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Carte Blanche à Vivien Lejeune : Entretien avec un Vampire, la série

Une nouvelle carte blanche pour Vivien Lejeune. Cette fois, il s’agit d’une série.

 

Bonjour à tous ! Pour cette troisième Carte Blanche, un retour rapide que je ne pensais pas nécessairement faire un jour. Car oui, en immense admirateur des Chroniques des Vampires d’Anne Rice et un tout aussi immense admirateur du film réalisé par Neil Jordan en 1994 (que je cite régulièrement comme étant pour moi un film « parfait »), j’ai – comme beaucoup – eu grand mal à accepter les immenses prises de liberté opérées par le (re)créateur Rolin Jones lors du visionnage des premiers épisodes de la première saison apparue sur la chaîne américaine AMC en octobre 2022… Les changements d’ethnie de Louis et de Claudia (par ailleurs déjà trop âgée et trop sexuée)… Et, de fait, la modification des périodes historiques explorées dans les flashbacks afin de mieux pouvoir justifier pareille « prise de position », ainsi que le background familial desdits personnages… Mais aussi et surtout cette tendance à vouloir (littéralement) assoir ce second entretien comme étant la « vérité », l’authentique histoire de Louis de Pointe du Lac.

Pour faire simple : de nos jours (ou peu s’en faut), Louis le Vampire convie de nouveau Daniel l’Humain à le rejoindre à Dubaï afin de lui raconter à nouveau son histoire ; comme il avait déjà pu le faire au cours des années 70. Commence alors une « relecture » complète du roman d’Anne Rice dont chaque dérive devient étayée tantôt par des mensonges (et/ou omissions volontaires) tantôt par une vision altérée de cette dite réalité. Sur le coup, ce pari à haut risque ne peut qu’ébranler le lecteur passionné… Après tout, c’est un peu comme si on lui disait soudainement : « Hé ! Tu sais, tout ce que tu as adoré pendant tant d’années… Eh bien, on va l’effacer et tout recommencer ».

Car au-delà de toute considération « pseudo-wokiste », qu’il serait néanmoins totalement démagogue d’éluder, et de la protection naturelle que semble trop facilement offrir le sacro-saint mot « adaptation », le premier et principal problème de la série Interview with the Vampire reste que son titre complet et véritable arbore fièrement : Anne Rice’s Interview with the Vampire. Or, de la substance originelle du livre culte de la célèbre autrice de la Nouvelle-Orléans (décédée en 2021), il ne reste véritablement plus grand-chose. Prétendre le contraire serait ni plus ni moins de mauvaise-foi… Néanmoins, et plus particulièrement au regard de la seconde saison qui vient de s’achever aux Etats-Unis, le « produit » ne s’en avère pas moins qualitatif. Ecriture, décors, jeu impliqué des comédiennes et comédiens, réalisation, musique… Chaque aspect de la production (sans jamais atteindre les sommets du film, naturellement) s’impose en série aussi honorable que – pour le coup – originale. Si bien qu’une fois passé le travail de « deuil » des roman et film originels et, par conséquence, une fois le minimum nécessaire d’objectivité retrouvé, force est de constater que cette nouvelle perception d’Entretien avec un Vampire est à minima plutôt intéressante et, à fortiori, tout ce qu’il y a de plus honnête dans sa démarche contemporaine.

Le tandem Louis/Lestat (Jacob Anderson/Sam Reid) fonctionne de la première à la dernière image. Eric Bogosian est absolument impérial en Daniel aussi aigri que vieillissant. Delainey Hayles est une bien meilleure Claudia en saison 2 que ne l’était Bailey Bass en saison 1. Le contexte repensé d’un Théâtre des Vampires parisien post seconde guerre mondiale est, pour sa part, beaucoup plus glaçant (car considérablement plus développé) que dans la version de 1994. A ce titre, les personnages de Santiago (Ben Daniels) et Armand (Assad Zaman) dominent régulièrement l’écran. Et les nombreux allers-retours entre le premier et le second entretien, exposant progressivement les zones d’ombres planant encore sur certains « détails » du récit de 1976, deviennent inéluctablement le sel-même de la série.

En définitive, oui, j’ai apprécié la série. Juste pour ce qu’elle est et non pour ce qu’elle aurait pu (dû ?) être. Egale-t-elle le long-métrage de Neil Jordan ? Certainement pas. Respecte-t-elle le roman ? A la fois oui et non : la plupart des enjeux restant inchangés mais bien trop de (grosses) prises de libertés étant opérées. Est-ce que je vous la conseille ? Eh bien, pour le coup, oui. Sans toutefois chercher à vous la survendre. Car il faut être capable d’accepter la « règle du jeu » et se faire à l’idée de voir autre chose. Au point d’avoir à effacer presque totalement le souvenir que nous avions des personnages si chers à nos cœurs… Est-ce que j’attends la saison 3 ? Oui. D’autant plus qu’il s’agira cette fois d’adapter le roman suivant : Lestat le Vampire. Après tout… Qui mourra verra !

Entretien avec un Vampire créée par Rolin Jones. Avec Jacob Anderson, Sam Reid, Assad Zaman, … Les deux premières saisons sont disponibles sur AMC, la première depuis octobre 2022. 

 

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