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Jacques Duvall vient de sortir son album ‘Expert en désespoir’

Á l’origine était le punk. Et à l’origine était Jacques Duvall, punk d’outre Quiévrain, façonné à coups de serpes grâce aux vedettes des étranges lucarnes, de Dylan aux Stones, mais également d’Antoine à Hallyday. Le jour, Jacques Duvall travaille à la médiathèque de Bruxelles et ne s’appelle même pas Jacques Duvall. La nuit, en revanche, il s’essaie pour un succès modeste à l’écriture (l’icône gay Marie-France aura pour ses mots les yeux de Chimène), et fournit, avec un considérable effet retard, le texte de Little Sister aux Runaways (tel qu’il figure dans l’album Waitin’ For the Night-1977).

1977 : le punk, toujours, et Clash ou Sex Pistols qui gravent leurs premiers efforts. Jacques, quant à lui, va voir sous les jupes des filles, et en ramène quelques refrains définitifs, immortalisés dans les transistors par une jeune Wanda De Vasconcelos à peine âgée de 14 ans. Lio délivrera Banana Split et autres Brunes… aux oreilles ébahies du monde libre : les disques se ramassent alors à la pelle, et se vendent par containers entiers.

Les liens ténus de l’écriture lui prêtent successivement des histoires avec Jane Birkin (Les Clés du Paradis), Elisa Point, Charline Rose, ou Dani, en écho d’un Gainsbourg à femmes nouveau genre : on a raison. Mais il convient de ne pas omettre les aventures de circonstances (Bijou, Etienne Daho), ou les amitiés indéfectibles (avec son double Alain Chamfort). Et, toujours, l’ironie du papier de verre, en abrasif d’une timidité maladive…

Parfois, Jacques Duvall ose le devant de scène : son premier album, Comme La Romaine (1983) précède l’adaptation acide du Ti Amo d’Umberto Tozzi (Je Te Hais-1988), puis d’autres confessions (Je Déçois-1990), Hantise (2006), et Le Cowboy Et La Call-Girl, mis en musique par Benjamin Miam Monster Miam Schoos (2009), ainsi que d’autres subterfuges (l’album en voix de garage de Phantom featuring Lio, en 2009), qui confirment que l’homme de l’ombre prend très convenablement la lumière.

Mais, désormais, le sale gosse a lustré ses effets, et passé ses chansons à la ligne claire : toujours produit (et bien d’autres choses encore) par Miam Monster Miam, ici secondé par Gilles Martin (notre homme chez Miossec, ou Dominique A), Jacques Duvall racle du fond de la gorge des incunables pop des ‘80’s et contemple, séduit, le résultat. Un résultat moins touffu que par le passé, comme si les chansons, aujourd’hui limpides – et qui semblent parfois se répondre dans leurs thèmes – prenaient le pouvoir, mélodies et harmonies au vent, pour mieux servir le chant.

En matière de voix, justement, Christa Jerome, à la capacité soul déjà testée chez Marc Moulin, la délicate Sophie Galet, Coralie Clément, ou Juliette Wathieu (nouvelle égérie de notre homme, sous le pseudonyme de Mademoiselle Nineteen) bercent le chanteur d’une langueur polychrome. Car on est ici triste mais digne sur fond de western song déchiré et lettré (Désespère), surfer hypothétique (Les Jours De Pluie), ou désireux d’un dernier refrain pour la route (Chagrin De Beauté, dansant, et désolé). Dans l’Ouest, le vrai, celui de Jacques Duvall, les guitares sont profondes mais narquoises (La Grève Des Éboueurs, ou 50 manières de traiter une femme d’ordure), riches de glissandi pervers (Trop Tard), et les machines de studio leur rendent bien (La Chanson La Plus Triste).

Jacques Duvall, l’homme qui voulait essayer d’écrire la chanson la plus triste du monde, descend, étincelant, le grand escalier de cet Alcazar de la profonde mélancolie, comme tous les Belges qui portent un chapeau de cow-boy. Il est le seul ? Et bien, justement…

Plus d’information sur le Myspace de l’artiste !


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