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La phrénologie à l’époque Victorienne avec Franz Joseph Gall

La phrénologiePetit retour en arrière, au 19ème siècle, à l’époque Victorienne afin de nous pencher sur la phrénologie.

Nous sommes sur le quai du port de Brest. Pendant que les marins s’occupent des derniers préparatifs avant le départ du navire, des valets s’affairent à transporter les volumineux chargements de leurs maitres.

A quai, les voyageurs et leur famille font leurs derniers adieux. Les femmes en belles robes colorées pleurent dans les bras de leur mère. Leur mari élégants les empoignent par l’épaule comme tout réconfort.

Franz Joseph GallLe célèbre neuroanatomiste Franz Joseph Gall est du voyage. Il sera dans quelques semaines aux Amériques, là où sa théorie sera appréciée à sa juste valeur.

Il ne compte plus la liste des conférences qu’il a promis de donner ni des états qu’il va visiter. La Louisiane pour commencer, puis le Texas, le Mississipi, et bien d’autres encore.

Nous avons eu la chance d’aller lui poser quelques questions. Il nous a invités dans sa luxueuse cabine, avant l’appareillage. Nous nous installons dans son salon privatif.

M : Bonjour Monsieur Gall. Pourriez-vous expliquer en quelques mots à notre lectorat votre théorie, la phrénologie ?

F.J. Gall : Bien évidemment, et je vais simplifier pour que vos lecteurs puissent comprendre. Même les femmes, et même ceux qui n’ont pas la bosse de l’intellect (vous savez, celle située en dessous du front).

Monsieur Gall pouffe satisfait de son trait d’humour, et nous propose de nous resservir du thé.

Simple trait d’humour évidemment, juge-t-il bon de préciser.

Nous parlions donc de la phrénologie.

C’est très simple : le cerveau est organisé en zones distinctes. Chaque zone à une fonction, par exemple le sentiment d’amitié qui se trouve à l’arrière du crâne.

Ça, personne ne le conteste.

Une zone cérébrale s’entraine comme un muscle. Lorsqu’une zone est suffisamment musclée, elle vient appuyer sur le crâne et y imprimer une bosse. Il suffit donc de regarder les bosses du crâne pour connaître les spécificités du caractère de chacun.

M : Auriez-vous des exemples ?

F.J. Gall : Mais certainement.

Monsieur Gall nous propose des petits gâteaux, que nous acceptons. Il les sort de sa réserve personnelle : une énorme caisse au fond de son petit salon.

J’ai observé le crâne de plusieurs dizaines de criminels. Tous avaient une proéminence douteuse derrière l’une des deux oreilles. C’est la bosse de la destructivité, qui les pousse irrésistiblement à détruire.

De la même façon, la bosse de l’instinct carnassier se retrouve chez de nombreux criminels, les tueurs et les violeurs ! Elle est naturelle chez les animaux carnivores, mais est fortement réduite chez l’Homme. Sauf pour ces individus-là, qui ont besoin de verser le sang pour se sentir bien. Comme des animaux !

M : Et vous allez faire découvrir cette théorie aux Amériques ?

F.J. Gall : Notez bien que ce n’est pas une théorie, mais une discipline. J’ai accumulé suffisamment de preuves pour qu’on ne remette plus en doute cela, quoi qu’en disent mes détracteurs.

Monsieur Gall trempe son dernier biscuit dans ton thé, puis nous en propose avant d’aller chercher une autre boite.

Mais oui, je me vois dans l’obligation d’aller travailler outre-Atlantique. Mes recherches ont été jugées « infondéss », « non-scientifiques ».

Un concurrent, ou plutôt un jaloux du nom de Pierre Flourens est allé voir Napoléon en personne pour lui dire tout le mal qu’il pensait de mes travaux !

M : Mais, n’était-ce pas Napoléon qui a convoqué Mr. Flourens pour…

F.J. Gall : Mensonges !, tempête Monsieur Gall en enfournant un biscuit entier dans sa bouche – Comment un petit médecin de campagne pourrait-il être connu de l’Empereur ? Il a tout fait pour me nuire !

M : Monsieur Flourens est lui aussi neuroanatomiste, il a d’ailleurs prouvé que des lésions pouvaient endommager la motricité et…

F.J. Gall : Cessez !, hurle-t-il en tapant du poing sur la table. – Ce Flourens n’a rien fait d’autre qu’apporter des arguments à la phrénologie en torturant des lapins ! Rien de plus ! Et puis nous ne sommes en rien comparables à de vulgaires lapins. Je travaille sur l’Homme moi ! Ce que je fais est noble !

M : Bien… Hum. Veuillez nous excuser dans ce cas. Et quelles retombées pourraient avoir vos découvertes ?

F.J. Gall : Ça, ils l’ont bien compris aux Amériques. C’est pour cela qu’ils m’invitent ! En se basant sur la phrénologie, il est facile de séparer le gentilhomme du brigand, le bon du mauvais. Simplement en tâtant le crâne !

Ils sont également fortement intéressés par le versant racial de la phrénologie. D’autant plus qu’en Louisiane ils ont une grande quantité de sujets potentiels à disposition. Car les noirs ont un crâne bien particulier, ce qui m’aiderait à prouver que…

Un matelot tape à la porte du petit salon, interrompant notre conversation. Il semble que le navire doive lever l’ancre, et nous sommes priés de quitter son bord.

Monsieur Gall nous reconduit lui même, non sans nous proposer une dernière sucrerie.

F.J. Gall : J’ai certainement la bosse de la gourmandise, nous dit-il en rougissant- impossible d’y résister.


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