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Sélection MaXoël de Julie : De la glace, du feu et du sang, un clown malveillant, une Palme d’Or, Thomas « fucking » Shelby, … et (bien évidemment !) une galaxie lointaine, très lointaine…
De joyeuses fêtes, vous passerez !

Le réveillon de Noël n’a jamais été aussi proche puisqu’il ne reste plus que quelques heures à présent pour finaliser vos cadeaux à glisser sous le sapin. Si le temps (et les idées peut-être) vous manque, voici de quoi satisfaire vos proches cinéphiles, sérivores et adeptes de dragons !

Livres

Déjà auteur de l’œuvre fleuve – et toujours inachevée ! – Le Trône de Fer (A Song of Ice and Fire en version originale), l’américain G. R. R. Martin a décidé de raconter en parallèle une autre période s’inscrivant dans l’univers dont il est le créateur : celle de la conquête du continent de Westeros par la dynastie Targaryen.

Débutant avec l’histoire d’Aegon le Conquérant, ce prequel au jeu des trônes doit s’achever sur la rébellion menée par Robert Baratheon, qui mit un terme au règne du roi fou Aerys II et surtout à celui de la famille du sang du dragon. Prévue en deux tomes, cette nouvelle épopée doit normalement servir de base à la future série que souhaite lancer HBO, qui n’en a pas fini avec cet univers épique après le succès incontestable de Game of Thrones.

Ainsi, si vous avez dans votre entourage des aficionados de ce monde médiéval et fantastique qui attendent (im)patiemment la sortie des deux derniers romans du Trône de Fer, vous pouvez tout à fait vous tourner vers le premier tome de Feu & Sang qui se dévore d’une seule traite grâce à son écriture très factuelle. Sorti en France en deux temps chez Pygmalion (le 21 novembre 2018 pour la première partie et le 29 mai 2019 pour la seconde), ce premier volet sur les origines du Trône de Fer – qui vient d’être rééditer en un seul ouvrage – est un cadeau idéal à glisser sous le sapin.

Feu & Sang, de G. R. R. Martin. Pygmalion – 1056 pages – Novembre 2019 – 30€.

 

Séries TV

Difficile d’évoquer G. R. R. Martin (pas mal la transition hein ?) sans parler de LA série de cette dernière décennie, d’autant plus que celle-ci s’offre un magnifique coffret collector – et également un classique pour ceux qui ne voudraient pas vendre un rein pour se le procurer – pour célébrer ses huit saisons.

Game of Thrones – Saison 8 et/ou l’intégrale des huit saisons

Le 19 mai 2019 a mis un point final aux soixante-treize épisodes constituant la série Game of Thrones. Et dire que sa huitième et ultime saison a fait couler beaucoup d’encre (et continue encore à le faire) est un euphémisme. La série entière est aujourd’hui achevée et son ultime saison provoque toujours le débat. Oui, celle-ci n’est pas sans défauts, illustrés par la présence de certaines facilités scénaristiques (ellipses, temporalité, incohérences au niveau de la stratégie militaire) et la rapidité avec laquelle certains éléments sont traités (ce qui, par ailleurs, avait déjà été reproché à la saison précédente). Sans les occulter, ces écueils sont pourtant à relativiser. S’ils sont aussi visibles, n’est-ce pas à cause de la comparaison entretenue entre les différentes saisons ? Ou de l’attente qu’elles suscitent chaque année ? Malgré ces quelques réserves, il ne faut pas oublier que la dernière saison de Game of Thrones achève en beauté un travail méritant tous les superlatifs. Evidemment, on aurait souhaité quelques heures supplémentaires afin que la conclusion des différents arcs narratifs soit mieux traitée. Mais cette conclusion n’est pas pour autant une trahison. Il suffit de voir l’évolution de chacun des personnages, de s’attarder sur la beauté visuelle des six derniers épisodes, de se pencher sur son propos (le pouvoir est un devoir avant d’être un privilège) ou de se laisser transporter par sa magnifique BO pour être convaincu d’une chose : le fait que cette série marque la fin d’une époque en même temps qu’un immense tournant dans l’univers télévisuel.

Une critique de la saison 8 épisode par épisode est également disponible ici.

Game of Thrones, créée par David Benioff et D. B. Wess. Avec Peter Dinklage, Kit Harrington, Emilia Clarke, Lena Headey, Nikolaj Coster-Waldau, Maisie Williams, Sophie Turner, Alfie Allen, Gwendoline Christie, Rory McCann, … (La saison 8, ainsi que les coffrets réunissant les huit saisons sont disponibles en DVD & Blu-Ray depuis le 3 décembre 2019).

 

Autre très grande série mais dans un tout autre genre, la britannique Peaky Blinders (et ses frères Shelby) qui en est à présent à sa cinquième saison.

Peaky Blinders – Saison 5

Entre marchandages, trafics, manipulations et combats sanglants, Peaky Blinders suit l’ascension de la famille Shelby, et plus précisément celle de son leader, Thomas. Interprété par l’acteur irlandais Cillian Murphy (L’Épouvantail des Batman de Nolan, mais aussi et surtout le personnage central du film Le vent se lève de Ken Loach), Tommy Shelby est un jeune homme glaçant, hanté par la guerre. Comme lui, le reste des Peaky Blinders ne fait pas dans la dentelle. Le gang est aussi brutal qu’élégant. Comme l’ambiance de cette série où chaque plan est sublimé par un travail minutieux, jouant avec les ombres, la lumière et les volutes de fumées. Et également grâce à une bande-originale magnifique, totalement anachronique (Nick Cave and the Bad SeedsJack WhiteThe White Stripes, …) mais habillant tellement bien l’ensemble.

Dans la saison 5, le clan Shelby – et surtout son chef devenu député du Labour – est confronté à la crise de 1929 ainsi qu’à la montée du nazisme à laquelle n’échappe pas l’Angleterre. Réussissant une fois de plus à mêler fiction et Histoire, cette nouvelle saison (annonciatrice d’une saison 6 attendue avec impatience) se classe parmi les meilleures de la série, grâce à une ambiance glaçante et un Cillian Murphy de plus en plus torturé.

Peaky Blinders, créé par Steven Knight. Avec Cillian Murphy, Paul Anderson, Sam Claflin, Sophie Rundle, Annabelle Wallis, Helen McCrory, Tom Hardy, … (La saison 5 est disponible en DVD & Blu-Ray depuis le 13 novembre 2019).

 

Cinéma

Côté grand écran enfin (encore que !), vous ferez sans doute très plaisir aux adeptes du 7e Art en leur offrant le tout dernier Tarantino (disponible en DVD & Blu-Ray depuis le 14 décembre). MaXoE en avait d’ailleurs fait la critique lors de sa sortie sur nos écrans en août et Youri (qui chérit un peu trop le réalisateur !) l’a d’ailleurs sélectionné pour son Noël. Vous pouvez aussi profiter des fêtes pour abonner à Netflix toutes celles et tous ceux qui n’ont pas eu la chance de voir en salles (et pour cause puisqu’il fallait aller jusqu’aux US pour cela) The Irishman, du meilleur réalisateur au monde – et non je n’en fais jamais trop ! – Martin Scorsese. Si ce film fleuve de 3h 30 risque d’en dérouter plus d’un par sa densité et son rythme, il est sans doute le plus bel hommage rendu par le cinéaste à une toute une génération d’acteurs. Enfin, 2019 a également offert aux cinéphiles une grande Palme d’Or, une claque tout droit sortie de l’univers DC et – bien évidemment – la fin d’une époque dans une galaxie très lointaine. L’occasion est donc toute trouvée pour un paquet sous le sapin ou pour un petit détour par les salles obscures l’après-midi de Noël :

Parasite

Dans les bas-fonds de Séoul, la famille de Ki-taek tente de survivre parmi l’humidité et les cafards de leur entresol, au gré de petits boulots et multiples combines. Grâce à l’un de ses amis d’enfance, le fils – Ki-woo – réussit à s’introduire chez la richissime famille Park afin de donner des cours particulier d’anglais à leur fille. Grâce à une certaine ingéniosité (et surtout à beaucoup de mensonges), il parvient à faire entrer le reste de sa famille au service des Park, sans que ceux-ci ne se doutent de leurs liens de parenté. Tout semble sous contrôle. En apparences seulement…

Parasite est un film de genres. De genres au pluriel. Et c’est bien là tout le génie du cinéaste Bong Joon-ho qui, tel un jongleur, manie les styles sans que rien ne rencontre le sol un seul instant. Cette œuvre, d’une maîtrise formelle touchant à la perfection, débute à la manière d’une comédie de casse. À mesure que les indigents pénètrent chez les nantis, la satire sociale s’installe et sa problématique n’est pas uniquement sud-coréenne. Elle est universelle. Quoi que l’on fasse, où que l’on aille, la lutte des classes est omniprésente dans toute son injustice. Une injustice qui se passe de mots pour passer simplement par une image : un orage, vécu comme une bénédiction par ceux d’en haut tandis qu’il inonde les entresols, emportant avec lui le peu que possèdent ceux d’en bas. Sans que l’on ne voit jamais rien venir tant la mise en scène orchestrée par Bong Joon-ho est dénuée de fausses notes, Parasite bascule encore : vers le drame, puis le thriller, … et finalement dans l’horreur. Celle d’un engrenage implacable, aboutissement de toutes les finesses du scénario distillées ça et là par le cinéaste virtuose. D’une intelligence folle, tant d’un point de vue formel que vis-à-vis du sujet qu’elle aborde, cette œuvre prodigieuse mérite amplement selon nous sa Palme d’Or décernée à l’unanimité du jury.

Parasite, réalisé par Bong Joon-ho. Avec Song Kang-Ho, Lee Sun-kyun, Cho Yeo-jeong, … (Sorti en salles en France le 5 juin 2019 et disponible en DVD & Blu-Ray depuis le 4 décembre 2019).

Joker

Arthur Fleck est un homme en souffrance. Sujet à des troubles mentaux le faisant rire fréquemment et de façon inopinée, il est au mieux ignoré mais très souvent méprisé par la société qui l’entoure. Et parfois même agressé. Travaillant en tant que clown publicitaire pour tenter de subvenir à ses besoins ainsi qu’à ceux de sa mère, Arthur Fleck est un être torturé qui n’a jamais rien connu d’autre que désespoir et désillusions. Il aimerait pourtant rire. Et surtout faire rire, car selon sa mère qui le surnomme Joyeux, il aurait pour mission de « donner le sourire et de faire rire les gens dans ce monde sombre et froid ». Ainsi, tandis que sa ville est au bord du chaos, sombrant dans le chômage, la crise financière, la criminalité et faisant l’objet d’une politique d’accroissement des inégalités, il tente de devenir humoriste. Nous sommes dans les années 1980. À Gotham City.

Personne, il y a quelques années, n’aurait misé sur Todd Phillips pour proposer au public autre chose que des comédies (qui a dit potaches ?). Pourtant, après la trilogie Very Bad Trip, il opère un tournant dans sa carrière de cinéaste en réalisant War Dogs – une comédie dramatique sur le commerce des armes sortie en 2016 – avant d’emprunter lentement le chemin le conduisant à l’histoire tragique du Joker. Car Joker n’est ni une comédie, pas plus qu’il n’est une fable retraçant le parcours de l’ennemi juré de Batman. Il n’est pas non plus un film de S-F sur un super-vilain, noyé sous les effets visuels et usant à l’envi du fond vert à l’image des précédentes productions de l’univers DC ou de chez Marvel. Non, Joker est une tragédie humaine, un drame shakespearien sur la chute d’un être que la société n’a pas su, ou peut-être même voulu sauver.

Couronnée par le Lion d’Or à la Mostra de Venise 2019, cette claque – où la puissance du fond n’a d’égal que celle de la forme, sa mise en scène étant d’une précision redoutable – mérite selon nous tous les honneurs. Et surtout celui de dominer la prochaine cérémonie des Oscars, notamment pour la performance stupéfiante de Joaquin Phoenix.

Joker, réalisé par Todd Phillips. Avec Joaquin Phoenix, Robert De Niro, Zazie Beetz, Frances Conroy, Brett Cullen, … (Sorti en salles en France le 9 octobre 2019. Déjà disponible en pré-commande pour sa sortie en DVD & Blu-Ray, prévue pour le 12 février 2020).

Star Wars Épisode IX – L’Ascension de Skywalker

Luke Skywalker est retourné à la Force. La Résistance – très affaiblie par ce départ et qui a vu l’essentiel de sa flotte et de ses membres décimés en rejoignant la base rebelle de Crait – tente de survivre face au Premier Ordre, dont Kylo Ren est devenu le Suprême Leader.

Tandis que Rey achève son entraînement de Jedi – entamé auprès de Luke – au côté de sa jumelle la Générale (et surtout Princesse, ne l’oublions pas !) Leia Organa, Kylo Ren cherche à confirmer une rumeur : celle de la survie d’un certain Sith, tombé dans l’oubli de l’Etoile de la Mort depuis plusieurs décennies. Y voyant une menace à son pouvoir absolu, Kylo Ren se rend sur la mystérieuse planète Sith Exegol, ceci afin de se confronter au sinistre Empereur.

Bien que la beauté esthétique soit un atout essentiel et indéniable de cet ultime volet, la plus grande réussite de L’Ascension de Skywalker repose sur la dyade formée par les personnages de Rey et Ben Solo, dont la relation extrêmement puissante, puisant dans le drame shakespearien, atteint ici son paroxysme. Et cette relation n’aurait pas eu la même force sans l’implication totale des deux principaux acteurs de cette Postlogie. Si Daisy Ridley a vu son jeu gagner progressivement en maturité depuis Le Réveil de la ForceAdam Driver s’impose incontestablement comme la pierre angulaire de l’Épisode IX, si ce n’est de l’ensemble de la Postlogie, ceci grâce à une interprétation d’une grande subtilité. Comme en témoigne cette critique à quatre mains réalisée en compagnie de notre spécialiste es Star Wars (pas la peine de rougir Tof !), le grand spectacle s’accompagne d’une grande nostalgie : celle de revoir pour la toute dernière fois Carrie Fisher, disparue avant le tournage de cet ultime volet ; celle de côtoyer un tout dernier instant l’ensemble des personnages qui ont façonné cette immense saga ; celle, enfin, d’entendre résonner une ultime fois les notes du générique de fin.

Star Wars Épisode IX – L’Ascension de Skywalker, réalisé par J. J. Abrams. Avec Daisy Ridley, Adam Driver, Oscar Isaac, John Boyega, Carrie Fisher, Mark Hamill, Ian McDiarmid, … (Sorti en France depuis le 18 décembre 2019, l’idéal pour un après-midi de Noël en famille !).

Sur ce, passez un joyeux Noël et un bon bout d’an ! Quant à moi, je retourne voir Star Wars !


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