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Stuck – Instinct de survie : un peu décevant…

NOTE DE MaXoE
3 / 5
VOTE DES LECTEURS
1 / 52 / 53 / 54 / 55 / 5
Critique de "Stuck - Instinct de survie" à l'occasion de sa sortie en Blu-ray et DVD le 1er juin 2011

Alors qu’il traversait la rue, Gregory Biggs, sans domicile fixe, est percuté de plein fouet par une voiture et va s’encastrer dans son pare-brise. Par chance il est encore en vie mais, paniquée et en état d’ébriété, la conductrice (Chante Jawan Mallard) décide de prendre la fuite plutôt que de composer le fameux « 911 ».

Après avoir laissé Gregory Biggs, toujours bloqué dans le pare-brise de la voiture garée dans son garage, se vider de son sang pendant deux jours, elle décidera finalement de demander à son ami Clete Jackson de l’aider pour faire disparaître le corps. Quatre mois passent sans que Chante Jawan Mallard ne soit inquiétée puis, sûre d’elle, Chante raconte l’histoire à une amie et lui explique son projet de détruire le véhicule incriminé afin de faire disparaître toute preuve et frauder son assurance. Choquée, son amie la dénonce aussi tôt à la police qui finit par l’arrêter au terme d’une enquête. Aujourd’hui incarcérée, Chante Jawan Mallard purge une peine de 50 ans de prison pour l’homicide de Grégory Biggs. Cet évènement avait choqué l’opinion publique dans la région de Dallas/Fort Worth car, en plus d’avoir commis un crime odieux, cette femme travaillait comme infirmière dans une maison de retraite.

Inspiré d’un fait divers

Le film s’annonce plutôt gore et cruel n’est ce pas ? Et bien sachez que les faits relatés ci-dessus sont réels et ont servis de base à Stuart Gordon dans la réalisation de son film. Habitué des films d’horreur (Re-Animator, Daughter of Darkness) , Stuart Gordon a décidé de tenter quelque chose de différent avec Stuck dont l’intrigue se passe principalement en huit-clos. Le principal défi de Stuart Gordon était donc de réussir à nous captiver alors même que l’action se situait dans un tout petit garage. Il avait d’ailleurs déclaré à l’occasion d’une interview que si Alfred Hitchcock avait pu le faire dans Lifeboat (1944), alors lui aussi.

Cru et réaliste

Stuck s’inscrit dans la lignée de ces films qui, au delà du simple divertissement, dépeignent et dénoncent une réalité sordide. Pour commencer, le film a probablement été tourné en période pré-hivernale dans des décors austères et parfaitement quelconques du Canada. Par ailleurs on y suit le triste quotidien de personnes parfois un peu en marge mais surtout toutes plus égoïstes et lâches les unes que les autres. Il y a d’abord Thomas, sans emploi, abandonné par sa famille et confronté à la bureaucratie de l’administration dans ce qu’elle a de plus nauséabond. Il y a aussi Brandi, jeune infirmière irresponsable obsédée par sa probable promotion. Enfin le tableau ne serait pas complet si l’on n’évoquait pas son petit ami, Rashid, un petit dealer lâche jusqu’au bout ou encore cette famille d’immigrés qui préfère laisser mourir un homme plutôt que de risquer des ennuis avec la police.

La caméra tremblotte, il n’y a pas de plans miraculeux, tout est fait pour exacerber un réalisme cru et organique. Ce que dénonce ici John Stuart c’est la disparition du vivre ensemble, la froideur de notre monde individualiste où les Hommes vivent dans la peur. Peur et individualisme qui poussent l’Homme à ne plus se soucier que de sa propre personne et donc, a finalement perdre son humanité. C’est un thème intéressant que John Stuart a traité de manière plutôt convaincante.

Trop inégal

Si Stuck part sur de bonnes bases, il peine à convaincre et à s’affranchir de son statut de série B. Thomas, la pauvre victime de l’accident, a traversé un pare-brise, il a une jambe complètement cassée et saigne abondamment. Malgré tout, plus les heures/jours passent et mieux il se porte, la douleur finissant quasiment par disparaître de son visage vers la fin du film. On a par ailleurs beaucoup de mal à avoir de l’empathie pour Brandi qui est un personnage cruel, égoïste, irresponsable et bête alors même que cela semblait plutôt être une volonté affichée de Stuart Gordon.

Le film n’est par ailleurs pas dénué d’humour mais il est introduit avec trop de lourdeur ce qui a tendance à décrédibiliser certains personnages comme Rashid. Enfin le rythme du film laisse à désirer, avec des scènes parfois trop lentes au détriment de scènes plus importantes. Heureusement que les thèmes abordés le sont plutôt bien et mettent en exergue certains excès de notre société.  Pour terminer enfin, la gestion réaliste du film est accentuée par des images explicites qui renforcent son attachement à s’inscrire dans la vie de gens « normaux ».

Stuck – Instinct de survie part d’une bonne idée et va au-délà du simple drame/film d’horreur pour traiter de questions intéressantes et terriblement contemporaines. Stuck ne dépasse cependant pas le statut de série B avec des personnages peu crédibles et parfois lourdingues, et des pesanteurs qui se font sentir tout au long du film. Enfin, on peut regretter l’absence de quelconques bonus qui auraient pourtant été les bienvenus. A voir en connaissance de cause !

NOTE MaXoE
3 / 5
VOTE DES LECTEURS
1 / 52 / 53 / 54 / 55 / 5

Une série B plus "intellectuelle" qu'à l'accoutumé qui manque cependant le coche pour passer dans la cour des grands. Les amateurs de Stuart Gordon devraient néanmoins apprécier !
ON A AIMÉ !
- Le réalisme
- Une critique de notre société
- Scénario intéressant mais...
ON A MOINS AIMÉ...
- ... rythme mal dosé
- Personnages peu crédibles
- Blu-ray sans bonus
Stuck
Support(s) : Cinéma / DVD
Réalisation : Stuart Gordon
Scénario : Stuart Gordon, John Strysik
Casting : Mena Suvari, Stephen Rea, Russel Hornsby, Rukiya Bernard
Durée : 85 minutes
Genre : Drame, épouvante-horreur
Sortie en France : 01/06/2011
Musique : Bobby Johnston
Production : Prodigy Pictures

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