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La BD du jour : Sœurs d’Ys de Matthew Tobin Anderson et Jo Rioux (Rue de Sèvres)

Après notre précédent article de conseils d’achat pour Noël, nous revenons avec quelques titres que certains pourraient acheter avec leurs étrennes, pour investir leur argent glané de la meilleure des façons. Dix titres vous seront ainsi proposés sur le mois de janvier. Dix oeuvres qui feront honneur à votre bibliothèque ! Après Perramus de Breccia et Sasturain, voici Soeurs d’Ys chez Rue de Sèvres. Quand la légende de la cité engloutie remonte à la surface…

Un marin échoué, Gradlon, roi de Kerne, est sauvé par une femme étrange nommée Malgven. De leur union naîtront deux filles, Dahut et Rozenn, en plus d’une ville magnifique du nom d’Ys, construite en partie grâce à la magie de sa reine. Lorsque celle-ci meurt quelques années plus tard, l’époux semble trouver refuge dans les bras de belles naïades tandis que Dahut et Rozenn s’éloignent l’une de l’autre. La première reste dans la superbe ville érigée par sa mère, la seconde décide de vivre sur des terres en périphérie, plus proche de la nature. La ville d’Ys, ville des plaisirs, attire tous les marins, seigneurs ou riches marchands de passage, et de grands banquets y sont régulièrement organisés sous le patronage de Gradlon et de Dahut, qui accueille dans sa tour à la nuit tombée, les marins qui ne parviennent jamais à ressortir vivant des bras de la belle rousse. Un jour pourtant, Dahut harponnera dans ses griffes le prétendant de Rozenn, et après une nuit de débauche la fille du roi décidera de ne pas le tuer, ne se rendant pas compte qu’elle met du même coup un terme à un pacte ancien qui protège la ville même des eaux tumultueuses qui l’entourent…

La légende de la ville d’Ys est connue en France, et notamment en Bretagne où elle a été forgée au milieu du dix-neuvième siècle lorsqu’Emile Souvestre en propose une version littéraire dans Le foyer breton (1844) ; légende reprise par la suite par Guy de Maupassant avant qu’Anatole Le Braz entreprenne de collecter les récits de tradition orale de Bretagne, dont celui d’Ys (Is), toujours au dix-neuvième siècle. La ville légendaire symbolise tout à la fois la puissance d’une cité ayant atteint un haut degré de civilisation, comme a pu l’être, là aussi dans la légende, l’Atlantide, et ville de débauche, comme le furent aux yeux du tout puissant Sodome et Gomorrhe. Dans tous ces cas la destruction est l’issue fatale. Le scénariste M.T. Anderson et la dessinatrice Jo Rioux plus connus pour leurs récits jeunesse, livrent une version basée sur le récit de Souvestre qu’ils développent dans un récit surprenant qui laisse se construire lentement la dramaturgie jusqu’à l’ultime fin. Un récit qui joue sur la dualité Dahut/Rozenn plus que sur un père-roi qui semble ici perdu et rongé par une tristesse et des remords qu’il ne parvient pas/plus à maîtriser. Superbe !

M.T. Anderson et Jo Rioux – Sœurs d’Ys – Rue de Sèvres


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