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La Playlist : Elvin Road – Carte Blanche à Vivien Lejeune !

Cette semaine je laisse la place à notre Maxôme d’Honneur du MaXoE Festival 2024 qui nous fait l’immense plaisir de partager un coup de coeur musical !

Notre sélection d’albums

Unrated – Elvin Road

5

Le 6 octobre 2023, quelques semaines à peine avant que les démons, sorcières et autres croquemitaines reviennent, comme chaque année, hanter la nuit d’Halloween, le quatrième album du groupe électrorock français mené par Antoine Saison débarquait tel un sortilège contrasté entre la contemplation douce-amère d’une humanité de plus en plus à la dérive et l’agressivité électrisante et, donc, diablement libératrice que seule la musique puisse offrir en réaction à la morosité ambiante. Après Intersections en 2006, Monsters en 2010, Fade to Dark en 2017 et quelques singles parus dans l’entre-temps, Elvin Road continue de produire (entre instrus majoritaires et quelques chants éclairs) la bande originale d’un film qui n’existe pourtant sur aucun écran… Si ce n’est sur celui que l’on projette inconsciemment, chaque jour et plus encore chaque nuit, à l’arrière de nos pupilles.

Et parce que le cours d’une vie n’est jamais uniforme, leur musique ne l’est pas non plus. On entre dans ce Unrated (titre ô combien évocateur) sous la menace d’une mort annoncée et on en ressort déambulant sur l’ersatz enivrant d’un Mulholland Drive au clair de lune. Mais la route se veut non moins sinueuse entre « Death by Stereo » et « Criminal Distance ». Aux sons nappés des synthés répondent les puissants riffs d’une guitare énervée… Aux mélodies « rétros » héritières des auras d’un John Carpenter, d’un Jan Hammer ou encore d’un Harold Faltermeyer, se greffe la modernité d’une production exemplaire ; portée par un sound-design juste ce qu’il faut d’évocateur et suffisamment discret pour mieux se fondre dans la composition comme un instrument lui-même le ferait (bon sang, ces percussions de gun chargé et ce break de « Time to Pay » !)… La voix, bien que rare, passe gracieusement du premier au second plan (« Every Bodies » puis « Seastone ») telle une vague d’émotions suivant la marée avant de devenir écume… L’industriel côtoie le classique (« Tormento »)… Le Sacré perd son duel au soleil contre les forces de l’Ombre dans les deux galvanisantes parties de « Barricade »… Dont la principale ligne mélodique s’impose d’ailleurs en exemplarité d’immédiateté ; avant d’exploser en électron libre comme pouvaient le faire Don Davis et Juno Reactor sur leur mythique « Navras » pour The Matrix Revolutions en 2003. Si bien que quand explose finalement l’avant-dernier morceau, « Haunted Hertz », Elvin Road achève de lâcher la bête et confirme le sentiment général instauré dès les premières secondes d’écoute : à savoir que cet album-là, bien que dans la continuité électro-sensorielle directe de ses prédécesseurs, s’affranchit plus encore des genres et des codes que le groupe ne le faisait déjà… loin de toute étiquette et autre estampille réductrice.

Unrated, c’est un quatrième voyage à destination des sens. Un album qui guide ses auditeurs sans toutefois chercher à leur imposer une quelconque direction. À chacun de se faire ses propres films, ses propres images, ses propres rêves ou désillusions. C’est pourquoi les titres (aussi parfaitement pensés qu’agencés) officient en catalyseurs et non en accompagnateurs. « Midnight Blvd », Hooking Queendom », « Tormento », « Criminal Distance » : autant d’indices glissés là dans le seul but de laisser libre cour aux errances de tout à chacun.

Car c’est très précisément ça Elvin Road : leur musique… vos films.

Electro, pop – Elvin Road – Octobre 2023 – Ssite officiel

 

Chronique écrite par Vivien Lejeune 


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Les films, vous les regardez de préférence...





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