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Interview de The Sideshow Tragedy : du rock sans concessions !

Et voici une nouvelle interview. Celle du groupe The Sideshow Tragedy qui figure dans notre sélection du MaXoE Festival 2021. En avant pour l’itw ! 

L’interview

 

Tout d’abord, pourriez-vous donner quelques informations sur votre parcours à nos lecteurs ?

J’ai grandi dans une petite ville de l’Est du Texas. Mon père faisait du rock, dans la veine classique, mais aussi du blues. J’ai ainsi été influencé par cela dans mes jeunes années. J’ai décidé d’aller à Austin, dans le Texas sur les conseils de musiciens plus âgés qui m’ont dit que c’est là qu’il fallait aller pour devenir un musicien. Cela avait aussi la réputation de créer les musiciens blues rock à l’époque (fin des années 90). Au même moment, adolescent, je nourrissais une fascination et une attraction pour les pères fondateurs du punk, David Bowie, Lou Reed et Iggy Pop. Voilà d’où je viens, artistiquement et géographiquement. 

 

Comment décrivez-vous votre musique ? Pouvons-nous dire que c’est un mélange de rock, pop et blues ? 

 

Oui même si je pense que les éléments blues sont moins présents sur cet album et même moins présents sur ce que j’écris actuellement. Mais l’esprit réflexif du punk, l’âme de cela, est très important dans ce que je fais. Je suis avide d’authenticité. 

 

Quels sont les artistes qui vous ont influencé ? 

Bowie, Iggy et Lou comme je le disais. Les grands furent, pour moi, Dylan, Rolling Stones, Leonard Cohen, Townes Van Zandt, Chris Whitley, Johnny Winter, The Gun Club, Richard Hell, Marc Ribot (ce fut un grand honneur de l’avoir sur cet album), Nick Cave… Je pense que je suis très influencé par ce que j’écoute au moment où je travaille sur quelque chose. Ainsi, je suis fasciné par l’album ‘Kick’ d’INXS depuis 2 semaine, j’ai d’ailleurs écrit ‘Easy Action’ dans ce contexte. Il y a du saxophone sur l’album car je suis obnubilé par les albums ‘Kill City’ et ‘New Values’ d’Iggy. Ah oui, il y a Morphine aussi !

 

Vous semblez proches du groupe Livingstone, pouvez-vous nous en dire plus ? 

Théo m’a contacté il y a quelques années quand Livingstone tournait aux US pour faire quelques concerts ensemble. Et puis la fois d’après quand nous étions en France, je les ai contacté à mon tour. C’est né de là. Ils sont vraiment cools, c’est finalement une affaire de circonstances et de chance. 

 

Comment avez-vous vécu pendant le confinement, était-ce une bonne période pour créer ? 

Je suis devenu sobre un mois avant le confinement, ainsi cette expérience a été tempérée par cette nouvelle sobriété et par une nouvelle approche dans ma vie. J’ai beaucoup écrit, des chansons, des essais, des poésies. L’album est sorti pendant le confinement, donc le travail de promotion et de mise en avant de cet album était ma préoccupation principale pendant plusieurs mois. 

 

 

 

 

Quels sont vos projets pour l’avenir ?

Ecrire des chansons comme toujours. Et trouver le moyen de faire un nouvel album, ils sont très chers à produire. 

 

Pour finir, MaXoE est un média indépendant et pluri-culturel, pas de frontières entre les BD, les livres, la musique, le cinéma ou les jeux-vidéo. Parlez-nous un peu de vous : vous jouez à quoi ? Vous lisez quoi ? Vous regardez quoi ? Et bien sûr vous écoutez quoi ? Et si vous aviez une ou plusieurs œuvres à conseiller à nos lecteurs ?

Vraiment cool, j’adore MaXoE ! Je ne joue pas aux jeux vidéo à part Super Mario Bros 3. avec mon fils. Mais je suis plutôt sur d’autres choses. Nous avons déjà parlé musique dans cette interview donc je vais me concentrer sur les autres choses et plutôt que de donner mes favoris, je vais citer ce dans quoi je me suis plongé ces dernières années. 

 

Les livres

  • Samuel Delany — Dhalgren

J’aime tout chez Delany, il écrit sur tout, science fiction mais aussi d’autres choses sur le genre, la race, la thérie Queer, les critiques littéraires. Je recommande tout. Dhalgren est la première chose que j’ai lue de lui et cela m’a mis KO. J’aime les paysages urbains et cette nouvelle est peut-être ma favorite dans le genre ‘ville des rêves’. C’est dense, elliptique, rêveur, érotique, troublant et la prose est brillante. 

  • Mari Ruti — Penis Envy and Other Bad Feelings 

Certaines personnes ont appelé ça de l’auto-théorie, un mélange de mémoires et de théorie et c’est top. Ruti utilise les idées de Lacan, Berlant, Foucault et d’autres pour capter un oeil critique sur la culture et il nous force à voir des choses que nous ne voyons pas (au moins aux US). Ses observations sur l’amour moderne et le mariage et comment les américains sont impliqués là-dedans sont vraiment pertinentes. Accessible mais profond.  

  • Olivia Laing — Everybody

Laing est mon auteure contemporaine favorie. Ses livres sont un mélange de mémoires, biographie, théories sur la culture et critiques sur l’art. Il n’y a rien de tel ailleurs. Dans son nouvel ouvrage, elle parle du corps, de la maladie, de sexe, de violence, de Wilheim Reich et beaucoup d’autres choses. Tous ses livres sont fabuleux. 

  • Patti Smith — Year of the Monkey

Sur l’écriture, je ne pense pas qu’il y ait un auteur que j’admire plus que Patti Smith. C’est juste génial. 

  • Hadas Thier — A People’s Guide to Capitalism

Voici le premier livre que j’ai lu et qui contredit Le Capital de Marx de manière synthétique, facile à comprendre même pour ceux qui n’ont pas de connaissance en théorie économique. Si je peux comprendre ce livre, tout le monde le peut ! 

  • Roland Barthes — Roland Barthes by Roland Barthes

Je l’ai lu de long en large, j’aime l’ensemble de ce texte et son travail.

 

 

Comics

  • Alan Moore — Promethea

J’aime Alan Moore, spécialement son travail sur la créature des marais. J’ai découvert cette série l’année dernière et c’est très bien. Beaucoup de personnes pensent que c’est trop didactique mais moi j’aime beaucoup et le travail de J.H. Williams sur les dessins est magnifique. C’est sur tellement de niveaux et il y a des zones de recouvrement nombreuses entre le discours de Moore sur les sujets occultes et la nature textuelle des choses, comment le texte fonctionne, la sémiotique, …  Ces choses qui font qu’on a comme un feu d’artifice dans notre tête quand vous les lisez. 

  • Alejandro Jodorowsky — Moon Face

Fan de longue date de Jodo et cette oeuvre ne le dément pas, c’est complètement fou. Je pense que ce travail de Jodo sur les comics de science-fiction s’équilibre avec les choses plus mystiques qui sont prédominantes dans ses films. La partie artistique est sublime et c’est drôle aussi. 

 

Films

  • Pier Paulo Pasolini — Teorema

J’ai eu un abonnement à la chaine Criterion pendant le confinement et c’était un bon moyen pour découvrir des films quand j’étais bloqué à la maison. J’ai toujours été un cinéphile mais j’ai découvert de nouvelles choses et redécouvert d’anciens films. Teorema était nouveau pour moi. La trilogie de la vie est célèbre et Salo est connu aussi mais ce film est un joyau. Terence Stamp joue un ange (ou un démon ?) qui agit au sein d’une maison d’une famille bourgeoise et séduit chacun de ses membres, les uns après les autres. Le regard froid de Pasolini observe leur chute à eux, dans chacune de leurs vies. C’est une critique dévastatrice de la vie et des valeurs des familles bourgeoises mais c’est aussi juste une vue belle, hypnotique et onirique. 

  • Rainer Werner Fassbinder — In A Year of 13 Moons

Presque chaque film que cette personne fait est une oeuvre d’art pour moi. Celui-ci n’est peut-être pas idéal pour commencer mais c’est définitivement mon préféré. C’est assez lent mais avec un fort impact visuel, c’est onirique (j’aime les choses oniriques comme vous le voyez) et c’est très puissant émotionnellement malgré un aspect un peu froid. J’ai lu quelque part que c’était le film le plus intime de Fassbinder. 

  • Robert Bresson — Four Nights of a Dreamer

Je reviens en permanence vers Bresson et je découvre toujours quelque chose de nouveau ! Je pense qu’il a fait des meilleurs ou de plus importants films mais celui-ci est particulier pour moi dans son oeuvre et pour deux raisons : Il se déroule presque entièrement la nuit dans la ville de Paris et il parle du désir érotique (qui n’est pas l’un des thèmes principaux de Bresson). Je l’ai regardé encore et encore pour ces deux raisons. 

  • Alain Resnais — Hiroshima Mon Amour

C’est un classique évident, mais je ne l’avais pas vu avant l’année dernière. Ce film est parfait. 

  • Luca Guadagnino — Call Me By Your Name

La scène finale, pas de musique pendant le générique de fin, après ce que vous venez de voir, c’est juste incroyablement puissant. Cela me rappelle, en termes d’impact émotionnel, la dernière scène de Chaplin’s City Lights. C’est presque écrasant. Seuls les films peuvent faire cela. 

 

Merci à Sideshow Tragedy de nous avoir fait le plaisir de répondre à nos questions et pour ce partage autour de toutes ces oeuvres !

 

Notre Chronique 

AFTER THE FALL – THE SIDESHOW TRAGEDY

5

Un rock direct, pugnace, saignant, voilà ce que nous propose The Sideshow Tragedy. Ils viennent du Texas et ça se sent. Il y a une forme de rugosité qui saute à nos oreilles, un côté roots, un côté ‘on va droit à l’essentiel’. C’est rock mais c’est aussi blues, voire soul comme sur Same Thing. Il y a un petit côté ZZ Top dans ce morceau, une voix dans les basses, des sons acoustiques purs et du groove. Ecoutez aussi What I Mean. Petit bijou rock qui n’oublie pas non plus de penser au rythme, de créer les syncopes et d’aller chercher des sons du fond des US. Il y a un quelque chose de viscéral dans cet album. Quelque chose de bestial. En bref, un must-have dans le monde du rock, directement dans la sélection du prochain MaXoE Festival. Finissons avec Young Forever. Parfait, c’est tout. 

Rock – Spacelight Records – octobre 2020 – site officie


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Les films, vous les regardez de préférence...





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