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Films en Vrac spécial Les Animaux Fantastiques
"Pour le plus grand bien"

Appréciation de MaXoE
6
Appréciation des Lecteurs
1 / 52 / 53 / 54 / 55 / 5

Les meilleures choses ont elles aussi une fin. Ainsi donc s’achève notre Focus consacré au plus célèbre des sorciers, avec un « Films en Vrac » qui se tourne vers une nouvelle saga appartenant à l’univers du sorcier binoclard : Les Animaux Fantastiques. Cinq films en tout ont été annoncés. Cinq films dont la narration se situe entre le milieu des années 20 et 1945, soit plus d’un demi-siècle avant les aventures de Harry Potter. Deux des cinq volets sont déjà sortis sur nos écrans et le deuxième – Les crimes de Grindelwald – est encore à l’affiche.

Les Animaux Fantastiques, réalisé par David Yates

7/10

New-York, au milieu des années 1920. Norbert Dragonneau, un magizoologiste britannique, débarque sur le continent américain après avoir parcouru le reste du monde pour répertorier un bestiaire de créatures magiques extraordinaires. Cette arrivée coïncide avec la multiplication de phénomènes aussi étranges qu’inquiétants dans les rue de la métropole. Sont-ils le fait des diverses bestioles amenées par le sorcier sur le sol américain ? D’autant que certaines d’entre elles se sont malencontreusement échappées. Ou la menace vient-elle d’ailleurs ? Car dans cette ville, la communauté des sorciers est inquiétée par un groupuscule de Non-Maj (paraît-il que le terme Moldu est réservé aux british !) fanatiques : les « Fidèles de Salem ». N’y a-t-il pas un danger plus grand encore, dépassant la communauté magique comme celle des Non-Maj ? Malgré sa disparition après avoir semé le trouble en Europe, l’ombre de Gellert Grindelwald continue de planer.

Le pire était à craindre, comme à chaque fois lorsqu’il s’agit d’exploiter un filon qui a déjà beaucoup donné, ici celui de l’univers de Harry Potter. Le pire était à craindre, oui, pour les puristes de la première heure voyant leur univers magique préféré réutilisé à l’envi à des fins purement commerciales et perdant la part de mystère que J. K. Rowling avait su conserver au sujet de certains personnages, laissant à chacun le soin de faire vagabonder son imagination. Le pire était à craindre également car, nouvelle saga oblige, le volet « d’exposition » – celui qui doit introduire les personnages tout en gardant un peu d’incertitude à leur propos, poser les bases de l’intrigue mais sans trop en révéler non plus – ne dispose pas de la place la plus facile. Pourtant, Les Animaux Fantastiques parvient largement à éviter ces différents écueils. Mieux, il fait de sa première faiblesse – celle d’un univers magique largement développé – une force en introduisant des personnages tous inconnus, à l’exception de Norbert Dragonneau dont on entend parler dans la saga originelle par le biais de son manuel Vie et habitat des animaux fantastiques et de Gellert Grindelwald (qui tient une place importante dans Les Reliques de la Mort) dont l’ombre plane sur tout le film.

De la mise en place d’une nouvelle histoire à l’arrivée de personnages inédits, tout est savamment dosé dans ce premier film. On y fait avec plaisir la connaissance des sœurs Goldstein, aussi différentes que complémentaires. On s’accommode de la présence d’un Moldu (oui je dirais toujours Moldu !) parmi tous ces sorciers et qui, étrangement, ne dénote pas autant qu’on aurait pu le croire. On ne sait que trop penser de ce Percival Graves qui entretient le mystère et de son inquiétant double (non non, je vous vois crier au spoil mais je parle de Colin Farrel). On y rencontre enfin Norbert Dragonneau qui se révèle tout aussi original que ses créatures (et que son acteur Eddie Redmayne, toujours aussi talentueux) qui font d’ailleurs en partie la réussite de ce premier film. Loin d’être des laissés pour compte ne justifiant que le titre, les animaux fantastiques prennent au contraire largement le devant de la scène, offrant des scènes visuellement spectaculaires et surtout de belles respirations pleines de magie et d’humour (que dire de la danse de l’éruptif ou de la chasse au niffleur !) tandis qu’une intrigue principale, plus sombre, s’installe doucement avant d’offrir son surprenant twist final, « pour le plus grand bien » !

Les Animaux Fantastiques, réalisé par David Yates. Avec Eddie Redmayne, Katherine Waterston, Dan Fogler, Alison Sudol, Colin Farrell, Erza Miller,  … Sorti en salles le 16 novembre 2016.

 

Les Animaux Fantastiques 2 – Les crimes de Grindelwald, réalisé par David Yates

5/10

Après que Nobert Dragonneau ait révélé que Percival Graves était en réalité Gellert Grindelwald (et oui, il est là le spoil !), ce dernier est enfermé au siège du Congrès Magique des Etats-Unis, ou MACUSA pour les intimes. Quelques mois plus tard, son extradition vers l’Europe afin de répondre de ses crimes est organisée. Malgré les innombrables précautions prises par le MACUSA, Grindelwald parvient à s’évader (il les avait prévenus pourtant !) et disparaît une fois de plus. Mais par pour longtemps.

De son côté, Norbert Dragonneau – de retour en Angleterre – a publié son manuel Vie et habitat des animaux fantastiques. Toutefois, les événements survenus à New-York quelques mois plus tôt ont poussé le Ministère de la Magie britannique à lui retirer son permis de voyager et le magizoologiste ne peut donc plus parcourir le monde à la recherche de nouvelles bestioles aussi curieuses qu’attachantes. Le Ministère lui propose alors un deal : retrouver l’obscurial qui a dévasté New-York en échange de ses titres de transports, ce que Nobert refuse. Sur le chemin le conduisant chez lui, il est intercepté par Albus Dumbledore…

Si le premier volet des Animaux Fantastiques avait su éviter les travers que l’on aurait pu attendre d’un film « d’exposition », ce n°2 tombe malheureusement en plein dedans. Après la scène d’évasion plutôt réussie visuellement (il faut tout de même concéder cela) de Gellert Grindelwald, le deuxième film de la saga enchaîne les loupés. Le scénario, à force de rechercher trop de complexité, perd le spectateur dans un imbroglio de petites intrigues dont il est difficile de retrouver le fil conducteur. Les personnages de la première heure – celui de Norbert mis à part – sont délaissés au profit de nouveaux (bien trop nombreux) et dont certains n’apportent finalement pas grand chose (quid de Leta Lestrange franchement ?). Les créatures magiques, censées être la pierre angulaire de la saga, sont sous-exploitées : une scène ou deux seulement (heureusement pleines de magie) viennent justifier leur présence dans le titre du film. Enfin, la recette du twist final qui avait si bien fonctionné dans Les Animaux Fantastiques premier du nom laisse ici dubitatif.

Reste toutefois à ces crimes de Grindelwald la beauté des rues de Paris, une jolie BO (joliment chroniquée par Tof) reprenant les thèmes phares de la saga Harry Potter tout en les mêlant aux nouveaux, des liens plus étroits avec la saga originelle matérialisés notamment par Poudlard et la présence d’Albus Dumbledore (dont la nonchalance de Jude Law sied parfaitement au plus grand mage de tous les temps), mais aussi et surtout le personnage de Grindelwald justement. Un personnage inquiétant, manipulateur, subtil (l’interprétation de Johnny Depp y est pour beaucoup et, croyez-moi, je ne pensais pas redire cela de lui un jour !) et annonciateur de terribles choses.

Finalement, Les crimes de Grindelwald laisse plus de questions en suspens qu’il n’apporte de réponses, cherchant à trop préparer le terrain pour les suites, oubliant de fait son identité propre. Et ceci est loin d’être « pour le plus grand bien ».

Les Animaux Fantastiques 2 – Les crimes de Grindelwald, réalisé par David Yates. Avec Eddie Redmayne, Jude Law, Johnny Depp, Katherine Waterston, Dan Fogler, Alison Sudol, Erza Miller, Zoë Kravitz, … Sorti en salles le 14 novembre 2018.

Appréciation de MaXoE
6
Appréciation des Lecteurs
1 / 52 / 53 / 54 / 55 / 5
Les Animaux Fantastiques I & II
Support(s) : Cinéma / DVD