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La BD du jour : Miss Octobre tome 1 – Playmates 1961 de Desberg & Queireix

Rien ne va plus à L.A, un serial-killer sillonne la ville à la recherche de belles jeunes femmes qu’il vide de leur sang. La mise en scène obscène qu’il réalise sur ses victimes laisse présager d’une série qui ne va pas s’arrêter à quelques crimes. Et si l’héroïne de cet album, la splendide Viktor Scott, avait échappé aux griffes du tueur ? Un récit rythmé à l’atmosphère troublante particulièrement efficace.  

 

La couverture de Miss Octobre n’est pas la plus réussie qui soit pour introduire son sujet. Si nous n’avions pas été poussés par une curiosité débordante à la lecture du 4ème de couverture, peut-être aurions-nous passé notre chemin. Et pourtant nous aurions eu tort car elle représente l’une des rares faiblesses de cet album à l’ambiance tout à la fois glauque, sexy et typique du polar américain des années 60. On y trouve ainsi dans le désordre de larges et splendides Chevrolet conduites dans la nuit californienne, des meurtres sordides dus à un serial-killer jouant à photographier ses victimes nues dans des poses qui feraient penser au meilleur de Playboy si les jeunes femmes étaient consentantes et encore en vie, des flics au bout du rouleau ou d’autres avides de gravir les échelons plus vite que de normale, une voleuse d’antiquités sexy, de riches demeures et cette chaleur troublante qui donne de l’éclat aux nuits et révèle la ville le jour durant.

Nous sommes en 1961 à Los Angeles. La ville affiche une tension palpable et un relent de racisme qui dénotent d’un mal qui ronge des convictions déjà égratignées. Les mexicains et les noirs ne sont pas à la fête. Ils trouveront, peu après, des voies pour affirmer leurs droits de justice sociale. Dans ce climat électrique où la folie des hommes n’est que la résultante d’un banal laisser-faire au titre d’une liberté – qui a bon dos -, les serial-killers s’en donnent à cœur joie. Celui qui occupe Miss Octobre s’amuse de ses victimes en les vidant de leur sang et en les photographiant post-morten dans des poses très suggestives dignes des meilleurs magazines masculins. L’homme, qui n’apparait pas dans ce volume, signe ses meurtres en déposant des clichés destinés à la police sur lesquels figure la mention « Miss January », « Miss February »… annonçant le déroulé d’un calendrier particulièrement sanglant et sordide. L’enquête est confiée au lieutenant Clegg Jordan, bon flic en apparence un peu old school mais plein de bonne volonté. Il sera en concurrence avec l’étoile montante de la police de L.A, le lieutenant Ariel Samson qui se verra confiée une enquête parallèle sur des vols d’antiquités. Vols commis par la jeune et belle Viktor Scott rendue sourde à la suite d’un accident de voiture, tout du moins c’est ce qui est dit ici. Car un halo de mystère plane sur la jeune femme. Aurait-elle échappé de peu au serial-killer ?

Le scénario de Desberg arrive à captiver dès les premières planches. Les personnages sont creusés à partir d’un background qui laisse la place à la suggestion. La construction, à partir de plusieurs récits imbriqués, permet de faire croitre la tension. Le dessin quant à lui, de facture classique, fluide, donne à l’ensemble un charme indéniable, sensiblement retro et enveloppe l’album d’une atmosphère très cinématographique. On attend la suite avec impatience !

Desberg & Queireix – Miss Octobre tome 1 – Playmates 1961 – Le Lombard – 2012 – 9, 99 euros (prix de lancement jusqu’au 31/12/2012 puis 12, 00 euros)


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