Nous avons décidé sur MaXoE de vous proposer une série de dossiers sur DC Rebirth. Cet univers a débarqué en librairie et en kiosque, et il est parfois difficile pour les lecteurs de s’y retrouver. C’est une spécialité des comics de super-héros, Marvel arrive très bien aussi à brouiller les pistes pour le commun des mortels.  Un peu d’explications peut-être. L’idée avec Rebirth, c’est de donner un nouveau départ à toutes les séries de ... En savoir plus !
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La BD du jour : Media Entity d’Emilie & Simon (+ Réalité Augmentée !)

Lorsque la BD décide de prolonger son support physique au-delà des simples pages qui la composent, cela donne un projet protéiforme qui attire notre regard. Mais ce qui se donne à voir ne repose pas uniquement sur un beau papier d’emballage, il pousse à une réflexion globale sur notre devenir à tous et cette identité qui, de personnelle, tant à devenir publique donc fragile et friable… Entrée dans le monde de Media Entity… Pour être complet Tof vient à notre secours pour nous parler du volet RA que développe ce beau projet !

mediaentity_1_couverture[1]Les yeux rivés sur son écran d’ordinateur, en plein milieu de la nuit, dans une grande tour impersonnelle de la Défense, un homme semble pris de vertiges. Des gouttes de sueur glissent de son front sur un rythme soutenu et viennent témoigner de l’angoisse du moment : l’homme, Eric Magoni, trader d’excellence s’il en faut, icône de sa banque, voit apparaitre devant ses yeux et à sa grande stupeur un chiffre négatif qui, s’il n’était accompagné de trop de zéros, aurait pu passer inaperçu. Mais non, il faut bien se rendre à l’évidence, le trader vient de faire perdre à sa boîte plus de 5 milliards. Dès lors tout va très vite s’accélérer pour lui, pris en chasse par deux hommes de la sécurité de la tour dans laquelle il travaille, il n’arrive à échapper à leur vigilance qu’en se fondant dans un groupe de joyeux lurons imbibés à fêter la méga prime de 350 000 euros qu’ils viennent d’obtenir. Dans le métro l’homme essaye de réunir son sang-froid pour tenter de comprendre ce qui se passe. Il en est sûr il doit y avoir un dysfonctionnement dans cette grande machinerie car il n’a jamais spéculé sur le yen. Oui mais voilà les faits sont-là et il prend conscience très vite que sa vie va changer. Dans le wagon où il a pris place vient vers lui l’homme aux pigeons, un type au look clochard qui lui conseille de se déconnecter du monde pour assurer sa survie et rejoindre l’anonymat qui seul peut le sauver… Pour combien de temps encore ?

Media Entity pose les bases d’une série anxiogène basée sur la valeur et l’utilisation de notre identité. Un constat clair s’impose. A l’heure des smartphones, des tablettes numériques, des micro-portables, à l’heure où les réseaux sociaux nous font découvrir des centaines, des milliers de nouveaux amis, où le virtuel gagne du terrain chaque jour sur le palpable, le réel, les valeurs qui fondaient notre société il y a tout juste 10 ou 15 ans se trouvent rabrouées de manière plutôt expéditives. Dans tout ce magma nauséeux, l’homme a peut-être beaucoup plus à perdre qu’à gagner. Surfer sur la vague des nouvelles technologies laisse sans conteste se gangréner une situation ambiante bien complexe où la  déshumanisation guette, si elle n’a pas déjà imposé son leadership. Eric Magoni, symbole de la réussite se trouve poussé vers une sortie de route sociale bien rapide et sans airbags. Il devra se fondre dans le nouveau monde qui s’ouvre à lui. S’il y parvient alors pourra-t-il envisager de faire éclater la vérité dans cette société où certains tirent des ficelles pour jouer avec des vies sans âme… Le scénario bien ficelé pose les jalons des étapes à venir, le dessin, lui, va à l’essentiel, sans se charger de tout un folklore d’arrière-plan. Pour mieux se recentrer sur les hommes et leurs rôles respectifs. Pour mieux afficher aussi la perte de repères et le changement inéluctable de donne. A suivre !

Emilie & Simon – Media Entity T 1 – Delcourt – 2013 – 13,95 euros 

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La Réalité Augmentée vue par Tof, notre spécialiste es New technologies

MEDIA ENTITY 1_cs5.inddMediaentity joue la carte du multi-supports ou transmédia comme ils le disent. Et il faut bien avouer que c’est plutôt complet. Ainsi, vous pouvez déjà consulter la version turbomédia sur le net. Si vous vous rendez à cette adresse www.mediaentity.net/episodes, vous pourrez « lire » les premières pages de l’album. Alors attention, il ne s’agit pas d’un mauvais scan, les images se succèdent à l’écran, les bulles apparaissent au fur et à mesure pour rendre le récit plus vivant. Ce n’est pas un dessin animé mais on est à mi-chemin entre le papier et l’écran.

L’éditeur a aussi organisé des jeux de pistes. Il vous indique des événements réels (comme le festival Delcourt) sur son site web, permettant de récolter des indices dans le vrai monde. 

Si vous aimez l’aventure, vous pouvez aussi télécharger, toujours sur le même site, le jeu de rôle dans lequel vous incarnez des clandestins privés d’identité. C’est un jeu de rôle façon jeu de plateau, vous créez vos personnages, vous suivez un certain nombre de règles et d’instructions. Même si on a atteint pas la finesse des ténors du genre, c’est plutôt bien foutu.

Le plus notable toutefois, c’est la réalité augmentée. Téléchargez un petit soft et visez les pages finales de l’album pour voir apparaître, en surimpression, des informations confidentielles, des images à télécharger, des conversations à épier. Très sympa ce système nous donne l’impression d’être un enquêteur face à des informations confidentielles.

Le seul regret que l’on peut nourrir c’est de ne pouvoir le faire sur les pages du récit. C’est, en effet, un cahier spécial qui sert de support. Cela aurait pu être intéressant de disséminer des informations dans la BD en elle-même.

Enfin, on nous promet un projet de partage de vidéos à venir et quelques nouvelles permettant de mieux explorer l’univers de la BD.

Vous l’avez compris, les auteurs ont mis le paquet pour vous charmer. Certains pourraient avoir une réaction conservatrice : le récit se suffit à lui-même ! Mais ces bonus apporte un vrai plus permettant de mieux comprendre la BD.

 

La BA de l’album !