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Le Château Ambulant : deux avis, sinon rien !

NOTE DE MaXoE
8
VOTE DES LECTEURS
1 / 52 / 53 / 54 / 55 / 5
Exception faite de Princesse Mononoké, l'omniprésence de machines et autres inventions originales faisant souvent référence au genre Steampunk est un classique chez Hayao Miyasaki. Difficile donc de passer à côté pour cette quinzaine ! D'autant que cela permet de se replonger dans l'un de ses plus beaux films.

Château Ambulant Une

 

 

Château Ambulant Affiche

Dans un monde où les sorciers, démons et autres créatures aussi magiques que maléfiques sont légion, Sophie – dix-huit ans, et travaillant dans une boutique de chapelier – fait la connaissance de Hauru le Magicien qui la sauve in extremis d’une situation délicate. Suite à cet évènement, la Sorcière des Landes – aussi amoureuse de Hauru qu’elle ne le déteste en même temps – jette un sort à Sophie, la transformant en une vieille femme de quatre-vingt dix ans. Et lui interdisant qui plus est (par ce même sort) de révéler ce qui lui arrive à qui que ce soit.

Sophie part donc à la recherche de la seule personne capable de la délivrer de ce sortilège : Hauru. C’est dans les montagnes qu’elle tombe sur le château de ce dernier. Le Château Ambulant. Un château fait de bric et de broc. Un château qui, en plus de pouvoir se mouvoir grâce au démon du feu – Calcifer – se trouvant à l’intérieur, permet de se rendre dans un lieu différent dès que l’on en passe le seuil. Il suffit juste pour cela de changer la couleur du verrou de la porte d’entrée.

Arrivée au château, Mamie Sophie va s’atteler à lui redonner vie. Tout comme elle va tenter de découvrir qui se cache véritablement derrière cet être si superficiel et vaniteux qu’est le beau Hauru. Ce qui ne sera pas de tout repos. D’autant qu’une guerre avec le pays voisin est imminente…

Château paysage

 

L’avis de Julie

Ce qu’il y a de bien avec Hayao Miyasaki est le fait que ses créations ne tombent jamais dans la facilité. Pas de scénarios vides. Pas de personnages manichéens. Pas de clichés. Pas de morale bien pensante. Et même si certains de ses films supplantent largement le reste de son œuvre (avec un Princesse Mononoké se situant indéniablement au sommet), il trouve toujours le moyen de surprendre le spectateur.

Déjà, la poésie est toujours de mise chez ce grand maître de l’animation. Et Le Château Ambulant ne déroge pas à cette règle. Bien au contraire. Il constitue même très certainement l’un des éléments les plus poétiques du réalisateur. L’histoire – librement inspiré d’un roman de Diana Wynne Jones (rendons à César…), Le Château de Hurle – est d’une rare beauté. Certes, le scénario est un brin alambiqué à certains moments (le conflit politique sans réel fondement, les luttes de pouvoir entre sorciers et magiciens, les trahisons), manifestant sans doute d’une volonté de trop bien faire. Mais tout cela gravite autour d’un seul et même point : le combat acharné de Sophie pour redonner un cœur (au sens propre comme au figuré) au magnifique Hauru. Car si ce dernier en fait le reproche à ses ennemis, c’est en réalité lui qui a oublié le goût des larmes. Et le rôle de Sophie est de lui rappeler son côté humain. Côté qu’il a volontairement effacé au profit de son aspect maléfique. Et c’est cet être dénué de sentiments que la jeune (vieille ?) femme va peu à peu ramener à la vie.

Hauru et Sophie (ainsi que cette touchante histoire d’amour qui prouve une fois de plus qu’avec un peu – beaucoup ? – de volonté, rien n’est impossible) sont ainsi clairement l’âme du Château Ambulant. Mais les autres personnages (Navet, Marco, Hin le chien, la Sorcière des Landes) ne sont pas en reste. Ils sont, au contraire, de jolies virgules humoristiques dans ce film parfois sombre. Notamment lorsque l’aspect maléfique de Hauru se manifeste. Tous les personnages font preuve d’un certain relief donc. Tout comme d’une certaine poésie (toujours !).

Et la poésie, comme à chaque fois chez Miyasaki, ne passe pas uniquement par l’émotion. Elle passe aussi par les yeux. La beauté des images provoque littéralement des frissons. Les paysages sont somptueux. Et ce château totalement singulier est le reflet de toute l’ingéniosité de son artisan (Miyasaki, mais aussi Hauru). On ne sait comment il tient encore debout, ni comment il avance. Autrement que grâce à la magie. Comme toutes ces machines vaporeuses de l’ère industrielle qui furent une révolution à leur époque. Son genre Steampunk apporte la juste dose d’originalité et de douce folie à cette histoire où les sentiments sont rois. Et puis ça donne aussi carrément envie d’en avoir un à soi ! (Et si, par la même occasion, on pouvait livrer Hauru avec, ça serait parfait !!!).

Sous tous ses aspects, ce film d’animation est une invitation à l’émerveillement. Et son château improbable prouve bien que l’imaginaire est sans limite.

Hauru Sophie

L’avis de Tof

Le Château Ambulant rassemble tout le savoir-faire des studios Ghibli. On y retrouve les thèmes chers à ces magiciens de l’animation. La guerre, bien sûr, mais aussi les incontournables conflits de la filiation. On y aborde aussi l’amitié et sa soeur jumelle, la trahison. Et puis, au travers d’un mauvais sort jeté sur notre héroïne, les auteurs posent un oeil attendri sur le temps qui court.

Leur talent graphique s’exprime pleinement, comme d’habitude. Chaque personnage a sa propre patte. Sophie oscille merveilleusement entre jeunesse et âge mûr, elle prend clairement la place la plus tendre dans ce récit. Même le château a sa personnalité graphique, il est steampunk de la cave au grenier. Son animation est excellente avec ses différentes parties qui semblent vouloir se faire la malle à tout moment. Vous apprécierez aussi les paysages, magnifiques avec tous ces détails animés. C’est du Ghibli à n’en pas douter.

Le scénario ne propose pas forcément une trame complexe mais il est parfois difficile de suivre l’enchaînement des événements en raison de petites maladresses de narration. C’est quasi le seul reproche que l’on peut faire à cet animé.

Le talent du studio est ailleurs, il est dans l’ambiance, dans la finesse des moments, dans la contemplation des choses simples. Comme souvent, ils préfèrent nous immerger dans un contexte. Ici tout repose sur les rencontres, notamment celle de Sophie avec Hauru. Ils proviennent de mondes tellement différents qu’il est difficile d’imaginer qu’ils puissent entrer en résonance. Mais au final, ce duo est la pierre angulaire du film, la source de toutes les émotions. Les personnages qui les entourent ne sont que des faire-valoir indispensables à la mise en relief de l’association de deux âmes.

En résumé, c’est encore une fois une réussite totale, on se laisse embarquer dans ce château car quelle que soit la route qu’il emprunte, le voyage est délicieux.

 

NOTE MaXoE
8
VOTE DES LECTEURS
1 / 52 / 53 / 54 / 55 / 5

Il n'y a pas d'âge pour croire encore au merveilleux. Et c'est ce que Hayao Miyasaki prouve une fois de plus ici avec ce Château Ambulant. Qui n'est rien de moins qu'un vrai bijou pour le coeur. Et pour les yeux !
ON A AIMÉ !
- La poésie de l'histoire
- Ce château ambulant surprenant
- La beauté visuelle
- Hauru !
ON A MOINS AIMÉ...
- Un petit manque de clarté dans le scénario parfois
Le Château Ambulant
Support(s) : Cinéma / DVD
Réalisation : Hayao Miyasaki
Scénario : Hayao Miyasaki, d'après une adaptation libre du roman de Diana Wynne Jones
Casting : Chieko Baisho, Takuya Kimura, Akihiro Miwa,...
Durée : 1h 59min
Genre : Animation
Sortie en France : 12/01/2005
Musique : Joe Hisaishi, Youmi Kimura
Distribution : Toho
Production : Rick Dempsey, Ned Lott, Toshio Suzuki, John Lasseter et Hayao Miyazaki

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