MaXoE, média culturel multi-thématique (jeux vidéo, cinéma, musique, bande-dessinée, comics, manga, hi-tech, art, sciences...), indépendant et sans publicité. En ligne depuis 1995
PrésentationLigne éditorialeNos sitesNos Rendez-VousActualitéPartenariatsCharteRejoindre MaXoEFlux RSSInformations légalesContact
A ne pas manquer

TOP
26.03.16, 20:00
Imprimer Imprimer | Partager sur

Dossiers Livres/BD Tag



L’HeBDo, l’actualité de la BD – Les sorties de la semaine du 18 au 25 mars 2016

Du lourd dans les rayonnages !



Nouveau rendez-vous, L’HeBDo vous permettra de découvrir chaque samedi une sélection d’albums BD parus dans la semaine. Une sélection qui vous permettra, nous l’espérons, d’orienter vos lectures. Et pour ce premier rendez-vous nous vous avons concocté un programme de choix avec dans le désordre un nouvel épisode de Léo Loden d’Arleston and Co, le début avec Bérézina d’un nouveau triptyque de Rambaud, Richaud et Gil basé sur les campagnes napoléoniennes, le vingt-cinquième épisode (déjà !) de Jerome K Jerome Bloche, un surprenant Joël Callède autour des réflexions mystiques du président Mitterrand, un formidable récit québécois adapté de Claude Jasmin avec au dessin une des découvertes de ces dernières années, Julie Rocheleau, du Taniguchi pour se mettre en appétit, et tout un lot de récits singuliers et essentiels qui méritent notre regard attentif ! Bonne lecture pour ce premier rendez-vous !

Une Hebdo

Sélection d’albums parus entre le 18 et le 25 mars 2016

DodierUne jeune femme noire s’échappe d’un imposant 4×4 arborant des plaques diplomatiques et cours sous la pluie parisienne pour fuir ceux qui semblent l’avoir enlevée. Un molosse black en costard part à sa poursuite mais perd sa trace à hauteur d’une épicerie, qui n’est autre que celle de Burhan, l’ami de Jérôme K. Jérôme Bloche. Le grand black retrouve la piste de la jeune femme un peu plus tard alors qu’elle entre dans l’église du père Arthur pour y trouver refuge. Devant ce qui ressemble fort à un enlèvement, le père Arthur s’oppose à ce que la jeune Aïna, c’est son nom suive l’homme qui se présente comme son fiancé. Chez lui il lui donne à manger et lui permet de se rafraîchir. Le début d’une histoire prenante !
La nouvelle copie que nous livre Alain Dodier de son enquêteur Jérôme K. Jérôme Bloche capte l’attention dès les premières planches. Qui est la jeune femme apeurée qui ne parle que le swahili ? Une esclave des temps modernes au service d’un ambassadeur peu scrupuleux ? Tout tendrait à le faire croire mais à une époque où certains puissants pensent détenir le droit de vie ou de mort sur ceux qui naviguent à la périphérie, les sombres histoires peuvent revêtir bien d’autres manteaux… Dodier possède un talent naturel dans la mise en scène de ses personnages et si l’histoire se fait classique dans son découpage c’est pour mieux nous immerger dans les récits toujours teinté d’un humour léger et d’un surcroit d’humanité. A noter qu’une édition à tirage limité à 999 exemplaires, contenant un frontispice inédit imprimé sur papier d’art, signé par l’auteur sera proposée le 15 avril pour la somme de 24 euros et que l’intégrale numéro 4, qui réunit en un seul album de 328 pages les tomes 19 à 24 en noir et blanc, soit 6 histoires pour le prix de 2 (24 euros) est, elle, déjà disponible chez votre libraire !

Dodier – Jerome K Jerome Bloche T25 : Aïna – Dupuis – 2016 – 12 euros

6 mois d'abonnementIl fût une époque lointaine où les célibataires se rencontraient lors des bals populaires qui réunissaient toute la jeunesse locale. Des soirées enlevées et bon enfant qui animait un quartier ou un village. Plus près de nous, les discothèques prirent le relais en brassant dans des sous-sols embués ou des bâtiments sexy avec accès direct sur le parking bitumé, garçons et filles en recherche « d’électricité ». Un virage inattendu est venu perturber la donne avec la montée en puissance de l’informatique, des réseaux sociaux et autres sites web dédiés aux rencontres entre membres avides d’un moment de partage avec cet autre choisi de manière méticuleuse. Aujourd’hui on tchatte et on skype pour se découvrir en première approche et, quand le feeling semble partagé, la rencontre peut se concrétiser (ou pas). Avec Six mois d’abonnement Gabriel Dumoulin nous livre un récit qui se fait souvent acerbe sur une époque où tout va très ou trop vite. Des hommes et des femmes en recherche d’une aventure ou de quelque chose de plus solide acceptent ainsi de se cataloguer sur des sites pour susciter des « flashs », des envies pas toujours à satisfaire, qui révèlent la complexité des rapports humains.
Gabriel Dumoulin a fait l’expérience de ce type de sites et livre ici son témoignage sous forme d’une autobiographie qui ne lui donne pas toujours le beau rôle mais qui révèle peut-être toute cette part d’hypocrisie qui gangrène des rapports supposés simples à la base mais qui recouvrent une acception bien plus complexe dans un monde qui prône toujours plus de virtualité. Un témoignage sincère, livré brut, qui mêle dessins et retranscriptions de conversations en sms ou en tchats qui prennent parfois des tournures insoupçonnées et quasi-comiques !

Dumoulin – Six mois d’abonnement – Atrabile – 2016 – 18 euros

BérézinaNapoléon le stratège avait posé sa main de fer sur l’Europe mais sa domination sur le continent souffrait d’escarmouches mal venues dans sa quête de conquête de la péninsule ibérique où se voyaient empêtrées ses meilleures troupes dans un face-à-face avec l’ennemi héréditaire anglais. Cet enlisement en Espagne devenait de fait une aubaine pour les puissances européennes qui voyaient le mythe napoléonien s’effriter. La Russie de son côté avait déjà marqué ses distances avec l’Empire français lors de l’affrontement avec l’Autriche et ce malgré un traité devant assurer une aide réciproque des deux blocs. Mais le Tsar Alexandre en avait assez de devoir attendre que lui soit offert un Empire Ottoman très fragilisé. La constitution d’un Duché de Varsovie qui venait le narguer à ses portes passait lui-aussi plutôt mal pour un souverain en soif de conquêtes. Le Tsar en vient à opérer des mouvements de troupes en Europe centrale, mouvements repérés par le Maréchal Davout stationné en Pologne. Pour Napoléon, les relations glacées entretenues avec la Russie deviennent électriques et il se décide à fondre sur Moscou pour tuer les soifs de rébellion dans l’œuf… Le récit de Rambaud, Richaud et Gil prend place dans cette avancée sur Moscou qui se vit des plus mal. Les troupes fatiguées par les marches et une famine qui menace de poindre – les villages traversés brûlant les récoltes et emmenant les troupeaux – ne peuvent se consoler de victoires éclatantes comme ont pu l’être par le passé Austerlitz, de Friedland ou de Wagram. Las les hommes de l’Empereur parviennent tout de même devant les portes de Moscou. Un Moscou semble-t-il désertée par les troupes de Koutouzov…
Après avoir livré La Bataille, une série remarquable sous forme de triptyque reprenant le roman éponyme de Patrick Rambaud, l’auteur primé du Goncourt accompagné de ses compagnons de route (ou de campagne) Richaud et Gil nous propose de revenir sur un autre moment clef du règne de Napoléon 1er, la campagne de Russie qui marquera un tournant décisif dans l’hégémonie française sur l’Europe. C’est à partir du roman Il neigeait de Patrick Rambaud que s’échafaude ce nouveau triptyque, dans une ambiance très proche de La Bataille pour laquelle les auteurs rentraient de plain-pied dans la vie des hommes qui composaient les troupes affaiblies physiquement et moralement par des mois de guerres, de famines et de promesses non tenues. Gil retranscrit à merveille l’ambiance de la campagne et les mouvements de troupes épuisées. Une ouverture subtile magnifiée par un texte toujours supporté par des dialogues immersifs. A suivre !

Rambaud/Richaud & Gil – Berezina T1 : L’incendie – Dupuis – 2016 – 15,50 euros

leoLodenT24Qui n’a jamais rêvé de prendre son temps à déambuler à de lentes vitesses sur les arrières terres de Provence tout en se donnant le temps d’apprécier le paysage et le chant des cigales ? L’été reste propice aux escapades les plus échevelées et René, retraité de la police et ami de Léo Loden ne s’en prive pas. Chaque année, et ce depuis 10 ans maintenant, il participe au Rallye des cigales, une course à énigmes de vieilles voitures qui relie Arles à St-Rémy-de-Provence. En temps normal et en empruntant les Départementales 99 et 570N le trajet dure un peu plus de 30 minutes, mais là le trajet qui passe par la plupart des villages des Alpilles dure tout de même deux jours. La course approchant il téléphone à Léo pour savoir s’il serait d’accord de venir séjourner quelques jours dans sa maison durant son absence pour éviter que des voleurs profitent de l’aubaine de l’absence du propriétaire pour faire main-basse sur l’argenterie. Pour Léo et sa femme Marlène, enceinte jusqu’au cou, l’idée de se détendre dans un tel paysage les séduit sans conteste. Ils se verront accompagnés de tonton Loco, un brin immersif. Arrivés sur place l’ambiance est bonne enfant, et René fier de montrer sa belle traction, une formidable 11 BL, rare et bien lustrée avec laquelle il a remporté les dix éditions précédentes du Rallye. Une réussite qui n’est pas sans susciter des envieux qui iront jusqu’à « emprunter » la fameuse traction au grand dam de René…
Le Lubéron, c’est un petit paradis au cœur de la Provence où le bobo parisien qui mange des légumes oubliés et bios côtoie le riche Hollandais en tongs et chaussettes qui fait des barbecues cancérigènes nous dit-on en préambule à cette grande virée dans la région de Jean Giono. Et c’est vrai que ce paysage bucolique peut aussi se révéler moins carte postale que prévu et la mort singulière d’un des participants à la course en est l’exemple parfait et va raviver les instincts de Léo qui va mener l’enquête. Avec ce vingt-quatrième épisode Christophe Arleston, Loïc Nicoloff et Serge Carrère démontrent que Léo Loden ne prend décidément pas de rides. Mieux le cadre ici prend toute son importance et les parcours dans le Lubéron donnent une réelle envie de grillades accompagnées d’un vin typé de la région. Le dessin toujours vif et efficace de Serge Carrère offre au récit dynamisme et un certain bonheur au fil des pages. Comme quoi il est possible de faire bien sans aucune prétention !

Arleston, Nicoloff et Carrère – Léo Loden T24 : Les cigales du Pharaon – Soleil – 2016 – 10,95 euros

Ogres et CieIl est des histoires de monstres un peu particulières. De celles qui prennent corps dans les rêves d’enfants et leur ouvrent des territoires de jeux et de peurs à maitriser. On y retrouve des ogres voraces, des géants pas commodes ou des créatures passées à la postérité. Toutes composent cet imaginaire foisonnant qui participe à faire grandir nos petites têtes blondes. Car les bruits entendus la nuit lorsque le marmot est bien au chaud sous sa couverture, peuvent parfois revêtir un tout autre sens que celui de broussailles qui s’agitent au vent. Vincent Wagner construit ce nouvel album comme les précédents (Sorcières et magiciens, Le pont des pirates et Cromalin et Cromignonne) c’est-à-dire à base de jeux d’ombres à l’image des théâtres d’ombres qui ont pris naissance en Asie il y a des siècles. Ici l’auteur prend soin de relever les pages de couleurs qui tranchent avec les personnages permettant d’éviter la lourdeur de récits sombres qui pourraient détourner le regard des plus jeunes. Cinq histoires sont proposées ici, toute sur le principe de récits sans paroles, qui laissent le soin au dessin d’exprimer le sens, parfois l’humour et la poésie de chaque contexte. C’est, comme pour les précédents projets de l’auteur, parfaitement maîtrisé et précieux.

Vincent Wagner – Ogres et Cie – Editions du Long bec – 2016 – 12,50 euros

La Volupté d’hectopascalIl faut savoir se décloisonner pour tenter de saisir le monde qui nous entoure. Un monde qui se mesure à l’aune des changements qui le secoue parfois, de pressions ou dépressions, d’anticyclones ou de force de vent. Aussi étrange que cela puisse paraître la psychologie humaine répond aux mêmes variations que celles générées par les éléments et chacun d’entre nous peut aussi bien virer dans une dépression chronique appuyée par la pression constante de notre société contemporaine. Une société qui souffre des variations incessantes et de sautes d’humeur qui en modifie constamment la donne. Alice, nous dit le texte, souffrait de cette petite élévation que personne à part elle ne semblait remarquer. Quelque chose d’impalpable, d’intérieur, d’intime, cloisonné et si bien caché, quoique la pression, lorsque elle se mesure en hectopascals peut très vite devenir tangible et décrire une réalité difficile à cacher. Le monde d’Alice navigue dans les eaux opaques d’une grossesse qui agit sur elle comme un révélateur de sentiments et de questionnements.
Nicolas Zouliamis dépeint dans La Volupté d’hectopascal cet univers singulier qui relève de l’intime. En choisissant de suivre Alice, jeune femme en qui s’opèrent des changements intérieurs rendus progressivement visibles sur l’extérieur, il donne à lire le magma chimique qui traverse chacun de nous à coups d’émotion, de peurs, d’envies et de doutes. Par touches subtiles, évanescentes, par cette propension à laisser parler l’image et à ne l’accompagner que de rares textes qui surlignent l’instant, un instant parfois difficile à définir pour chacun d’entre nous, l’auteur nous offre un témoignage sensible sur cette part d’invisible qui nous habite et peut parfois nous envahir… Une réédition de l’album paru chez le même éditeur en 2009 avec une nouvelle couverture.  

Nicolas Zouliamis – La Volupté d’hectopascal – La cinquième couche – 2016 (réed.) – 12 euros

Mitterrand RequiemC’est lors d’un dernier séjour loin de France, en Égypte, qu’Anubis, le Dieu des morts, apparait pour la première fois à François Mitterrand. Le président qui a construit une part de son image sur des symboles forts qui avaient du sens en leur époque, comme cette rose portée dans l’antre de la mémoire de la France des grands hommes, le Panthéon, en ce jour d’investiture, se trouve aujourd’hui au seuil de la mort. Cette mort qui se profile n’inspire pourtant pas la crainte à celui qui l’a défiée durant ses deux mandats. Et à vrai dire, plus que la peur de la mort, c’est la souffrance qu’impose la vie maintenant marquée dans sa chair qui devient lourde à porter. L’homme a mené des combats, a commis des erreurs, s’est fourvoyé dans des compromissions que seule l’histoire jugera. Il a aussi œuvré pour la grandeur d’une nation, en portant le sceau de la paix entre toutes les nations, comme il le fit en ce jour de commémoration de la guerre où il tient fermement dans sa main, en ce 22 septembre 1984,  celle du chancelier Helmut Kohl devant l’entrée de l’ossuaire de Douaumont. La vie de l’homme d’état regorge de ces contractions qui démontrent autant un parcours difficile et sinueux que l’emprise d’une soif de pouvoir qui l’anime dès sa plus lointaine jeunesse. A Jaurès que lui fait rencontrer Anubis au Panthéon, Mitterrand confie ainsi qu’il est parfois effrayé de voir tout ce que j’ai dû accepter comme compromis. Et Jaurès de lui répondre : Mais l’idéal socialiste ne souffre aucun compromis. Tout, ou presque, est dit dans ce bref échange. Mitterrand aura aboli la peine de mort tout en signant trente ans plus tôt les pouvoirs spéciaux à l’armée basée en Algérie, il aura construit de grandes amitiés avec des hommes qu’il a pourtant abandonné et qui, meurtris, préférèrent quitter plus tôt ce monde (Bérégovoy,  Grossouvre). Résistant en 1943 alors qu’il avait rejoint et adoubé le Maréchal Pétain, traitre de la nation. Si un homme a le droit de changer, a-t-il le droit aussi d’oublier ses actes. La question reste posée. Au seuil de la mort, l’homme ne se cache plus, il cherche des réponses à ses questionnements métaphysiques, une voie, une direction, et aussi une espérance…
Mitterrand a indubitablement marqué une génération qui, en ce jour de mai 1981, avait placé beaucoup d’espérances dans le changement radical d’une société ankylosée dans un arrièrisme hérité d’un après-guerre difficile à oublier et touché de front par les premières crises économiques et sociales. Joël Callède n’est pas historien ou politologue, il n’est pas là pour juger l’homme d’état et de pouvoir. Avec Mitterrand Requiem, il creuse un autre aspect de l’homme, celui qui l’a fait prononcer, lors de ses derniers vœux à la nation, le 31 décembre 1994, ces paroles mystiques : Je crois aux forces de l’esprit… Un point de rapprochement de l’auteur et de l’homme d’état qui a fait germer l’idée d’en faire un sujet d’album à part entière. Et pour tout dire le pari était plutôt osé car il touche en substance un sujet qui demande la volonté de s’y plonger. Si nous connaissions le scénariste, nous découvrons ici l’auteur complet. Et là réside déjà une belle curiosité. Si le scénariste prouve encore une fois qu’il sait mener ses récits, et d’autant plus ici, sur un registre essentiellement statique, où le texte, le poids des mots et le choix des contextes et de leur enchainements influent sur le sens et la perception du lecteur, le dessinateur lui ne vise pas à imposer sa touche. Le dessin se fait sobre, au service des idées et favorise l’immersion du lecteur. Le choix des découpages, des cadrages, montrent le savoir-faire de Joël Callède, sa maîtrise totale de l’art séquentiel qui offre dans les dits et encore plus dans les non-dits, dans les entre-deux, beaucoup de matière au lecteur qui souhaite opérer le voyage dans l’univers dressé. En plaçant l’homme face à ses contradictions, en le poussant à mener une réflexion sur ses actes, Callède offre une plongée dans la complexité d’un personnage qui aura marqué son temps. Et rien qu’en cela, ce projet mérite que l’on s’y attarde…

Callède – Mitterrand Requiem – Le Lombard – 2016 – 17,95 euros  

La Petite PatrieDes gamins jouent dans une rue du quartier Rosemont de Montréal quand l’annonce retentie de manière brutale sur les ondes radio : la guerre est déclarée. Nous ne sommes pas encore dans les années 40 et la scène mondiale a déjà connue un conflit des plus sanglants quelques années plus tôt. Un conflit qui a vu près de 65 000 soldats canadiens tomber dans une boucherie sans nom. Parmi les gamins qui envahissent l’espace public un dénommé Claude Jasmin, celui-là même qui, bien des années plus tard deviendra l’icône du Québec et laissera une œuvre littéraire fournies dont un succès sans pareil, La Petite patrie, qui narre la vie de ces gamins de rue, encore insouciants qui grandiront peut-être un peu plus vite que les autres. Ce roman est avant tout l’histoire d’une ville, d’un quartier encore préservé dans lequel l’écrivain vit une enfance marquée par une famille, dont un père passionné de thaumaturgie au point de faire un recensement exhaustif des miracles connus à travers le monde. Une enfance qui si l’on occulte cela se déroule comme bien d’autres entre jeux guerriers, chaparderies, et bizutage des nouveaux venus dans la bande. Une enfance qui voit aussi poindre les premiers émois et ce qui forme l’homme en devenir…
Adapter le roman éponyme de Claude Jasmin, écrivain majeur de la littérature contemporaine québécoise pouvait s’inscrire comme un véritable défi. D’abord car tous les Montréalais connaissent le texte ou la version série TV qui en a découlé. Le risque majeur résidait donc dans la retranscription d’une œuvre qui a participé à une l’identité commune avec tout l’imaginaire et la perception intime qui en découle. Julie Rocheleau vit et travaille dans le quartier Rosemont – La Petite Patrie, et possède donc ce vécu au contact des gens qui le peuple aujourd’hui. Elle retranscrit avec respect l’insouciance d’une jeunesse à une époque charnière de l’histoire. Ses planches multiplient les angles et les cadrages sous un rythme enlevé qui dépeint à merveille la jeunesse de Claude Jasmin et de ses camarades de jeu. Elle donne aussi à voir toute la tension d’une époque marquée par la crainte du lendemain qui trouve dans la guerre qui débute son point d’orgue. Un album d’une grande richesse  graphique porté par un découpage astucieux qui ne peut que nous inciter à (re)découvrir le texte original d’un auteur singulier…

Rocheleau & Grégoire – La Petite Patrie – La Pastèque – 2016 – 21 euros

Les savantsT1Le sang coule en plein cours magistral professé en l’université de Ferrare, l’un des temples du savoir en Europe. La victime, un érudit du nom D’Horatius se voit transpercé d’une flèche en pleine gorge. Les trente-deux étudiants qui suivent son enseignement sont sous le choc, d’autant plus que la salle de cours était strictement fermée et que le meurtrier reste introuvable. Comment a-t-il agit ? Qui est-il ? Quelles raisons peuvent motiver à l’exécution sommaire d’un enseignant respecté et de renom ? Autant de questions qui devront trouver une réponse. Copernic, le scientifique déjà détenteur d’une aura dans le microcosme des sciences en Italie, se rend sur place. Il fera la connaissance de Paracelse, un étudiant qui possède l’arrogance et la fougue de la jeunesse et cette envie de savoir qui passe par l’étude scrupuleuse de la scène de crime et des indices qui pourraient y être encore contenus. Alors que l’enquête confiée à la garde locale piétine, Copernic découvre que la mort d’Horatius n’est pas la seule à avoir frappé l’université puisqu’un étudiant aurait mis récemment fin à ses jours…
La révolution des sciences et des arts est en marche dans une vieille Europe qui n’a pas encore oublié la rugosité d’un passé obscurantiste tenace. En Italie, pays précurseur en la matière, la haute Renaissance du Cinquecento pose sa marque. Même si l’église reste globalement fermée, les travaux des humanistes permettent de développer une autre approche de la pensée. Les plus grandes avancées restent néanmoins et sans conteste celles des sciences qui, avec Copernic, devaient remettre en cause bien des théories passées. En développant l’héliocentrisme (le Soleil se trouve au centre de l’univers et la terre tourne autour de lui), l’astronome polonais devait enclencher un changement radical de point de vue dans les domaines religieux, philosophique et bien sûr scientifique. Un personnage atypique mis en scène de manière remarquable dans cet album par Blengino et Carloni. Si Copernic occupe le centre de cette nouvelle série, il se voit accompagné dans son enquête sur la mort d’Horatius – un ami, grand orateur, professeur de droit canonique à l’Université de Ferrare – par le jeune Paracelse qui, du haut de ses 19 ans, possède toute la fougue de la jeunesse et une soif de savoir sans limite. Il est à noter que, comme Copernic, Paracelse a bel et bien existé. Médecin reconnu dans l’Europe entière il décroche dans cette même université de Ferrare son diplôme de médecine en 1516. La rencontre des deux savants reste donc plausible et là réside un des intérêts majeurs de cet album qui s’attache, dans la description des décors, de l’architecture de la ville et dans le soin particulier apporté aux costumes, à nous transporter dans ce début de XVIème siècle en Italie. Malgré quelques invraisemblances mineures pour le sens général du récit, l’accroche reste plutôt bonne, pour une série « polar » historique originale et bien sentie que nous suivrons de près.

Blengino et Carloni – Les Savants T1 : Ferrare 1512 : Du plomb en or – Soleil – 2016 – 14,95 euros

VersipelleDans les longues et fraiches nuits scandinaves, les forêts encore épaisses qui servent de refuges aux hommes égarés qui s’y abritent du vent à la tombée du jour restent aussi le repère des loups qui y guettent leur futur festin. Dans cette nature sauvage, sur des terres rendues difficiles par un climat qui l’est tout autant, Gunnulf est un meneur de loups. Un homme qui, de par son rapprochement avec Fýri, la louve brune, possède ce don de se fondre dans la meute et de la contrôler. Pour cela il arbore la versipelle, cette peau détentrice d’un pouvoir qui ne peut échoir au tout venant. Lorsque Harding tue Gunnulf en le transperçant de sa large épée, son inconscience le pousse à s’emparer de la peau. Seuls les sorciers peuvent contrôler son pouvoir et Harding qui n’est pas l’un d’eux, tuera sa femme et sa fille sous l’apparence du loup. Les villageois excédés par le carnage veulent s’en prendre à, la meute et au fils de Gunnulf, Sigurd qui va engager la poursuite de Harding pour remettre la main sur la peau volée et apaiser la fureur des villageois. Dans cette virée aux sombres destins, il sera accompagné de Randi, une jeune fille qui ne craint pas les loups… Sous fond de conte nordique Isabelle Bauthian et Anne-Catherine Ott livrent un récit subtil qui donne la part belle aux fantastiques visuels du cadre sauvage de cette campagne scandinave dans laquelle se déroule l’intrigue. Le texte se fait précis pour aller à l’essentiel et soutenir le suspense de cette course poursuite engagé pour tenter d’éviter que ne se répandent les carnages initiés par l’usurpateur Harding. Un récit en diptyque des plus prenants !

Bauthian & Ott – Versipelle T1 : Hiver – Akiléos – 2016 – 14 euros

Retour à BandungPas facile pour une jeune étudiante indonésienne de poursuivre ses études en Europe. Il faut pourtant savoir que le passé colonial du pays, occupé par les riches marchands et commerçants néerlandais dès le début du dix-septième siècle, permet aujourd’hui des passerelles entre les deux pays, et Tita Larasati, née à Jakarta en 1972 ne s’en prive pas. Le récit qu’elle nous propose sous forme de scénettes raconte (brièvement) son parcours d’étudiante et les premiers moments de sa vie de femme à Amsterdam avec son mari Syb et ses deux enfants, puis, surtout, le fameux retour à Bandung, qui donne le titre à cet album. Bandung, ville où la dessinatrice a vécu après son lycée pour y poursuivre des études de design industriel, sera donc le point de chute de toute la petite famille. Une ville qui garde encore les traces de son passé colonial mais qui offre surtout à Tita un cadre rassurant. L’album revient donc sur les premiers moments vécus dans la ville. Une ville qui offre un réseau de transport des plus singuliers constitué d’angkot des mini-bus qu’il faut savoir domestiquer, une flore luxuriante et une faune qui se fait des plus envahissante et ce jusque dans les maisons de chacun. Après presque dix ans vécus en Europe Tita revient sur tous les moments de réappropriation de l’environnement de sa prime jeunesse. Elle le fait avec un détachement, un sens de l’humour et un souci de nous faire découvrir les mœurs et la cuisine de son pays qui donne une vraie dimension humaine à ce projet. Ce qui ne devait être au début qu’une simple curiosité se révèle au final un album agréable moment de lecture !

Tita Larasati – Retour à Bandung – çà et là – 2016 – 14 euros

Au fil de l'eauC’est une histoire qui prend cœur dans un village niché au sein d’une nature envahissante. Sur ses hauteurs s’élèvent des habitations faites d’immeubles modernes et impersonnels. En contrebas de vieilles bâtisses bringuebalantes donnent une autre dimension au lieu, celui de la patine d’un temps révolu qui cache peut-être des histoires bien plus riches. Devant ces fragiles habitations s’écoule paisiblement une rivière enjambée de petits ponts qui donnent autant d’accès à un vaste bois. Cadre bucolique s’il en est sauf que les eaux qui stagnent à proximité des habitations en raison d’un amas manifeste de détritus et de vase macérée répandent une odeur des plus nauséeuse. Cette partie du village se trouve ainsi peu à peu délaissé de ses habitants et pourtant, dans un des espaces nichés au-delà de l’un des ponts qui surplombent la rivière, au milieu des effluves piquants, une vieille femme vient s’assoir tous les jours sur un banc public. Et elle se laisse porter par ces souvenirs et par ses rêves les plus colorés. Des rêves qui se construisent dans une vaste demeure bourgeoise subtilement architecturée. Des gamins passent régulièrement devant cette vieille femme et se demandent ce qu’elle peut bien faire dans un tel environnement, un étudiant louera quant à lui un petit logement à proximité de la rivière à côté de là où vit cette grand-mère qui interroge. D’autres personnes viennent s’insérer dans ce cadre. Au final, les histoires s’imbriquent presque naturellement et donnent une autre dimension non seulement aux lieux, mais aussi à l’histoire, à ce passé rêvé, fantasmé, qui vient envahir les pensées de la vieille femme… Nous avons découvert récemment la touche subtile et le tempo calme insufflé par Aoi Ikebe dans Ritournelle publié lui aussi chez Komikku en fin d’année 2015. Ici la mangaka nous livre un récit dans la même veine qui développe tout un lot de questionnements sur le temps qui passe, notre propension à vivre au contact de l’autre en essayant de l’apprivoiser mais aussi cette nécessité de nourrir nos quotidiens d’un flot continu d’espoirs, de rêves et d’envies. Des envies et des rêves qui peuvent aussi changer nos destins et nos histoires personnelles…

Aoi Ikebe – Au fil de l’eau – Komikku – 2016 – 16 euros

Cagliostro 2Sur les quais qui bordent la Seine à proximité de la cathédrale Notre-Dame un crime des plus horribles est commis. Un homme joyeusement imbibé qui passe fiole de vin à la main sur les lieux quelques heures plus tard découvre le cadavre baignant dans son sang les viscères arrachées et répandues sur le sol. Ce crime s’additionne aux trois autres déjà commis proche de Paris, dans un manoir du Vexin, le long de l’Oise et aux abords de Versailles dans la forêt qui jouxtent le château. A chaque fois les victimes appartiennent à une certaine noblesse et occupent des positions envieuses, proche de la cour du roi. Le lieutenant général de la Police, un dénommé Lenoir, patauge à résoudre cette affaire. Il fera appel à Cagliostro capable d’entrer en contact avec les morts, lequel en touchant le corps de la dernière victime visionnera dans son esprit la scène du crime…  
Le comte de Saint-Germain reste l’un des personnages les plus mystérieux de l’histoire du vieux continent. Proche des plus grands, il aura côtoyé les cours des royaumes de France et de Prusse, aura séjourné au château de Chambord pour y poursuivre ses expériences alchimiques aidé d’une suite de valets et d’hommes à sa solde. On dit de lui qu’il voulait atteindre le mythe de l’immortalité, et se disait l’avoir atteint. Dans ce second tome de Cagliostro, Arnaud Delalande et Hubert Prolongeau en font le personnage clef d’un récit qui, sur le fond, reste extrêmement bien documenté, mais qui se construit autour de faits fictionnels d’une redoutable efficacité. Le dessin d’Alessio Lapo, se fond dans ce dix-huitième siècle où pullulent les sociétés secrètes, loges maçonniques et autres sectes redoutables. C’est en se basant sur l’une d’elle que les auteurs construisent leur réseau de meurtres. Des meurtres qui se révèlent être, des crimes sacrificiels, destinés à des fins qui échappent aux autorités policières de l’époque. Diptyque particulièrement rythmé Cagliostro ne lève pas tous les voiles sur le personnage qui donne son titre à cet album. Loin d’être une biographie, les deux albums s’attachent à révéler le personnage dans son ascension et la maîtrise toujours plus fine de ses dons. Une série qui, si elle ne bouleversera pas le genre par son originalité, reste efficace et d’une belle lisibilité.

Delalande, Prolongeau & Lapo – Cagliostro T2 : La cérémonie de l’ombre – Delcourt – 2016 – 15,50 euros

Gourmet solitaireEn 1997 Jiro Taniguchi publiait un album qui nous faisait entrer de plain-pied dans la gastronomie nipponne. Et pour tout dire cela tombait plutôt bien car la cuisine du pays du soleil levant bénéficiait depuis peu d’un véritable engouement, pas démenti depuis. Dans cet album construit autour de quelques plats traditionnels ou quelques lieux atypiques, l’auteur de L’homme qui marche, parvenait dans son style très particulier où le regard des hommes et les liens qui les (ré)unissent sont scrupuleusement détaillés, à nous faire saliver à chaque page. Pour « lier » les histoires entre elles et ne pas verser dans la succession de recettes mise les unes à la suite des autres, il créait un héros gastronome avide de nouvelles saveurs. Ce gourmet solitaire, commercial qui déambulent de quartier en quartier, essentiellement dans et autour de Tokyo, aime se perdre dans la ville et, au moment de se restaurer, entrer dans un restaurant, un suschi-bar, une pâtisserie ou un lieu quelconque à l’instinct pour y vivre une expérience culinaire hors du temps. Le choix du lieu possède son importance car le gourmet solitaire ne souhaite pas uniquement se restaurer mais vivre une expérience gustative pure. Découvrir les recettes de grand-mères. Les petits plats régionaux ou locaux, travaillés suivant la tradition ancestrale d’un tel ou d’un tel. Le mélange de saveurs, l’utilisation judicieuse des épices, des sauces, des légumes oubliés forment non seulement le goût mais ajoutent à l’expérience, et titiller les papilles, leur offrir des stimuli gustatifs nouveaux n’a pas de prix. Notre héros le sait qui ne s’aventure jamais dans des lieux balisés, et d’autant plus s’ils ont bonne réputation, et préfère la surprise du chef. Derrière l’album construit par Taniguchi et Masayuki Kusumi, son scénariste sur ce projet on ressent toute la passion des deux hommes pour les choses « vraies », le partage, l’envie et la soif de connaître de nouvelles expériences, le respect aussi pour celui ou celle, qui, derrière ses fourneaux s’active pour proposer la magie de sa cuisine. Taniguchi et Kusumi révèlent dans ces deux recueils la fine fleur de leurs souvenances enfouies. Le simple lecteur que nous sommes, ne peut que saliver à chaque histoire, parce que l’émotion reste palpable et que nous nous prenons parfois à cette envie nous aussi, à l’image du gourmet solitaire, de sillonner l’espace qui nous entoure à la recherche de saveurs nouvelles capables de nous transporter dans des ailleurs toujours plus lointains. Le Gourmet solitaire nous a ainsi offert sur un plateau en guise d’hors-œuvre des haricots noirs sucrés en gelée “mamekan”, des Manjû grillés, un bol de riz garni “à la Enoshima”, un Oden et son bol de riz au curry. Il nous a aussi parlé de ses expériences malheureuses ou ses surprises du chef comme le repas qu’il se concocte un soir où il travaille tard sans pouvoir rentrer chez lui et qu’il descend à la superette du coin pour en dévaliser les rayons et s’offrir notamment la nostalgie que peut contenir le corned-beef… Les rêveries du Gourmet solitaire
La surprise du chef nous vient en ce premier trimestre 2016 de la publication, après le premier opus du Gourmet solitaire de 1997 d’une nouveauté baptisé avec ce surcroît de poésie, Les rêveries du gourmet solitaire. Dans ce nouveau recueil Tanigushi et Kusumi ouvrent leur héros à la gastronomie « exotique » lui faisant vivre des aventures nouvelles autour d’une bonne pizza, d’un couscous dégusté dans un boui-boui parisien, d’une assiette Frijoles dans un restaurant familial péruvien, mais aussi et surtout à chaque fois ces expériences de dégustations dans des lieux cachés qui contiennent une âme et un goût franc pour les choses simples. Un projet essentiel qu’il convient de découvrir dans son intégralité !

Tanigushi et Kusumi – Le gourmet solitaire – Casterman – 2016 (réed.) – 18,95 euros
Tanigushi et Kusumi – Les rêveries du gourmet solitaire – Casterman – 2016 – 16,95 euros

Requiem1L’hiver livre souvent ses vérités. Et celui de 1944 peut-être plus qu’un autre. Dans un conflit sanglant arrivé à une tension paroxysmique sans pareille les troupes allemandes ne peuvent qu’offrir leur vie à l’ennemi. Un ennemi renforcé par les victoires qui, chaque jour et sur d’autres front, mettent à mal le moral du plus déterminé des convaincus. Dans ce contexte dont l’issue ne fait plus de doute, Heinrich se meurt. Allongé sur le tapis neigeux, fouetté au vent, le jeune soldat quitte doucement ce monde et ses pensées se portent sur Rebecca, la femme aimée, qui seule pouvait lui donner le sens, la direction à suivre, l’envie aussi de revenir de cet enfer. Et pourtant c’est bien dans un enfer qu’il se trouve plongé lorsque, après un dernier sursaut il reçoit une balle en pleine tête. Les enfers peuvent parfois s’envisager plus doux. Ceux-ci ne laissent aucune place au répit. Arrivé dans ce nouveau monde, Heinrich doit encore trouver l’issue de ce qui s’apparenterait à un mauvais rêve mais qui se fait pourtant si réel, si palpable. Le désert de carcasses géantes qui s’étend sous un fond de soleil rouge, se fait palpable et les zombies qui se nichent au bout du chemin en attendant les nouveaux arrivés dans ce monde bien peu avenant semblent trop bien dessinés pour n’être que des chimères de passage. Promis à un second enfer Heinrich se voit sauvé par l’arrivée salvatrice d’un patrouilleur résurrectionniste. Il deviendra lui aussi vampire, chevalier vampire et deviendra Requiem. Il se verra plongé au cœur d’un conflit dont les enjeux semblent difficiles à percevoir mais dont la mort, la seconde mort, peut aussi survenir, et effacer à jamais le souvenir de Rebecca. Et la jeune femme qu’il a laissé, sur sa vie terrestre, se faire emmener par la Gestapo, aussi surprenant que cela puisse paraître tire encore pas mal de ficelles. Après avoir combattu les goules, ces sous-créatures, vautours des champs de bataille, il se voit introduit à la danse macabre…
Requiem 2L’univers dépeint par Pat Mills reste l’un des plus sombres, des plus riches et des plus complexes qui aient vu le jour dans le monde du neuvième art. Une richesse sans véritables limites exploitée de manière virtuose par le dessin d’un Olivier Ledroit possédé. Le dessinateur livre sur ce projet des planches à la composition quasi-parfaite qui, en dépit de leur luxe de détails, ne sombrent jamais dans ce déséquilibre qui aurait pu se lire dans un tel contexte où il faut densifier et densifier encore. L’originalité de ce monde dénommé Résurrection où le temps est inversé, fonctionne à merveille et l’idée de Glénat de proposer de nouveau cette série initialement publiée chez Nickel Production entre 2000 et 2012, devient très pertinente pour lui offrir un public plus large. Le rythme de publication d’un titre tous les deux mois, donc l’intégralité des douze opus en deux ans, possède l’avantage de ne pas la perdre du regard. Une série qui se lit accroché à son fauteuil tous les jours sauf ceux où le spleen gagne !

Mills et Ledroit – Requiem T1 : Resurrection et T2 : La danse macabre – Glénat – 2016 – 14,95 euros l’un

 

Albums à paraître

L’odeur des garçons affamés donnera lieu à une mise en avant spécifique de quatre articles dans les prochains jours. Vous avez déjà pu découvrir la preview de ce titre, nous la compléterons d’une interview de Frederik Peeters, d’une analyse de son travail graphique et d’une chronique détaillée. Revenez découvrir ce projet que nous allons décortiquer pour vous !

L’odeur des garçons affamésDans un désert du centre des Etats-Unis déambulent dans le désordre des comanches encore fiers de leur culture mais conscient de l’avenir, un étrange et obscur personnage en noir, des nuées de mustangs lancés à vive allure, un ingénieur soucieux de construire un monde nouveau, son valet, jeune homme imberbe et un photographe en disgrâce. Ils y côtoient la vie et la mort dans les immensités d’une région sauvage qui, pourtant, et très étrangement, devient au fil des destins qui s’unissent et se désunissent un enferment des plus troublants…
La guerre de Sécession vient tout juste de s’achever et la conquête de l’ouest, dopée par l’Homestead act, qui donne aux aventuriers assoiffés de richesses et de terres lointaines la possibilité de s’établir sur des espaces nouveaux, bat son plein. L’ingénieur Stingley est l’un d’eux. Accompagné d’un photographe au passé récent un peu trouble et d’un jeune valet prénommé Milton, l’homme parcours cet ouest sauvage est risqué qui passe par les terres comanches pour tenter d’y édifier ce qu’il appelle « Un monde parfait ». Dans un univers de mirages et de faux-semblants les apparences les moins sujettes à caution prouvent pourtant qu’elles peuvent défier la rationalité. Dans ces plaines désertiques traversées de bandes de mustangs à la puissance sauvage, nos trois hommes vont peu à peu se découvrir pour laisser entrevoir leur terribles secrets et un peu de leurs espérances…

Frederik Peeters & Loo Hui Phang – L’odeur des garçons affamés – Casterman – 2016 – 18,95 euros

Seront présentés lors de L’HeBDo de la semaine prochaine (26 mars – 1 avril 2016), les titres suivants :

  • Le Carrefour d’Arnaud Floch et Grégory Charlet (Grand Angle)
  • Macaroni de Thomas Campi et Vincent Zabus (Dupuis)
  • Un maillot pour l’Algérie de Kris/Galic et Rey (Dupuis)
  • Frapper le sol de Céline Wagner (Actes Sud)
  • J’ai tué – Marat de L.F. Bollée et Olivier Martin (Vent d’Ouest)
  • L’homme qui tua Lucky Luke de Mathieu Bonhomme (Dargaud)
  • La trajectoire des vagabonds de Serge Annequin (EP)
  • Les onze mille vierges de Ralf König (Glénat)
  • L’aile brisée d’Altarriba et Kim (Denoël Graphic)

 

















*




- N'oubliez pas de saisir les caractères du code 'Captcha' avant d'envoyer votre commentaire.
- Cliquez ici si vous voulez un avatar qui s'affiche à chaque fois que vous enverrez un commentaire.
- Faites en sorte que votre commentaire soit constructif et en relation avec le sujet évoqué.

- La modération a priori s'applique lorsque vous envoyez un commentaire pour la première fois, il n'apparaîtra qu'après avoir été validé par un modérateur. Soyez donc patient, votre commentaire ne s'affichera pas immédiatement, il est par conséquent inutile de le renvoyer aussitôt, il sera publié dans les plus bref délais. Malgré tout, les modérateurs se réservent le droit d'effacer tout commentaire qui ne serait pas en accord avec notre Charte.

Bonne discussion sur MaXoE !










MaXoE

Média culturel multi-thématique :

Jeux vidéo et jeux de société, cinéma, séries télé, musique, théâtre, presse, littérature, bande-dessinée, comics, manga, Japon et Asie, hi-tech, multimédia, téléphonie, informatique, art, design, photographie, graffiti, geek, mode, expositions, sciences, espace, robotique, société, environnement, santé, sports, associations, gastronomie, histoire, animaux...

Indépendant et sans publicité.
En ligne depuis 1995.
A PROPOS

Présentation
Ligne éditoriale
Nos sites
Nos Rendez-Vous
Actualité
Partenariats
Charte
Rejoindre MaXoE
Tous les Flux RSS
Informations légales
Contact
SITES MAXOE

MaXoEHome / Accueil
GamesGAMES JEUX VIDÉO
RamaRAMA CINÉ / MUSIQUE
BullesBULLES BD / COMICS
KissaKISSA JAPON / ANIME
TechTECH HI-TECH / WEB
ZoomZOOM SOCIÉTÉ / ONG
StyleSTYLE DESIGN / TOYS
TVTV EMISSIONS
SUIVEZ-VOUS !

Twitter

Facebook

Youtube

Soundcloud

Twitch

Flux RSS


©1995-2016 MaXoE. Tous droits réservés. Reproduction interdite sans autorisation préalable. Les marques citées sur MaXoE appartiennent à leur propriétaire respectif.