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La BD du jour : Canoë Bay de Prugne et Oger

Terrain d’aventure fertile, le Nouveau Monde s’est construit dans la douleur. Anglais, français mais aussi espagnols sous le regard d’indiens pas forcément résignés à défendre leurs terres grignotées progressivement, vont s’y affronter tout au long du XVIIIème siècle. Canoë bay retrace une des histoires de l’Histoire du Nouveau Monde. Une de celles qui a lié et délié les hommes…

 

En ce XVIIIème siècle bien entamé, l’Europe transporte ses conflits sur le Nouveau Monde qui offre un champ de bataille plus vaste, encore sauvage et plein d’espoir de richesse. Lorsque débute le récit de Canoë Bay, anglais et français en décousent avec vigueur sous le regard médusé de tribus indiennes plus ou moins conciliantes. Le Nouveau Monde se conquiert dans le sang et l’espérance de vie du colon ne dépasse guère celle de ses frères restés au pays. Car la guerre n’est que l’un des dangers qui pointe son nez au dehors, l’environnement, sauvage, devient vite hostile dès que l’on s’enfonce dans l’arrière-pays. Si certaines tribus indiennes se sont rapprochées des hôtes de fortune, d’autres ne sont pas aussi ouvertes au dialogue. Les forêts interminables qui fleurissent dès la sortie des nouvelles villes implantées près de l’océan regorgent d’animaux hostiles, ours, rapaces, serpents qui n’acceptent pas le dérangement de leur environnement de vie. Prugne excelle dans la mise en ambiance à partir d’un cadre qui tisse progressivement le contexte et densifie le propos. Contexte qui lui-même alimente le récit au point d’en faire plus qu’une simple façade de circonstance, une histoire dans laquelle, à l’instar des grands chefs en cuisine, chaque ingrédient possède un rôle à jouer.

1755. En Acadie les hommes ont refusés de faire la guerre à leurs frères français aux côtés des anglais. Ils se trouvent de fait déportés vers les colonies de la côté atlantique. Jack jeune orphelin acadien se verra embarqué contre son gré sur le Virginia, un pavillon de la marine marchande anglaise pas très recommandable. Il y fera la connaissance de Lucky Roberts qui prendra la décision de se rebeller et d’amener les anciens bagnards qui composent l’équipage à risquer leur vie au profit de la liberté sur des terres inhospitalières tiraillées par le conflit franco-anglais. Le jeune garçon découvrira ses origines, traversera avec Lucky Roberts et ses hommes les terres indiennes pour trouver refuge dans un fort abandonné dans lequel est censé se trouver un trésor ayant appartenu à son père…

Tiburce Oger construit son scénario sur une trame simple que viennent enrichir les épreuves imposées à ses personnages. Par-là même il offre un panorama complet de l’histoire américaine des années 1750. Le dessin de Prugne laisse exprimer des teintes ocres, bleues et vertes qui sont autant de climats qu’il égrène au fil des planches où les panoramas laissent exprimer la profondeur des champs. Le dessin se suffit souvent à lui-même et le texte s’efface pour nous permettre d’apprécier les paysages offerts. Un album qui possède sa poésie sans virer à la contemplation. Un équilibre parfait entre le montré et le suggéré qui permet au lecteur de trouver sa place dans un récit qui reste incontestablement en tête une fois fermée la dernière page…   

Oger/Prugne – Canoë Bay – Daniel Maghen éditions – 2009 (rééd. Septembre 2011) – 19 euros


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