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La BD du jour : Le train des orphelins de Philippe Charlot et Xavier Fourquemin

Un train qui sillonne les Etats-Unis jusque dans ses terres reculées. A son bord une myriade d’enfants plein de verve. Recueillis par une fondation caritative chargée de redonner une chance aux enfants des rues, ces gamins vont voir leur destin prendre une toute autre tournure. Certains vont trouver le bonheur dans des foyers chaleureux, d’autres au contraire serviront de main d’œuvre bon marché pour des paysans sans scrupule. Le Train des orphelins nous amène à découvrir ces destins tourmentés…

 

Les Etats-Unis font face dans la deuxième moitié du XXème siècle à une arrivée massive de migrants venus principalement d’Europe (Irlande) et d’Asie (Chine). On estime à plus de vingt millions le nombre de personnes entrées sur le sol américain entre 1870 et 1920. Les immigrés irlandais notamment ont quitté un pays ravagé par une pauvreté récurrente que la pression anglaise a sans doute accentuée. Arrivés aux Etats-Unis, devenu pour des milliers de personnes le nouvel Eldorado, ces hommes et ces femmes se verront pourtant basculer dans une nouvelle misère accentuée par leur méconnaissance d’un pays en pleine mutation. Nombre d’enfants de ces familles, qui ne peuvent subvenir à leur besoin, vont se retrouver livrés à eux-mêmes. D’autres encore vont fuir leur foyer au sein duquel la violence s’installe progressivement comme réponse à la sinistrose ambiante et à une incompréhension générale d’une société qui mute. Ces enfants qui offrent le visage d’une Amérique incapable de se réguler vont faire l’objet d’un acte majeur d’adoption organisée en masse au travers de trains sillonnant le pays toujours plus vers l’ouest. Ces trains qui rencontreront une popularité certaine sur le terrain porteront le nom de Trains des orphelins. C’est dans l’un d’entre eux que prend corps le cadre de cet album.

Les destins de Jim, Joey et de leur jeune sœur Anna ainsi qu’Harvey, un garçon débrouillard qui arrive à tirer profit des situations qu’il observe, vont prendre corps dans ce récit poignant qui remet sur les devants de la scène un phénomène de société oublié. Difficile de juger cette action développée par le révérend Charles Loring Brace. D’un côté des enfants ont été définitivement coupés de leur famille, avec les conséquences psychologiques a posteriori que cela suppose. D’un autre côté certains ont pu vivre dans un foyer aimant et connaitre un sort bien meilleur que celui qui leur été réservé dans les rues sombres de New York.

Philippe Charlot et Xavier Fourquemin donnent à voir dans ce premier volet la manière dont nombre d’enfants furent placés dans de nouvelles familles. Certains furent sacrifiés à un sort bien pire que le leur, servant de main d’œuvre bon marché dans des fermes aux terres incultes frappées par la chaleur du sud. Nous n’imaginons même pas le sort réservée à certaines jeunes filles blondes aux yeux bleus qui se négociaient sous le manteau en lourdes liasses de billets. Malgré tout, certaines familles ne pouvant avoir d’enfants ont pu donner leur amour à des gamins déboussolés dont l’affection demeurait une notion encore inconnue. Le dessin de Xavier Fourquemin ne sombre jamais dans l’affect, il donne à voir des situations, des contextes avec un trait peut-être plus léger que le propos qu’il illustre créant un décalage sûrement à l’origine de la réussite de ce projet. A découvrir !

Philippe Charlot et Xavier Fourquemin – Le train des orphelins – Grand Angle – 2012 – 13,90 euros


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