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Dracula, une version 2020 réussie pour la mini-série de Netflix

Dracula est un personnage de la littérature qui a été vu et revu bien des fois avec plus ou moins de succès (parfaite petite phrase d’intro généraliste qui ne veut rien dire). Mais rares sont ceux qui ont réussi à en faire un personnage mémorable après le film de Francis Ford Coppola. Et bien Netflix et plus précisément les scénaristes Mark Gatiss et Steven Moffat ont relevé le défi. Et ils ont réussi haut la main (mais ce n’est que mon avis).

Alors attention, je vais vous parler d’éléments qui vont vous spoiler. Donc si vous n’avez pas vu la série, passez votre chemin. Je ne compte même pas faire semblant d’essayer de ne pas trop en divulguer…

Chaque épisode correspond à un moment en particulier avec un environnement et une atmosphère complètement différents. Le premier ressemble plus au Dracula classique, un bon petit film d’horreur ! On y découvre un Dracula manipulateur et machiavélique (interprété magnifiquement par Claes Bang) au sein d’une ambiance un peu malsaine et gothique. Mais c’est l’épisode où on découvre le personnage secondaire qui vole la vedette à notre comte aux dents longues : la soeur Agatha Van Helsing (Dolly Wells). Elle figurera dans les deux premiers épisodes, pour mon plus grand bonheur. Et rien qu’avec ces deux acteurs, le casting est fait. Les autres personnages ne sont que secondaires face au charisme de ces deux-là. Soeur Agatha est arrogante et irréverencieuse à souhait, ce qui donne de jolies piques et de bons traits d’humour. Elle est le parfait contre-poids au comte et un vrai bonheur à suivre. Et pour couronner le tout, son doublage français est très réussi.

Pour le deuxième épisode, nous retrouvons Dracula naviguant sur le vaisseau Demeter, dont tous les passagers ont un lien avec un certain Balaur. Et vu que Dracula fait partie de ces passagers, nous ne sommes pas surpris quand les morts commencent à apparaître. Cet épisode est partiellement construit comme une enquête. Les passagers ne savent pas qui est Dracula, mais nous, nous le savons. Donc forcément, c’est un peu plus qu’une enquête sinon l’épisode n’aurait aucun intérêt pour nous. D’autant plus que soeur Agatha est là aussi. En parallèle de l’aventure sur le bateau, nous suivons une discussion entre elle et Dracula dans ce qui s’avèrera être son esprit (à elle). On découvrira par la suite qu’elle est aussi sur le bâteau, enfermée dans l’une des cabines, émaciée, servant de casse-croûte au comte.

C’est aussi dans cet épisode qu’on en découvre plus sur la personnalité de Dracula. Sur son côté manipulateur déjà. Il est Balaur (voir quelques lignes plus haut) et il a sélectionné chaque passager avec soin pour préparer son entrée dans la haute société anglaise. Parce que lorsque monsieur le Comte boit le sang de ses victimes, il en acquiert les connaissances, les traits et les souvenirs. Nous y découvrons aussi son côté animal qui n’arrive pas à contrôler sa faim, ce qui le perdra sur cet épisode d’ailleurs.

Le troisième est dernier épisode a lieu 123 ans plus tard. Dracula réussit à émerger de son cercueil au fond de l’océan et découvre le monde moderne. Il est dans un premier temps capturé par la descendante de soeur Agatha, le docteur Zoe Van Helsing à qui il réussi à échapper dans un second temps et ce le plus simplement du monde : en faisant appel à un avocat. Vive le monde moderne…

J’ai moins aimé le personnage de Zoe Van Helsing même si elle est interprétée par la même actrice. Tout du moins au début… Zoe me semble plus faible qu’Agatha. Il faut dire qu’elle est atteinte d’un cancer et sait qu’elle va mourrir. Elle est plus résignée que son aïleule. Mais au cours de l’épisode, Zoe boit le sang de Dracula. Et vu que ce dernier acquiert les souvenirs et les traits de ses victimes, Zoe a accès aux souvenirs de son ancêtre. Ce qui permet une évolution de son personnage. Et c’est grâce à ces deux personnages qu’on ne peut que constater et admirer le talent de cette actrice.

J’ai particulièrement adoré la fin de cet épisode. Fin qu’on ne peut obtenir que grâce à Zoe. Et fin grâce à laquelle on découvre une dernière facette de Dracula, son côté « enfant qui a peur du noir », ou plutôt de la mort dans son cas. Zoe lui fait réaliser cette peur et le fait qu’il se cache derrière des superstitions pour ne pas y faire face. Et leur mort à tous les deux est très émouvante et intense.

J’ai beaucoup parlé du personnage d’Agatha et de son interprète Dolly Wells, mais pour autant, l’acteur Claes Bang n’est pas en reste. Au cours des épisodes, non seulement il nous montre les différentes facettes du comte, mais il nous fait éprouver différents sentiments envers son personnage. De l’intérêt, de la curiosité, du dégoût, de l’énervement, de la pitié, de la fascination… On ne peut pas rester indifférent à son personnage et on ne peut que s’attacher à lui. 

Chaque épisode a eu droit à un réalisateur différent : Jonny Campbell (Westwolrd) pour le premier, Damon Thomas (Killing Eve) pour le deuxième et Paul McGuigan (Sherlock) pour le troisième. C’est ce choix qui permet d’avoir des épisodes aux atmosphères si différentes. Et c’est un choix gagnant pour moi puisque j’ai « grave accroché » et que j’ai visionné les 3 films de 90 minutes à la suite. Et j’ai été à la fois déçue et satisfaite par la fin. Déçue parce que ça se termine et satisfaite parce que cette fin est géniale. Des shows comme ça, j’en redemande !


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