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La BD du jour : L’ours est un écrivain comme les autres d’Alain Kokor (Futuropolis)

Il y a des textes et des propositions qui marquent de part leur capacité à susciter l’émotion. Celle d’Alain Kokor qui adapte le roman de William Kotwinkle en est une. Peut-être parce que les univers des deux auteurs sont non seulement proches mais se complètent parfaitement donnant à cette histoire absurde, acerbe et pleine de sensibilité une dimension inespérée. Chapeau bas.  

Un écrivain nouveau, soucieux d’éditer un best-seller, épluche et décortique les romans les plus vendus pour en comprendre les rouages qui les mènent en tête de gondole des plus grandes librairies. Mais si la stratégie de l’homme n’est pas forcément mauvaise en soit, l’écrivain en herbe va jouer de malchance, le tapuscrit de la première version de son roman se consumant dans l’incendie de sa maison et la seconde disparaissant étrangement alors qu’il l’avait a priori cachée au pied d’un arbre centenaire dans une forêt épaisse. Tapuscrit retrouvé par hasard par un ours qui va tirer de cette aubaine une gloire inespérée…

Lorsqu’on lui demande s’il avait envisagé un jour d’adapter en bande dessinée le roman d’un auteur de son choix, Alain Kokor avoue que cela ne faisait pas partie de ses aspirations premières. Mais le roman de William Kotwinkle possède cette faculté à stimuler l’imaginaire. D’abord le texte est savoureux, le postulat de départ un brin barré et l’univers tout entier qui en découle mélange de satire et d’humour franc. Des caractéristiques que l’on retrouve aussi dans les travaux d’Alain Kokor, une certaine forme de poésie en plus. Le voir adapter L’ours est un écrivain comme les autres n’est donc pas une surprise en soi mais plutôt la logique même ! Le dessinateur se meut dans le New York cosmopolite dépeint par Kotwinkle avec une aisance déconcertante, faisant de son héros plantigrade, non pas une anomalie dans la ville, mais un citoyen ordinaire qui se fond dans le décor, avec certes quelques difficultés à prendre ses repères, mais sans non plus détonner. Critique douce-amère du milieu de l’édition, le travail de Kokor sert le roman et prolonge même sa lecture, puisque là où les mots de Kotwinkle alimentent l’imaginaire de ses lecteurs, Kokor, lui, est obligé de montrer. Montrer cet ours parfois dans toutes ses attitudes, ses étonnements face une société humaine qui a perdu quelque chose aussi dans le rapport aux autres.

Alain Kokor – L’ours est un écrivain comme les autres – Futuropolis


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