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La Playlist de MaXoE : Paul McCartney, Usmar, Jacques Duvall


Trois artistes. Tous les styles, les horizons, sans les ficelles, ni les compromissions, au son de ce nouveau rendez-vous. L’actualité du disque, mise en mots et en musique. Branchez vos casques.

Jacques Duvall – Le cowboy et la call-girl – Freaksville Record (26 Avril 2009)

Vraiment, c’est chiant. Chiant de devoir flinguer Jacques Duvall. Ce cowboy feignant dégaine un troisième album en vingt-six ans, dont il paraphe les textes, tous sans exception, onze si mes comptes sont bons. Sûr de sa plume érectile, surtout sur le corps formé des autres (Lio par exemple), l’ami Jacques ressort sans faim sa prose orale, et se trompe, hélas, de monde. D’époque. Chapeau vissé au front, pépé sur l’épaule, troue-la-peau dans les doigts, et saloon en arrière plan : la pochette cartoon et clicheton de ce far-west fabriqué qu’il semble gouverner, ne donne déjà pas envie de dégrafer le cellophane. Tentons.

Regrettons. Si d’aucuns ont pris plaisir à gratter l’étiquette de « Gainsbourg bruxellois » sur le timbre de gauloise et l’âme gitane de Jacques Duvall, c’est qu’ils n’ont soit pas écouté les disques du premier, soit trop encensé ceux du second. Il n’y avait pas de quoi. C’est malade d’ennui (« Ougrée », « Marianne Renoir »), déglingué sans un sens (« Marquise », « Le Cri »), et sophistiqué quand il faudrait le contraire (l’adaptation ratée du « Just Like Woman » de Dylan, devenu « Comme le font les femmes »). Et que dire, si ce n’est le maudire, de ce blues casquette en fond sonore. Des trompettes, de l’harmonica, des guitares, mixés par Miam Monster Miam, qui viennent coller leur poisse au fond des oreilles. J’ai mal.

Appréciation :

Paul McCartney – Good Evening New York City – Mercury (30 novembre 2009)

Les Beatles ne sont pas morts. Au dessus de nous, John se marre à pleine gorge avec les anges de voir sa terre tourner en rond. Georges, éternel inquiet, songe lui, à discrétion, à sa prochaine réincarnation. Ringo se demande enfin comment son fils a-t-il pu devenir meilleur batteur que lui. Et PaulPaul. A 67 ans, Sir regrette toujours sa Linda en se rasant le matin. Et pour se consoler, joue de ses mains, chante sans jamais chevroter. Ce qu’il n’a fait que trop bien, en 2009, l’espace de trois soirs au Citi Field Stadium de New York, situé sur l’emplacement de l’ancien Shea Stadium. Là même où, en 1965, quatre Anglais from Liverpool donnaient un concert historique devant 50 000 spectateurs.

« Back In The USSR », « Yesterday », « Blackbird », « Get Back », « Paperback Writer », « A Day In The Life », « Eleanor Rigby », « Let It Be », « Helter Skelter », « Lady Madonna », « Hey Jude », « I Saw Her Standing There »… Avec en rab, un peu des WingsJet » à « Live and Let Die » en passant par « Band on the Run »). Pourquoi s’arrêter ? Par trente-trois fois, en deux disques et un DVD, à choyer dans les enceintes les plus équilibrées en basses et en aigües, la preuve est faite que les Fab Four n’ont jamais eu besoin de ressusciter. Jésus Christ en reste cloué.

Appréciation :

Usmar – Rien n’est parfait – Sony / ATV (9 novembre 2009)

Usmar, la triche en deux syllabes. Sosie officiel de Johnny Depp, (matez donc les trois cases sur la pochette), le jeune mousse, aux icônes fichées haut (Massive Attack, Björk, Chet Baker) pousse le mimétisme à l’extrême, jusqu’à se prendre pour un acteur. Sur douze titres, il fait tour à tour mine d’être chanteur, avec son organe moribond à décoller du papier peint. Joue au parolier (il signe onze textes), enfile même le complet pop de compositeur-musicien (clavier, guitare, ukulélé). Et il faudrait qu’il nous berne.

Il suffirait de tisser un fil des titres qui installent son second album Rien n’est parfait (il avoue ?), pour arrêter de se raconter des histoires : Usmar, franchement « t’abuses », avec tes faux airs de « pirate » en cinémascope. Tu as cru être « celui ». « Qu’importe ». « Quand on ne fait plus l’affaire », comme toi, juste bon à se taire et faire « l’autruche », il ne reste plus qu’à s’aérer au grand air, à « cultiver son jardin », sous la cagne d’un « beau mois d’août ». Plutôt qu’à t’écouter. « Qu’est-ce qu’on perd ? » A ton avis ? Usmar, c’est marre.

Appréciation :


Initialement publié le 06.01.2010