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Dystopie et adolescence : L’univers des Hunger Games
Puisse le sort vous être favorable

Un jeu imposé, vingt-quatre candidats et un principe très simple : s’entre-tuer jusqu’à ce qu’il n’en reste qu’un. Sympathique, non ? Rassurez-vous, ceci ne fait pas (encore) partie de notre réalité. Il s’agit d’une dystopie, celle imaginée par Suzanne Collins : ‘Hunger Games’. D’abord trilogie littéraire (publiée entre 2008 et 2010) destinée à un public adolescent, cette saga a ensuite été adaptée au cinéma entre 2012 et 2015. A l’occasion de notre Focus Spécial consacré aux dystopies, un petit retour sur ce phénomène mondial s’impose !

Avant d’évoquer l’adaptation – ou plutôt les adaptations – au cinéma de cette dystopie, rendons à César ce qui est à César (ici Suzanne Collins) puisque Hunger Games est avant tout une trilogie littéraire. Une trilogie dont le premier tome avait été présenté dans nos colonnes il y a maintenant quelques années :

Sur les ruines de ce qui était autrefois les États-Unis d’Amérique s’est construit l’État de Panem. Un État autoritaire dont le pouvoir central – situé au Capitole –  exerce son hégémonie sur ses différents Districts. Douze Districts. Il y a des décennies de cela, ils étaient au nombre de treize et se sont soulevés contre la toute puissance du Capitole. La répression fut terrible, le District Treize rasé et depuis lors le Capitole n’a de cesse de rappeler à la population de Panem qu’elle est sous son contrôle total. Pour cela, il utilise les « Hunger Games » – un jeu télévisé impitoyable où une fille et un garçon âgés entre douze et dix-huit ans et issus de chacun des Districts sont lâchés dans une arène en milieu naturel et tenus de s’affronter. C’est un combat à mort et il ne doit en rester qu’un.

Ce qui suscite surtout l’intérêt de ce roman, c’est le fond. Le propos. Cette Amérique post-apocalyptique soumise à la terreur. L’aspect politique est intéressant et plutôt bien abordé. Tout comme la critique de notre société actuelle, livrée aux médias, par ces jeux terribles que sont les « Hunger Games ». De cette télé-réalité qui se développe de plus en plus, avec des principes de plus en plus extrêmes. Et là, le livre questionne. Il questionne sur notre société de consommation. Il questionne sur la manière dont un gouvernement, quel qu’il soit, exerce son contrôle sur le peuple. 

Hunger Games I – Suzanne Collins – Éditions Pocket Jeunesse

 

Hunger Games (Gary Ross, 2012)

Dans une Amérique du Nord post-apocalyptique connue sous le nom de Panem, le Capitole exerce un pouvoir autoritaire et répressif sur les douze districts qui la composent. Il y a soixante-quatorze ans de cela, un treizième district existait. Mais suite à une rébellion contre le Capitole et dans laquelle il avait entraîné avec lui les douze autres, le district treize fut rasé. Depuis lors, le Capitole organise tous les ans les « Hunger Games », un jeu télévisé national que toute la population est contrainte de regarder. Il consiste à tirer au sort au sein de chacun des districts une jeune fille et un jeune garçon âgés entre douze et dix-huit ans. Les vingt-quatre désignés volontaires (appelés les Tributs) se livrent alors en direct pendant plusieurs jours un combat à mort jusqu’à ce qu’il n’en reste qu’un. Le but ? Rappeler à Panem sa rébellion d’autrefois et que son sort est entre les mains de son gouvernement. Une stratégie d’intimidation en somme…. District douze. Le dernier. Le plus pauvre. La Moisson de la soixante-quatorzième édition des « Hunger Games » – qui consiste en la désignation des deux Tributs – est imminente. Primrose Everdeen vient d’avoir douze ans. Elle est inscrite pour la première fois à La Moisson. Elle a peur d’être désignée. Sa grande sœur de seize ans, Katniss, lui jure que tout ira bien.

La S-F a maintes fois traité les dérives d’une société décadente, suffisamment pour tenter d’amuser les foules avec le sang humain. Mais ce qui change la donne ici – et c’est ce qui nous a plu, comme en témoigne ce double avis – c’est que ce sang soit celui de la jeunesse. Cela donne une teinte dramatique bien plus palpable. Quand la société sacrifie sa jeunesse, que lui reste-t-il comme avenir ?

Hunger Games, réalisé par Gary Ross. Avec Jennifer Lawrence, Josh Hutcherson, Woody Harrelson, Stanley Tucci, Lenny Kravitz, …

 

Hunger Games – L’Embrasement (Francis Lawrence, 2013)

Panem. District 12. Après avoir remporté de concert la soixante-quatorzième édition des « Hunger Games », Katniss Everdeen et Peeta Mellark sont installés avec leurs familles respectives au Village des Vainqueurs. Et depuis, ils s’ignorent. Comme si rien de tout cela n’était arrivé. Katniss a recommencé à chasser dans les bois avec son ami Gale, cherchant à oublier l’horreur de ce qu’elle vient de vivre.

Mais la Tournée des Vainqueurs est imminente. Elle implique pour Katniss et Peeta de faire le tour des différents Districts de Panem afin de rendre hommage aux vaincus, mais aussi et surtout de porter la voix du Capitole – rappelant ô combien le peuple est à la merci du gouvernement. Ils se doivent donc de jouer le jeu du petit couple filant le parfait amour, ce que ne manque pas de répéter le Président Snow à Katniss. Car il semblerait que par son attitude lors des Jeux, celle-ci doit devenue une menace. Une étincelle qui pourrait potentiellement permettre à tout Panem de s’embraser. Une nouvelle fois.

Malgré un changement de réalisateur, ce deuxième volet reste dans la droite ligne du premier avec toujours la même violence, tant dans les images que dans le propos. La menace plane. La répression est de plus en plus forte. Et les nouveaux « Hunger Games » bien plus cruels que les précédents. Plus encore que sur les Jeux eux-mêmes, c’est sur l’aspect politique que la violence est la plus présente. Un aspect politique mieux développé que dans le film précédent, le rendant plus mature et surtout plus réussi selon notre avis. Un avis que tof avait gentiment accompagné de sa Playlist.

Hunger Games – L’Embrasement, réalisé par Francis Lawrence. Avec Jennifer Lawrence, Liam Hemsworth, Josh Hutcherson, Woody Harrelson, Philip Seymour Hoffman, …

 

Hunger Games – La Révolte (Francis Lawrence, 2014 Partie I & 2015 Partie II)

L’arène des jeux est détruite. Le District 12 est rasé. Katniss – grâce au concours d’une alliance travaillant dans l’ombre contre le Capitole – a pu rejoindre le District 13 qui, contrairement à la propagande orchestré par le Président Snow, n’a pas été réduit en cendres lors de la dernière révolte. Non, depuis tout ce temps, sa population a pris ses quartiers sous terre afin de se reconstruire et préparer sa revanche vis-à-vis du régime totalitaire mis en place par le Capitole. Tout, dans le District 13, est rigoureusement orchestré, des attributions de chacun aux portions des repas, en passant par des emplois du temps millimétrés.

Catapultée au milieu de tout cela, Katniss a du mal à s’adapter. Déjà parce qu’elle ne se remet pas des jeux, mais également parce que Peeta n’est pas là. Il est retenu en otage par le Capitole. Et Katniss ne vit plus que pour une chose : retrouver Peeta en vie. Elle passe pour cela un marché avec la Présidente Coin – dirigeante du District 13. Elle accepte de devenir le Geai Moqueur, symbole de la rébellion qui touche à présent la quasi-totalité des Districts. La propagande s’organise.

Une des qualités des deux premiers Hunger Games est le fait que ces films prennent le temps. Le temps d’installer. Le temps d’expliquer. La Révolte Partie I est dans cette droite ligne, même si l’on change complètement d’univers. Le temps n’est plus aux jeux de la faim. Le temps est au soulèvement. Un soulèvement qui s’organise de manière rigoureuse. Le totalitarisme du Capitole – où les nantis ponctionnaient les ressources du reste de la population divisée en castes – a laissé place à un totalitarisme militaire mené d’une main de fer par la dirigeante du District 13. Si la question n’est que suggérée, elle est néanmoins présente : à quoi bon se révolter contre un système s’il faut pour cela utiliser les mêmes armes ? Soumission, oppression, propagande.

Si cette Partie I (aussi réussie que les deux précédents volets de notre point de vue) préparait intelligemment le terrain pour la fin, la Partie II fut malheureusement le film de trop. Un film axé sur les scènes d’action, décousu dans son récit et qui laisse de côté la question politique, pourtant centrale. A notre avis, le mieux est d’oublier ce dernier film en se souvenant que, grâce aux trois premiers, Hunger Games reste globalement une franchise de qualité.

Hunger Games – La Révolte Partie I & II, réalisé par Francis Lawrence. Avec Jennifer Lawrence, Josh Hutcherson, Liam Hemsworth, Woody Harrelson, Philip Seymour Hoffman, Julianne Moore, …

Un dernier mot s’il y a parmi vous des aficionados des jeux sur téléphone : l’un des films a eu droit à son adaptation sous forme de jeu de cartes mobile. Pour plus d’infos, c’est ici !