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Avant Première Sin City : J’ai tué pour elle

Jeudi 11 Septembre avait lieu l’avant-première de Sin City : J’ai tué pour elle. Deuxième volet adapté des Comics de Franck Miller et toujours réalisé par Robert Rodriguez. Ces deux derniers étaient présents ce jour-là pour une master-class exceptionnelle à la suite du film projeté à l’UGC Ciné Cité les Halles à Paris. Et nous y étions.

Sin City

Après 1h42 de passions meurtrières, de sang et de larmes, le rideau tombe. La salle est comble et surtout, comblée. Le réalisateur texan, génie polyvalent (réalisateur, scénariste, producteur, monteur, compositeur, directeur de la photographie, superviseur des effets spéciaux, cadreur et chef-décorateur) vient se poser dans son fauteuil d’un air aussi confiant que nonchalant. Franck Miller, très affaibli dernièrement par une maladie dont on ne communique pas ou peu d’informations, fera son entrée en fauteuil roulant, chaleureusement salué par les nombreux fans présents. Même depuis le 33ème rang de l’immense salle, on peut néanmoins ressentir le mystérieux charisme du personnage. Chapeau noir vissé sur la tête et regard vif, le dessinateur est indéniablement un pilier emblématique de la bande dessinée, et personne ne dira le contraire.

Les deux hommes sont différents mais donnent le sincère sentiment d’être aussi complémentaires que complices. Au fil des questions, on comprend bien que Rodriguez a été le seul homme en mesure de répondre aux attentes du dessinateur. Il était hors de question de trahir l’esprit des Comics, mais retranscrire à l’écran l’aspect graphique original de Sin City relevait presque de l’impossible. Seul Rodriguez avait l’ambition, l’humilité et les capacités techniques pour accomplir cette lourde tâche. Il ne reculera donc devant rien pour convaincre Miller d’adapter le plus fidèlement possible son oeuvre la plus personnelle.

Avant Première Sin City : J'ai tué pour elle

Et on le comprend d’autant plus lorsqu’on lit entre les lignes : une profonde rancoeur envers les studios hollywoodiens et toute l’industrie qui y est rattachée. Franck Miller a un goût amer lorsqu’on aborde des sujets sensibles. Il avait redonné vie au personnage de Daredevil durant 42 épisodes pour Marvel Comics. Le film de 2003 fut clairement risible pour un grand nombre de fans. Mais il fut aussi très actif pour DC Comics où il scénarise et dessine Batman: Dark Knight en 86. Donc lorsqu’on lui demande ce qu’il pense de Ben Affleck pour interpréter le nouveau héros qui lui est cher, il répondra avec un certain air de lassitude: « Je n’en pense rien. Je m’en fous en fait. Je ne vais même pas voir ce genre de films pour tout vous dire. » Le ton est donné. Le message est clair.

Mais cela ne s’arrête pas à Miller. Robert Rodriguez évoquera lui aussi les difficultés qu’il a eues à produire le premier comme le second volet de Sin City. Fait assez rare pour soulever des interrogations : quelles ont été les raisons qui ont bien pu justifier neuf ans d’écart entre les deux films ? Les contraintes de production avant tout. Robert Rodriguez avoue avoir longtemps ramé pour pouvoir donner vie à cette suite. Mais lorsqu’on l’entend parler avec une certaine émotion d’une scène du film à la beauté visuelle aussi époustouflante que décalée, on comprend que rien n’aurait pu entraver un projet qui lui est aussi cher. C’est donc spontanément que le film sera entièrement tourné dans les studios Troublemaker à Austin au Texas, dont il est le propriétaire. Les acteurs viendront tour à tour jouer leur scène sur fond vert. Rodriguez confiera d’ailleurs avec amusement que le casting se croise à l’écran mais rarement en réalité : pouvoir du numérique, magie du montage. Frank Miller précisera que réunir un casting aussi impressionnant au fond du Texas n’est pas si compliqué : « Les acteurs adorent tellement se déguiser et jouer les bad boys et bad girls. Ce sont de grands enfants vous savez.. »

Avant Première Sin City : J'ai tué pour elle

En ce qui concerne un troisième volet, la réponse est aussi simple que pragmatique: « Si le public et les fans nous soutiennent, on enchaîne sur un troisième. D’ailleurs, on a plein d’idées pour développer les personnages et l’univers… » Et s’en suit un développement sur tel protagoniste de tel comics qui pourrait être intéressant à approfondir. En plus d’être un tandem de créatifs passionnés, Franck Miller et Robert Rodriguez sont des affranchis. A l’image de leurs personnages, ils sont une sorte d’anti-héros du cinéma d’aujourd’hui. Peu importe ce que l’on pense de Sin City, ça n’en reste pas moins un coup de fusil à pompe dans les codes bien huilés du cinéma d’action.

La critique du film sera bientôt à suivre dans notre Focus consacré à Sin City !