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Festival Cinéma Espagnol et Latino Américain : L’interview des organisatrices de l’événement
Rencontre avec les organisatrices du festival

Nous avons rencontré les organisatrices du Festival Espagnol et Latino Américain de Valence. Marie-Pierre Bossan, Christelle Guignot et Delphine Léger qui sont aussi professeures d’espagnol et passionnées de cinéma.

Comment vous est venue l’idée de monter ce festival de cinéma ?

Marie-Pierre Bossan : J’ai créé ce festival il y a dix-neuf ans quand je suis arrivée à Valence, je suis passionnée de cinéma et j’avais envie de faire quelque chose autour du cinéma espagnol, je suis allée voir le cinéma Le Navire [lieu où se déroule le festival, NDLR],  le projet leur a tout de suite plu. La première année c’était une programmation courte avec cinq films et 300 spectateurs, aujourd’hui ça dure neuf jours, on a plus de 40 films en 150 séances et 6 000 spectateurs. Pendant une quinzaine d’années j’ai fait ça toute seule, j’ai voulu structurer l’organisation parce que ça devenait lourd et que j’avais envie de plus d’ambition sur le format du festival. J’ai rencontré des passionnés de cinéma et depuis quatre ans on fonctionne ainsi avec l’association Chispa.

Comment se déroule la sélection des films projetés au festival ?

M.B. : Pour la sélection, nous sommes un peu contraints par la distribution française, on prend les films qui sont distribués en France presque d’office parce qu’il n’y  a pas tellement de films espagnols distribués mais plus de films du cinéma latino américain, comme les films argentins par exemple. Ensuite il y aussi des inédits, des films que l’on achète en Espagne et là il faut bien les sélectionner car cela nous coûte plus cher. Pour cela on en visionne toute l’année notamment grâce aux liens vidéo que les distributeurs nous envoient pour nous aider à sélectionner. Notre objectif est de choisir des films pour proposer un programme large et diversifié destiné à un public de cinéphiles et pas forcément uniquement hispaniques, on veut qu’il y en ait pour tous les goûts.

Christelle Guignot : Forcément il y a des noms incontournables comme Almodovar ou Pablo Larrain [réalisateur chilien, NDLR], ce sont des valeurs sûres et s’il y a une sortie nationale d’annoncée, on les prend d’office. On propose aussi des choses plus pointues qui ne sont pas forcément distribuées encore en France et qu’on achète à l’ICAA qui est l’équivalent du CNC (Centre national du cinéma et de l’image animée) en France.

Pouvez-vous nous parler des invités de cette édition ?

M.B. : Dès la première année nous avions des invités, c’était pour nous une évidence pour que le public puisse échanger après les séances. Cette année nous avons sept invités, dont Antonio De La Torre qui est notre invité d’honneur [présentation du film Abracadabra dans lequel il joue, NDLR], c’est l’un des acteurs qui tourne le plus en Espagne. Ensuite nous avons Quentin Ravelli qui viendra présenter Bricks, un documentaire sur la crise en Espagne, Julia Solomonoff réalisatrice argentine qui viendra parler de Nadie nos mira (Personne ne nous regarde) et Natalia Orozco, journaliste colombienne, pour un documentaire sur le processus de paix entre les FARC et le gouvernement colombien. Il y aura aussi des spécialistes de cinéma comme Jean-Paul Aubert président du Grimh (Groupe de réflexion sur l’image dans le monde hispanique) qui viendra parler du cinéma espagnol des années 70.

C.G : Il y aura aussi Janice Argaillot, spécialiste du cinéma de Cuba qui interviendra sur le documentaire de Renaud Schaak Cuba rouges années qui s’intéresse au processus de changement de la société cubaine des années 60. Nous avons cette volonté aux Regards d’organiser des séances engagées permettant de susciter des débats qui en général ont du succès.

C’était une évidence pour vous d’organiser des séances pour les scolaires ?

Delphine Léger : Si on le propose aux scolaires c’est que justement il y a beaucoup d’élèves qui ne sont pas habitués à ce genre de cinéma. J’enseigne à des lycéens et plus de la moitié d’entre eux n’ont jamais vu un film en version originale sous-titrée et du coup cette première expérience de voir des films en langue étrangère  les marque, et puis le cinéma c’est une ouverture à la culture qui permet aussi d’avoir un support d’étude et de pouvoir plonger dans la réalité d’un pays, Espagne ou autres et de créer des échanges avec les élèves.

Quel est le film ou réalisateur latino américain / espagnol qui vous a marqué ?

C.G. : Le réalisateur mexicain Alejandro Gonzalez Inarritu, notamment pour Amours chiennes qui a été pour moi un choc.

D.L. : Récemment j’ai revu Blancanieves de Pablo Berger et j’ai toujours autant de plaisir à voir ce film, c’est un film muet en noir et blanc qui peut être difficile d’accès et pourtant c’est un chef d’œuvre.

La préférence entre Amours chiennes et le dernier Inarritu, The revenant ?

C.G. : Amours chiennes sans hésiter ! On ne va pas dire qu’il est en train de se perdre mais déjà depuis Birdman, ces derniers films changent beaucoup. Il y a toujours une recherche technique mais je préfère  ce qu’il a fait au Mexique.

Merci à Marie-Pierre Bossan, Christelle Guignot et Delphine Léger d’avoir répondu à nos questions.