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La BD du jour : Ghost d’Andréa Mutti/Diego Cajelli

Un crime vient réveiller un ex-agent du FBI revenu du royaume des morts. Lui c’est John Ghostman, flic déchu hanté par le souvenir d’un face à face mortel avec un meurtrier d’enfants. L’homme arrivera-t-il à déjouer la nouvelle vague de meurtres qui pèse sur la Ville ?

 

La couverture de cet album pose pas mal de questions. Un enfant meurtri, tuméfié, aux yeux crevés tient dans ses bras une peluche de panda sur laquelle coule un filet de sang. Le titre laisse peu de doute – Ghost – L’enfant serait-il un spectre ? Qui est-il ? Pourquoi et comment est-il mort ? Qui vient-il hanter ? Et puis vient la première planche. La nuit envahit l’espace sur une ruelle américaine dont seuls quelques néons de fast-food brisent l’uniformité. Des trombes d’eau s’y échoient donnant à ce décor, type Blade Runner, Sin City ou Seven, le cachet suffisant pour nous placer dans un contexte résolument sombre. Le récit acerbe qui débute alors brise littéralement le temps pour vous ramener des profondeurs : Ils disent qu’en enfer, il ne pleut jamais. Ils se trompent. En enfer il pleut des larmes. Des nuages chargés de remords, qui pissent de l’acide brûlant. Aucun refuge. Pas de salut. Je le sais. J’y suis allé.

Une fois posé ce cadre venons-en à la trame. Une série de meurtres, œuvres d’un serial killer, s’abat sur la ville. Après chacun d’eux son auteur inscrit avec des lettres de sang un mot sur un des murs de la scène de crime. Jusqu’à former cette phrase qui glace les enquêteurs chargés de l’affaire : Where are you Ghost ? Le fantôme c’est John Ghostman, un ancien flic du FBI imbibé d’alcool qui vivote en effectuant de sales boulots d’enquêteur privé au profit de riches clients convaincus de l’adultère de leur femme. Que cache ce privé ? Pourquoi avoir quitté le FBI ? Comment se trouvera-t-il lié à la série de crimes en cours ? Autant de nouvelles questions qui apparaissent à la lecture de cet album.

Polar crépusculaire qui conjugue admirablement enquête et profil psychologique des personnages, sans oublier ce cadre obsédant – véritable enfermement sur lequel ne passe aucun rai de lumière pouvant faire croire à la possibilité d’un espoir à venir – Ghost pousse à nous interroger sur le rôle de l’homme et de sa perception dans une société qui ne jure plus que sur le concret. Les images pèsent leur poids. Elles s’enchaînent en multipliant les panoramiques qui participent à construire et à préserver ce climat fantastique qui transparait de l’esprit du flic rebut revenu sur les lieux du crime. Et si, au final, l’enquête n’était que prétexte à autre chose de bien plus important qui se trame dans l’ombre ? Si à force d’observer les évidences on en venait à oublier l’essentiel ?  

Andréa Mutti/Diego Cajelli – Ghost – Ankama – 2012 – 15, 90 euros


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