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La BD du jour : La terre des fils de Gipi chez Futuropolis

Sur une terre désolée, deux jeunes hommes vont devoir composer avec la mort du père depuis toujours leur guide au travers de l’univers de dangers qui se dresse devant eux. Avec pas mal d’incertitudes et une volonté farouche de ne pas s’enfermer dans les affres de passer ils vont tenter de construire leur terre, celle sur laquelle ils vont devoir (sur)vivre…

Dans une lande de terre inhospitalière deux jeunes hommes chassent comme des morts de faim. Le gibier se fait rare et la moindre occasion de ferrer un animal de passage se doit d’être saisie. Dans leur déambulation (ou leur poursuite), ils vont attraper un chien pas bien costaud qu’ils exhibent comme un trophée. Un long chemin les sépare de leur chez eux où les attend un père pas forcément facile. La maison lacustre où ils vivent semble être élevée au milieu de nulle part, loin des hommes ou de ce qu’il en reste, loin de toute trace de civilisation. Nous sommes dans un futur pas spécialement réjouissant, qu’un cataclysme a fini de rendre invivable. Dans ce contexte, les survivants, peu nombreux, vivotent en attendant la fin qui s’afficherait comme une libération. Le père des deux gamins les a tenus éloigné de ce qui pourrait les rattacher au passé. Il a choisi de ne pas leur apprendre à lire. Pour les préserver d’actes supposés peu glorieux accomplis par l’homme dans ses moments de pure folie. Mais à trop détenir les clefs d’un monde révolu, le présent et le futur se gonflent d’incertitudes et de questionnements. Existe-t-il un endroit préservé où les hommes ont reconstitué un semblant de vie sociale ? Qui est cette sorcière qui visite le père ? Comment déchiffrer les cahiers parcheminés qu’il a complétés depuis des temps reculés ? Comment forcer son destin et opérer les choix qui les feront avancer ? Autant de zones sombres que les deux garçons vont tenter d’éclaircir en apprenant aussi, à dépasser ce stade de la naïveté qui doit enfin les faire entrer dans l’âge adulte…

Dans « La terre des fils » Gipi s’attache à dévoiler les faces cachées de ses personnages par doses homéopathiques, pour laisser le soin au lecteur de s’approprier le récit. Le choix d’évoluer dans un univers d’anticipation post-apocalyptique lui permet lui permet d’aborder frontalement tout un tas de questions dont celles de la transmission, de l’héritage, du savoir, de la mort et de l’amour. Il le fait avec une économie remarquable de mots en abandonnant le récitatif et en usant de dialogues limités à l’essentiel pour livrer une histoire qui joue avec le(s) temps. Si le père cache à ses fils le savoir ancien c’est surtout car il sait où il a mené les hommes et cette rudesse apparente cache en fait ce naturel paternel enfoui qui veut les protéger de la spirale sans fin et sans espoir de l’éternelle répétition. Un album possédé qui invite le lecteur à voir le monde différemment, et en cela sa lecture ne peut qu’être aussi, à l’instar des deux fils, un apprentissage de la vie.

Gipi – La terre des fils – Futuropolis – 2017 – 23 euros