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Cinéma / DVD
La Vie d’Adèle – Chapitres 1 & 2 : ‘Ces plaisirs violents ont des fins violentes’

Appréciation de MaXoE
9Sélection Best Of MaXoE
Appréciation des Lecteurs
1 / 52 / 53 / 54 / 55 / 5
Deuxième partie de notre Focus, voici la critique de La Vie d'Adèle, le nouveau film d'Abdellatif Kechiche couronné (ainsi que ses deux actrice principales Adèle Exarchopoulos et Léa Seydoux, du jamais vu) par la Palme d'Or lors du dernier Festival de Cannes. Et l'oeuvre est à la hauteur de son prix. Largement.

La Vie d'AL Une

La Vie d'AL AfficheAdèle a quinze ans. Elle est lycéenne. Elle aime Marivaux, La Vie de Marianne. Elle aime manger, beaucoup. Elle mange de tout (ou presque), tout le temps. C’est elle qui le dit.

Mais Adèle se cherche. Il lui manque quelque chose. Elle a une histoire avec un garçon, mais elle ne se sent pas tout à fait à sa place. Un jour, au détour d’une rue, elle croise le regard d’une jeune fille aux cheveux bleus. « Un éclair… puis la nuit ! – Fugitive beauté dont le regard m’a fait soudainement renaître, ne te verrai-je plus que dans l’éternité ? » Elle est troublée.

Cette fille – Emma – elle la retrouve quelques temps plus tard dans un bar. Elles font connaissance. Emma est aux Beaux Arts. Elle peint. Et là, Adèle sait d’où vient son trouble. Elle tombe amoureuse. Elles tombent amoureuses. Sa vie commence…

La vie d'Adèle Deux

Peinture et sculpture

Abdellatif Kechiche est un artiste. Il n’y a pas d’autres mots. Il filme les visages, il filme les corps comme personne. Il peint. Il sculpte. Voilà un metteur en scène qui sait mettre en valeur ses comédiens. En l’occurrence comédiennes. Il les observe sous tous les angles.

Son credo ? Les gros plans. Il y a peu de plans larges dans La Vie d’Adèle. Kechiche s’attarde sur les regards. Tout son film est un portait. Un portrait d’Adèle Exarchopoulos. Elle est sublime, et la caméra vient la magnifier encore plus (si tant est que cela soit possible). Cette actrice n’a pas vingt ans, mais elle compte déjà parmi les grands. Elle est sincère. Elle est bouleversante.

Léa Seydoux est parfait elle aussi dans sa partition. Filmée de la même manière. Magnifiée de la même manière. Le duo (le couple, même) est en harmonie. Mais Adèle Exarchopoulos supplante vraiment tout. Le film, c’est elle. Elle et ce qu’Abdellatif Kechiche en a fait. Une muse. A l’instar de ce que représente Adèle pour Emma.

Les plans de Kechiche sont longs. Ils montrent tout, et pas seulement des instants du quotidien. Ils montrent le quotidien dans son ensemble. Ils vont au bout des choses. Enfin ! Enfin quelqu’un qui va au bout des choses, qui prend son temps. Peut-être à peine trop sur certaines scènes – les scènes de sexe – qui auraient mérité à peine plus de suggestion. Non pas qu’il ne faille pas les montrer, bien au contraire. Mais quelques minutes suffisent au spectateur pour comprendre.

Cette manière de filmer en plans très serrés et longs, faisant des portraits de tous ses personnages, c’est la marque de fabrique de La Vie d’Adèle. Les émotions sont palpables. Elles n’ont jamais été aussi proches du spectateur.

La Vie d'Adèle Trois

Puissance des sentiments

Ce qui ressort de La Vie d’Adèle, ce sont les émotions. Les sentiments. Le film n’est fait que de ça. En cela, cette manière de filmer si particulière – tout en gros plans – est parfaite. La caméra capte une courbe. Elle attrape un regard.

Tout, pour ainsi dire, passe par les regards. Ou presque. Ces regards qui nous parlent d’amour, de passion. Jamais une histoire d’amour n’a paru aussi belle. Jamais une rupture n’a fait aussi mal. Elle est un coup de poignard au cœur, comme si le spectateur était entrain de la vivre. Peut-être parce qu’il l’a déjà vécu…

Le cinéma de Kechiche est un cinéma de la vie, un cinéma du quotidien. Les émotions sont belles. Elles sont intenses. Elles sont violentes. Comme le coup de foudre que connaît Adèle. Tellement puissant que sa fin l’est tout autant. Ainsi, l’intérêt du film n’est pas son histoire mais bien la manière dont les personnages s’y confrontent.

Les trois heures s’achèvent, et l’on en redemande. Parce que ce film est sublime. Parce que ses actrices sont sublimes. Parce que ce qu’il y a de plus beau dans la vie, ce sont les émotions. Des émotions que Kechiche a su transmettre. Ces trois heures s’achèvent et laissent un goût d’inachevé. Comme le roman inachevé de Marivaux – La Vie de Marianne – qu’Adèle étudie au début du film. Adèle part. Sa vie n’est pas encore achevée.

Appréciation de MaXoE
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1 / 52 / 53 / 54 / 55 / 5

Oubliez la polémique, elle n'en vaut pas la peine. Il est d'ailleurs étonnant de voir que le réalisateur et ses actrices qui se déchirent aujourd'hui ont su créer une telle osmose à l'image. Le film est beau. Le film est passionnel. Le film est violent. A l'instar de son histoire d'amour, il brûle. C'est un chef-d'oeuvre.
ON A AIMÉ !
- Adèle Exarchopoulos
- L'intensité des émotions
- L'amour
- La rupture
ON A MOINS AIMÉ...
- Le manque de suggestion de certaines scènes (mais qui est volontaire)
La Vie d'Adèle - Chapitres 1 & 2
Support(s) : Cinéma / DVD
Réalisation : Abdellatif Kechiche
Scénario : Abdellatif Kechiche et Ghalya Lacroix, d’après le roman graphique de Julie Maroh
Casting : Adèle Exarchopoulos, Léa Seydoux, Salim Kechiouche, Mona Walravens, Jérémie Laheurte, …
Durée : 2h 59min
Genre : Comédie dramatique
Sortie en France : 09/10/2013
Distribution : Wild Bunch Distribution
Production : Quat'sous films et Wild Bunch