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Cowboy Bebop: « Come Take A Trip In My Airship »

Je me demandais de quelle manière il était possible pour moi d’être original dans mon introduction. Essayer d’employer des mots moins caractéristiques, plus pompeux, plus comme Ulysses (non, nous n’allons pas parler d’Ulysses 31 (écrit Ulysse 31 en France), je vous le réserve pour une autre fois) pour donner du relief aux deux semaines spéciales que nous allons essayer de vous faire partager. On va sûrement encore me reprocher de ne  choisir que la violence et l’érotisme dans mon domaine de rédaction,  mais l’un dans l’autre, il faut bien que quelqu’un le fasse. Alors pourquoi pas moi ?

Pour débuter ce weekend, rien de mieux que la controverse. Je vais donc poser un diagnostic sur un manga qui a divisé et divise toujours la population otaku sur son appartenance stylistique. Si je vous dis, espace, flingues, gros n******, latex, santiag et musique… Non ? Et si je vous dis Cowboy Bebop, ça vous parlera sûrement.

 

D’abord on fait le point

Lorsque j’ai proposé à la rédaction de faire cet article, cela m’a semblé tout à fait naturel et approprié. Je n’ai pas du tout songé que nous progressions dans un monde qui tend vers l’apparence (et pas seulement). J’ai fait mes recherches par curiosité sur Internet au sujet des mangas ou/et animés étant du style Steampunk – étant sûr que j’allais y retrouver Cowboy Bebop. Que nenni mes frères d’agrégat cellulaire, Cowboy Bebop ne s’y retrouve jamais !  Interloqué j’ai alors lu le sujet abordé sur quelques forums ou certains adolescents affirment que ce manga n’est je cite : « definitely NOT steampunk », ou en français « pas du tout steampunk ».

Bref, pour revenir dans un registre plus sérieux, les gens ont tendance à simplifier, à édulcorer ou encore à sélectionner le sens des mots. Ce n’est pas idiot, car les mots sont ce qui d’une certaine manière nous caractérise. Attacher au moins un sens à un mot vaut mieux que d’en y attacher aucun vous ne pensez pas ? Alors nous avons la chance de parler en ce moment même d’un sujet vaste et qui comporte plusieurs sens et plusieurs manières de l’interpréter. Je suis à ce moment où j’écris, aussi une de ces personnes et je tenais à préciser avant tout que de mon avis, de ma définition, de mes notions du Steampunk, Cowboy Bebop IS definitely steampunk (mais pas seulement…).

 

Un classique, ça s’explique ?

Cowboy Bebop est un animé japonais  dans lequel de nombreux genres s’entre-mêlent  (on reviendra sur le pourquoi plus tard dans l’article), de nombreux éléments Steampunk, Cyberpunk, Comiques, et de Science-fiction avec une classification générale dans le style Space Western il faut l’avouer. L’animé est créé par Sunrise, qui le diffuse en 1998 sur TV Tokyo. Suite à son succès, l’animé donne naissance à deux mangas publiés dans Asuka Fantasy DX. Quelques temps plus tard, un film a été réalisé et diffusé dans le monde entier.

La série est écrite par Keiko Nobumoto, qui a participé au plus haut niveau dans certains animés connus comme Wolf’s Rain, Tokyo Godfathers ou encore Macross Plus. La direction est confiée à Shinichirō Watanabe, qui a fait parler de lui grâce à Cowboy Bebop. Il sera choisi en 2004 pour s’occuper de Samurai Champloo ou encore Eureka Seven en 2005.

La série se situe en l’an 2071, lorsque le système solaire est devenu accessible par des ponts hyperespace. En 2022, une explosion d’un pont expérimental a sévèrement endommagé la Lune provoquant des jets de débris qui ont éradiqué une grande partie de la race humaine sur Terre.  Cet événement va pousser les survivants, de la devenue inhabitable planète, à aller en coloniser d’autres, les ceintures d’astéroïdes et le satellite de Jupiter.

Mars est devenue la nouvelle remplaçante de la Terre, où les syndicats interplanétaires du crime exercent une énorme influence sur le gouvernement et ses forces de l’ordre appelé Inter-Solar System Police (ISSP). De ce fait, le système de primes de l’époque du Far West est remis en place pour lutter efficacement contre les fugitifs, les terroristes et toute sorte de criminels. Nous suivrons l’équipe du vaisseau Bebop au travers de leur aventure, de leurs moments de déprimes et de joies.

 

Cet anime a du sex appeal

Cet animé a vraiment un dessin caractéristique de la fin des années 90. C’est une époque que certains de nos plus jeunes lecteurs n’ont pas eu le temps d’apprécier, et pourtant  voilà maintenant deux décennies, la HD n’existait pas et le format de l’image était très limité. Les dessins étaient certes moins précis et l’animation moins fluide, il était plus difficile d’animer les différents plans (et pour cause on retrouve parfois des animations misent en boucle, ce qui serait la risée des plus jeunes aujourd’hui), mais le scénario et le plaisir de voir nos héros tâter du pistolet sur de la musique jazz est intarissable.

Parlez à un otaku des années 80, et parlez-lui d’Akira. Il vous répondra très certainement que c’est le meilleur animé que la vie lui ait donné de voir. Pourtant, même si certains mangas sont des pierres fondatrices du genre, il n’en reste pas moins que la technologie d’animation utilisée à cette époque est maintenant largement dépassé.

 

Cowboy Bebop est donc l’un de ces mangas très populaire qui a su s’imposer par son genre (très apprécié à cette époque). La grande particularité de cet animé (directement en rivalité et inspiré de Trigun il faut le savoir) est la diversité des éléments stylistiques qui nous font des petits clins d’œil tout au long de la série.  Comme ce côté futuriste des vaisseaux où encore ces planètes encore plus colonisées que la Terre ne l’est aujourd’hui. On y retrouve ce côté rétro des shamans, des cowboys,  des saloons ou encore des pistolets de notre époque. Ces éléments rétro sont intégrés au milieu d’éléments futuristes de même nature comme si tout semblait normal et évident. Le spectateur peut se sentir alors à la fois perdu, comme s’il y avait comme un léger problème de scénario, et à la fois surexcité par cette idée géniale. Le style vestimentaire des personnages est pour certains futuriste, pour d’autre, complètement banal, c’est-à-dire de notre époque, puis parfois il y a aussi un style dépassé datant de l’époque des cowboys. Tout y est représenté.

Bien entendu, Cowboy Bebop est aussi connu pour ses musiques jazz qui ont reçu de nombreux prix au fur et à mesure des années. Chaque épisode a un thème musical qui lui est propre et s’annonce par le titre même de l’épisode. Les titres ont été choisis minutieusement pour coller à la fois au scénario et à la musique qui lui sera associée. De cette manière, on retrouve parfois des titres comme : Sympathy for the Devil par exemple. C’est une idée fort dans l’anime car ces titres  « références » se retrouvent même dans le titre du film qui comporte le nom d’une musique de Bob Dylan très en vogue ces dernières années, Knockin on heaven’s door.

La trame scénaristique n’est pas linéaire, parfois certains épisodes sont très sentimentaux, alors que d’autres vont être plus axé sur l’action et des poursuites. Pour la grande majorité des épisodes intervient une mitigation des deux possibilités précédemment énoncées ce qui permet d’éviter au spectateur de se positionner et d’ancrer l’animé dans un genre ou un style.

 

Le casting

– Spike Spiegel :  Il est l’un des membres fondateurs du Red Dragon Crime Syndicate. C’est un maître d’arme et de combat à mains nues. Il pratique le Jeet Kune Do, qui est un système électrique hybride et une philosophie de vie inventé par le très connu Bruce Lee. Cet art est basé sur le principe suivant : mouvements minimum, vitesse extrême, effet maximum.
Il est bon pilote et possède un spacecraft appelé Swordfish II. Son œil droit est cybernétique. Il a beaucoup de flashbacks de l’époque du syndicat qui le hantent et plus particulièrement avec un de ses anciens amis avec qui il est entré en conflit : Vicious. Il se souvient aussi d’une relation amoureuse avec une certaine Julia, ce qui montre que c’est aussi un personnage très sentimental.

– Jet Black :  il est un des fondateurs du ISSP et il est le propriétaire du vaisseau Bebop. Il a quitté le ISSP à cause de la corruption et décide alors de vivre des récompenses des primes. La science ayant fortement avancé, il dispose d’une prothèse cybernétique remplaçant le bras qu’il a perdu dans les affrontements. Il possède aussi un petit vaisseau utilitaire appelé Hammerhead.
De la même manière que Spike, Jet est hanté par le souvenir de Alisa sa fiancée qui l’a laissé tomber sans aucune raison.

– Faye Valentine :  c’est une chasseuse de prime peu expérimentée qui s’est incrustée sur le Bebop sans l’avis de Jet et Spike. Elle part régulièrement du vaisseau sous les applaudissements de soulagement des deux autres. Elle finit toujours par revenir par attachement et finalement cela ne semble pas déplaire non plus à ses deux camarades. Elle dispose d’un vaisseau appelé Red Tail. Son esprit de compétitivité est équivalent à celui de Spike, ce qui fera parfois des étincelles amusantes. A cause d’un accident qui l’a obligé à rester cryogénisé pour attendre de subir une opération coûteuse, elle finira par se réveiller complètement amnésique avec de lourdes dettes pour l’opération et de son mari. Tous souvenirs de sa maison, de sa famille ou de sa vie ont disparus.

Edward : c’est une jeune fille hackeuse qui utilise l’alias Radical Edward. Elle a suivi l’histoire du Bebop et aidera à traquer les criminels s’ils l’acceptent dans l’équipe. Bien qu’intelligente, Edward reste une enfant et elle voit les membres du Bebop comme sa propre famille.

Ein : c’est un animal identifié comme un « chien à données » par le scientifique qui l’a fait. Les scientifiques l’ont utilisé pour des expériences ce qui lui a offert d’incroyable compétences. Ce chien possède une intelligence hors du commun comme parler aux autres animaux ainsi que hacker un site web. L’équipe du Bebop le considère cependant comme un chien normal et ne se rend jamais compte de ses qualités.

 

Et finalement…

Et bien finalement Cowboy Bebop est pour moi, AUSSI Steampunk. Tout dans le steampunk n’est pas une affaire de vêtement. On a tendance à rattacher ce qui est steam avec le côté stylistique du revêtement du corps, et je pense que c’est une grosse erreur. Le terme est vaste et il n’existe pas de réelle limite au mot lui-même. Certains veulent à tout prix limiter le terme pour le côté littéraire de la chose et l’ancrer dans une époque. Je suis assez contre cette idée. C’est le côté rétrofuturiste au sens large du terme qui est touché. Cowboy Bebop apporte sa forme dans ce modèle et on ne peut point le nier. Qu’on ait inventé le nom space western dans lequel il est catalogué n’enlève pas les éléments flagrants que l’on peut retrouver dans cet animé. Si cela ne vous suffit pas, faites vous votre avis en le regardant et venez partager votre avis avec nous.

Le grand point fort de cet animé dans le fond, c’est son côté culturel international. Ce que j’entends par là est que la culture japonaise et ses ‘habitudes’ et son histoire sont assez peu représentées. Cela permet au spectateur qui n’est pas japonais ou impliqué dans la culture japonaise de directement accrocher et de s’identifier aux personnages et à l’environnement. C’est principalement ce qui a fait le succès de cet animé (au-delà de tout le reste). Néanmoins, nous sommes obligés d’avouer que ce mérite n’est pas volé au vu de l’œuvre d’art que Cowboy Bebop représente !