval de guerre » un film bien loin des effets spéciaux bondissants et tonitruants dont il est si friand. Oubliez les Jurassic Park, Transformers et autres productions fantastiques. Ce film là, cette relation entre un jeune garçon et son animal, chacun d’entre nous aurait presque pu la vivre à la même époque. Après tout, personne n’ignore quelles relations étranges et fantastiques peuvent se nouer entre un homme et un animal, quel qu’il soit. Alors pourquoi pas ? C’est sans doute bien moins fantasque que de s’imaginer poursuivit par un tyrannosaure.

Ce film nous renvoie à une période funeste de notre histoire, que certains de nos grands parents ont vécu. Ce n’est pas un mythe, cette tragédie a malheureusement existé. Spielberg nous offre quelques troublants témoignages, presque comparables à des souvenirs. Que les faits décrits correspondent exactement à la manière dont s’est passée cette guerre ou non, peu importe finalement. La magie du drame ou du moment de bonheur opère dans tous les cas. Pourquoi ? Parce que ce film est magnifiquement réalisé, que les images sont belles et soignées dans leur plus infime détail. Parce que les acteurs jouent leur personnages à bras le corps. Parce qu’il serait si facile de se projeter dans leur réalité, dans ce qu’ils vivent. 

 

La personne qui m’accompagnait, à la fin de la séance, l’a qualifié de film pour enfants. Même si je respecte les différentes opinions de chacun, c’est une façon de voir les choses qui m’aurait presque choquée sur l’instant. Car s’il y a bien une chose que je ne ferai pas, c’est emmener un enfant voir ce film. Il est vrai que le cocktail de cette réalisation pourrait laisser penser que ce film est pour les enfants. Le protagoniste principal est un animal, il tisse d’étroits liens avec un adolescent. Lorsque ce cheval de guerre réussit toujours, plus ou moins par miracle, à échapper à un destin funeste, c’est presque toujours une jeune personne qui le récupère et prend soin de lui.
Mais justement, il serait bien trop facile pour un enfant de se projeter dans la peau de notre héros car c’est une histoire qui, autant par sa forme que par son fond, lui tend les bras. Et pourtant on y parle de guerre, on y montre deux jeunes adolescents se faire massacrer par l’armée allemande, on constate bien trop de souffrances réunies dans un même film.

Car il est ainsi, ne vous attendez pas à un joli conte de fée même si, heureusement, le happy end existe bel et bien. Ce film est dur, parle des affres de la guerre, et ses sous entendus sont parfois pires qu’une image bien sanglante.
Ce cheval et cet enfant, sans compter tous les différents protagonistes qui interviennent tout au long de l’histoire, tous sans exception souffrent et sont tourmentés par des causes différentes. Ce, durant les 2h27 que dure cette fiction. Le film est pourtant accessible « légalement » pour les enfants à partir de 10 ans. Alors peut être est-ce mon instinct maternel qui parle (il paraît que chaque femme en possède un plus ou moins caché !) mais pour ma part, je ne recommande pas aux parents de montrer ce film à des jeunes gens de moins de 15 ans, à moins qu’ils ne développent pas de sensibilité particulièrement exacerbée. N’oubliez pas, les enfants n’interprètent pas les choses qu’ils voient de la même manière que les adultes…

Ce concept mis à part, il est certain qu’il ne faut pas vous attendre à sauter à pieds joints dans le monde des bisounours, c’est un film dur oui mais beau. Les images sont superbes, les personnages sont touchants, attachants. Les couleurs du film m’ont beaucoup impressionnée. Il est certain qu’un soin particulier a été apporté à la finition des images, aux traitements de leurs couleurs. Elles ajoutent une ambiance douce par moment, plus dure et sèche sur d’autres scènes.

NOTE MaXoE
5 / 5Sélection Best Of MaXoE
VOTE DES LECTEURS
1 / 52 / 53 / 54 / 55 / 5

C’est un beau film qui mérite d’être vu. La réalisation est superbe, travaillée, les acteurs justes, leurs personnages attachants. Certes c’est une fiction, mais elle nous transporte avec une facilité parfois déconcertante dans une réalité qui a existé et que des gens comme vous et moi, bien que d’une autre époque, ont vraiment vécue. C’est un film touchant, plein de bons sentiments mais qui ne tombe jamais dans une niaiserie qui pourrait le rendre indolent ou pathétique. Et à côté de cette sentimentalité, un côté sombre et dur. Certaines scènes sont véritablement difficiles et percutantes. Ce qui en fait un cocktail réussi.
ON A AIMÉ !
- Réalisation soignée
- Beau casting d’acteurs
- Scénario abouti et travaillé
- Le doublage des voix françaises fonctionne bien
- Bien qu’avec quelques écarts mineurs avec ce qui fut la réalité, la guerre de 14-18 est représentée dans sa réalité et non une fiction trop capilo-tractée
- Le film est assez long mais l’enchaînement des événements est tel qu’il n’y a pas de véritables longueurs
- La bande son a été composée par le grand John Williams s'il vous plaît !
ON A MOINS AIMÉ...
- J'ai beau chercher... je n'en trouve pas !
Cheval de guerre
Support(s) : Cinéma / DVD
Réalisation : Steven Spielberg
Scénario : Lee Hall, Richard Curtis
Durée : 2h27
Genre : Drame, Historique, Guerre
Sortie en France : 22/02/2012
Musique : John Williams
Production : Steven Spielberg, Kathleen Kennedy
Informations complémentaires / A noter : D'après l'oeuvre de Michael Morpurgo

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