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La BD du jour : Mercenaires de Jarry & Deplano

Nous avons pu être déçu il n’y a pas si longtemps par un genre qui se renouvelait peu, ou du moins pas à la hauteur de nos espoir, l’héroïc fantasy. Avec Mercenaires Jarry et Deplano démontrent que le genre possède de belles ressources…

 

 

Il est de longues quêtes destinées à sauver le monde. De ces épopées parfois sans retour où le sens du sacrifice, l’intérêt collectif passe de loin avant l’intérêt personnel. Les enjeux sont bien définis au départ, mais semblent, si ce n’est impossible, difficiles à atteindre. Alors on essaye de se rassurer, de croire malgré tout que cette mission, même si elle échoue, réveillera les consciences et qu’elle servira de déclencheur à un mouvement peut-être plus à même de réussir ce qui aura été initié. C’est un peu la trame de Mercenaires, la nouvelle série de Nicolas Jarry, accompagné au dessin de Paolo Deplano.

Il y a très longtemps le fils d’un orc et d’un esprit-Dieu devint, au terme d’une lutte féroce, le maitre de vastes terres qui formèrent un royaume. À sa mort ses neufs fils se partagèrent les terres gagnées de haute lutte. Le problème réside dans le fait qu’il n’existait que huit clans différents. Un des frères parvint à semer le trouble dans la fratrie qui s’opposa alors dans des guerres farouches. Et puis ils découvrirent le jeu de ce (faux) frère. Dans l’espoir de prendre la main sur le royaume, celui-ci avait noué un pacte secret avec un esprit-démon. Son stratagème fut découvert par l’une des filles de l’empereur défunt qui le poignarda dans le but de mettre fin à ces rivalités et éviter que le démon ne prenne le dessus pour répandre la mort dans toute la contrée. Mais la mort du frère ne chassa pas l’esprit dont la puissance était sans commune mesure. Le temps qu’il se reforme les huit frères purent ériger un mur qui devait contenir l’esprit-démon et ces bandes d’orcs ténébreux. Il fut protégé par un sortilège qui le renforça et placé sous contrôle de gardiens. Aujourd’hui ce mur se fragilise de plus en plus au point qu’il devient urgent d’en aviser les seigneurs des lointaines contrées et de réactiver le sortilège. Pour cela il faudra parvenir jusqu’au temple le plus ancien de la province de Fu. Pour mener à bien cette quête, le dernier gardien demande à Mo Kua de reformer la meute, cette troupe de soldats mercenaires qui terrorisait la plupart des guerriers de l’époque. Trésorier, Pisteur, Un-croc, Dame papillon, Danse grise et Héraut, ces anciens à la santé incertaine pourront peut-être faire comprendre aux puissants du danger qui les menace. Mais tout n’est pas si simple car les années ont rouillé décors qui se sont flétris et ont perdu de leur superbe.

Le premier tome de cette série s’apparente un peu à un Space cow-boy, dans lequel Clint Eastwood s’efforce de sortir de leur retraite ses anciens compagnons de l’aventure spatiale. Grâce à un dessin d’une réelle densité le propos se trouve enveloppé dans une mise en ambiance spectaculaire. L’album affiche aussi des ruptures de rythme entre esprit zen, réflexions sur le sens de la quête et les perspectives d’avenir et, enfin, combats contre les goules qui pénètrent dans les contrées encore préservées. Un premier volet surprenant où le beau rôle se trouve porté par des un anti-héros.

Jarry & Deplano – Mercenaires – Soleil – 2012 – 13, 95 euros