MaXoE Festival 2019MaXoE Festival 2019 MaXoE Festival 2019
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MaXoE Festival 2019 : La Sélection Cinéma – Catégorie Drame
Une sélection pour quatre festivals

Première des trois catégories de la Sélection Cinéma présentée dans le cadre de notre 6e édition du MaXoE Festival (déjà !), la catégorie Drame est celle qui totalise le plus de films retenus. Des films avec tous le même point commun, puisque chacun d’entre eux est issu d’un festival dédié au 7e Art. Trois ont fait partie de la sélection cannoise en 2018 (dont la Palme d’Or !). Quant aux trois autres, ils ont respectivement été présentés à Valence dans le cadre du Festival Regards 2019, à la Mostra de Venise 2018 et à la Berlinale 2019.

Dogman, de Matteo Garrone

Prix d’Interprétation Masculine du Festival de Cannes 2018Marcello Fonte est Marcé, un toiletteur pour chien dans une banlieue italienne. Il est heureux d’avoir sa propre boutique et de pouvoir s’occuper de ses chiens avec passion, des grands, des petits, des drôles,  des chiens méchants, des chiens gentils. Sa fille vient parfois l’aider à shampouiner les toutous. Marcé parle avec elle de voyages et grâce à quelques économies ils vont pouvoir s’échapper de cette vie rude et découvrir la plongée sous marine. De retour de prison, Simoncino (Edoardo Pesce), petit truand violent et accro à la cocaïne, entraîne Marcé dans une spirale criminelle irréversible. De sa vie paisible et simple, Marcé va alors connaître la trahison, l’abandon et la perte de ses repères.

Mélangeant polar et drame social, Dogman est un film sur les conséquences de la peur sur l’homme. Parfaitement symbolisées par le personnage de Marcé, fragile et impuissant face à cette violence qui nous semble inévitable, ces conséquences sont une nouvelle fois excellemment mises en scène par le cinéaste italien Matteo Garrone. C’est en tout cas l’avis de Youri !

Dogman, réalisé par Matteo Garrone. Avec Marcello Fonte, Edoardo Pesce, Alida Baldari, Adamo Dionisi, … Sorti en salles le 11 juillet 2018.

 

Donbass, de Sergei Loznitsa

Le Donbass est une région de l’Ukraine rongée par une guerre d’usure où se mélangent propagande, pluies d’obus, chefs de guerre corrompus et détresse totale de la population civile. Personne ne sait plus pourquoi il se bat, et la notion d’Etat est devenue inexistante. 

Si son sujet est l’une des forces de ce film, Donbass est aussi extrêmement percutant dans sa forme, mettant brillamment en scène des suites de sketchs tragi-comiques. Ainsi, le réalisateur fait le choix de filmer le plus souvent caméra à l’épaule de longs plans-séquences qui s’enchaînent d’un personnage à l’autre, sous une forme presque théâtrale et souvent absurde, et qui vous interpellent sur le comportement de l’être humain dans ses pires moments. Ce choix audacieux (beaucoup apprécié par François lors de la projection cannoise du film) aura d’ailleurs permis au cinéaste ukrainien Sergei Loznitsa de remporter le Prix de la mise en scène du Certain Regard 2018.

Donbass, réalisé par Sergei Loznitsa. Avec Boris Kamorzin, Valeriu Andriutã, Tamara Yatsenko, … Sorti en salles le 26 septembre 2018.

 

First Man, de Damien Chazelle

Le 21 juillet 1969, un homme marche pour la toute première fois sur la Lune. Cet homme dont tout le monde connaît aujourd’hui le nom, c’est Neil Armstrong. Quelques années plus tôt, Armstrong – considéré par ses supérieurs comme un pilote d’essai un peu trop distrait – vit un drame familial qui le marque profondément. Et qui le conduit à intégrer la NASA.

Les claquettes de la cité des anges et la batterie de Whiplash ont décidé de laisser leur place à la conquête spatiale. Un grand écart pour le cinéaste ? Pas vraiment selon nous. Il n’y a ni fond vert, ni IMAX, ni effets spéciaux à outrance dans First Man mais de la caméra à l’épaule, des décors et du 35mm. Au lieu de tomber dans la facilité du blockbuster, Damien Chazelle livre un film à la mise en scène minimaliste et bien plus intimiste que spectaculaire. Fidèle à ses précédentes œuvres, Chazelle fait de First Man un film centré sur les émotions, ancré dans une époque, prouvant par la même occasion que les images de synthèse sont loin d’être indispensables au grand spectacle. D’ailleurs, grâce à la force de sa mise en scène, il vient déjà de rendre la VR obsolète.

First Man, réalisé par Damien Chazelle. Avec Ryan Gosling, Claire Foy, Jason Clarke, Corey Stoll, Kyle Chandler, … Sorti en salles le 17 octobre 2018.

 

Une affaire de famille, de Hirokazu Kore-eda

Le film s’ouvre sur le jeune Shota (Kairi Jyo) et celui qui se présente comme son père, Osamu Shibata (Lily Franky). Ils se retrouvent à l’entrée d’un supermarché et se préparent à chaparder un peu de nourriture pour le repas du soir. Osamu et Shota ne font pas cela pour le plaisir, Osamu est ouvrier dans le bâtiment et sa femme Nobuyo (Sakura Andô)  travaille dans une blanchisserie. Leurs maigres salaires ne suffisent pas pour nourrir la famille. Alors tout le monde trouve des combines pour mettre un peu de beurre dans les épinards. Aki Shibata (Mayu Matsuoka), la grande sœur de la famille, joue les escort-girl dans un club pour adultes tandis que la grand-mère fraude les assurances pour toucher une petite pension. Un soir, de retour d’une nouvelle expédition de vols à l’étalage, les deux complices recueillent une petite fille, Juri (Miyu Sasaki), qui semble être abandonnée. D’abord réticente à l’idée d’abriter l’enfant pour la nuit, la femme d’Osamu accepte de s’occuper d’elle lorsqu’elle comprend que ses parents la maltraitent. Malgré leur extrême pauvreté, la famille Shibata semble être heureuse. Jusqu’au jour où un incident viendra dévoiler brutalement ses secrets.

Doté d’une mise en scène discrète et plein de sensibilité de l’avis de Youri, Une affaire de famille se coupe en deux parties. Dans la première on prend le temps de découvrir chaque membre de la famille et son parcours. Cette découverte se fait presque à la manière d’un documentaire, comme si le réalisateur, Kore-Eda, avait posé ses caméras dans l’appartement d’une famille japonaise pas comme les autres. Il nous laisse percevoir, sans scènes larmoyantes ou superficielles, comment fonctionne chaque membre de cette famille pour survivre dans une société qui les a exclu. La deuxième partie du film est plus violente. La réalité va dévoiler des secrets parfois lourds et détruire le peu de bonheur existant. On change de registre avec une mise en scène plus directe, rythmée par des interrogatoires. Le quotidien déjà rude de cette famille va évoluer vers un sacrifice par amour. A partir de cet instant, nous nous posons la question de la signification du mot famille. Les liens du cœur peuvent-ils être plus forts que les liens du sang ?

Une affaire de famille, réalisé par Hirokazu Kore-eda. Avec Lily Franky, Sakura Ando, Mayu Matsuoka, Kiki Kirin, … Sorti en salles le 12 décembre 2018.

 

Grâce à Dieu, de François Ozon

Catholique pratiquant, Alexandre est marié et père de cinq enfants. Menant une vie a priori épanouie, tant personnellement que professionnellement, il a été dans sa jeunesse l’une des nombreuses victimes d’un prêtre pédophile : Bernard Preynat. Souhaitant lever le voile sur ce qu’il a subi, Alexandre entame des démarches auprès de l’archevêché de Lyon. Lors de son entretien avec l’archevêque – Philippe Barbarin – il découvre que sa situation est loin d’être singulière et que l’Eglise a étouffé l’affaire malgré plusieurs alertes de la part de parents. Pire, il apprend que le père Preynat officie encore et est toujours au contact d’enfants. Constatant que l’Eglise ne prendra aucune mesure forte vis-à-vis des crimes commis en son sein, Alexandre prend la décision de porter plainte, malgré le délai de prescription.

« La majorité des faits, grâce à Dieu, sont prescrits. » C’est à partir de cette phrase d’une violence inouïe, prononcée par Philippe Barbarin lors d’une conférence de presse donnée en 2016, que François Ozon a construit son film. Un film qui donne la parole aux victimes tandis que certains dirigeants de l’Eglise catholique (suivez mon regard) ont tout fait pour l’étouffer. Quant à cette phrase, elle résume à elle seule tout le cynisme et l’hypocrisie dont l’institution a fait preuve des décennies durant, alors qu’elle aurait dû montrer l’exemple en dénonçant et condamnant fermement les crimes dont elle a été informée. C’est également cet aspect que dévoile le cinéaste, sans pour autant jeter l’opprobre sur les choix spirituels des uns et des autres et se transformer en un plaidoyer anti-religieux. Au contraire, cette oeuvre – selon nous essentielle – poursuit un unique but : mettre fin à l’omerta des innombrables violences sexuelles commises au sein de l’Eglise catholique. Comme ailleurs.

Grâce à Dieu, réalisé par François Ozon. Avec Melvil Poupaud, Denis Ménochet, Swann Arlaud, Éric Caravaca, Josiane Balasko, … Sorti en salles le 20 février 2019.

 

Compañeros, de Alvaro Brechner

1973, l’Uruguay bascule en pleine dictature. Trois opposants politiques sont secrètement emprisonnés par le nouveau pouvoir militaire. De 1973 à 1985 ils vont être torturés mentalement et physiquement. Jetés dans de petites cellules, on leur interdit de parler, de voir, de manger ou de dormir. Au fur et à mesure que leur corps et leur esprit sont poussés aux limites du supportable, les trois otages mènent une lutte existentielle pour échapper à une terrible réalité qui les condamne à la folie. L’un deux, José Mujica, deviendra plus tard président de l’Uruguay.

L’histoire est vraie. Et elle est glaçante. Il aura fallu au réalisateur quatre années de recherches et de documentation pour aboutir au scénario final. Le choix d’Alvaro Brechner était de parler de la lutte intérieure de ces prisonniers et de leurs expériences de survie pour ne pas sombrer dans la folie. La mise en scène nous le démontre parfaitement à travers des séquences choc et anxiogènes. Alvaro Brechner nous prend à témoin des méthodes utilisées par la dictature uruguayenne : comment un homme peut-il se relever après avoir subi plus d’une décennie de barbarie ? Grâce à son esprit libre, son imagination. Compañeros est plus qu’une dénonciation de la dictature uruguayenne, c’est un hommage aux prisonniers politiques en général ainsi qu’une œuvre très importante pour la mémoire qui, pour Youri, marquera l’histoire du cinéma sud américain.

Compañeros, réalisé par Alvaro Brechner. Avec Antonio de la Torre, Chino Darín, Alfonso Tort, Soledad Villamil, … Sorti en salles le 27 mars 2019.