Focus Spécial Joker
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Comics en Vrac spécial Joker : Joker Anthologie, Joker, Killing Joke

Cette fois nous revenons sur des chroniques déjà publiées. Trois albums, trois indispensables si vous aimez l’homme qui rit.

 

JokerAnthologie-couvJoker Anthologie

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Rappelez-vous, nous vous avions proposé la chronique de Batman Anthologie. Le principe reste le même, il s’agit de nous proposer des récits mettant en scène le Joker depuis ses origines jusqu’à nos jours. Ils ont organisé l’ouvrage en 3 parties/périodes. La première partie, appelée duels d’egos, va de 1940 à 1965. Il s’agit des premières aventures du vilain. Il est alors un voleur et tueur machiavélique mais il n’a pas atteint son apogée dans le domaine. Batman n’est pas non plus l’enquêteur que l’on connaît, il est plus direct, parfois bourrin d’ailleurs. La deuxième partie s’intitule guerre des nerfs, elle couvre la période 1973-1990. Les deux personnages gagnent en maturité. Le ton est plus violent, plus sombre aussi. Enfin, dans la troisième partie, qui couvre les années 1994 à 2013 et qui s’appelle ronde macabre, les récits rassemblés sont ceux que l’on connaît aujourd’hui. Un Joker dont la folie n’a plus de limites et un Bruce Wayne plus enquêteur et sombre que jamais.

Les premiers récits

Alors chacun prendra différemment les différentes histoires. Mais comme pour Batman Anthologie, ce recueil est un indispensable à tout fan du Joker. On y a sélectionné les histoires les plus représentatives et chacune d’entre elles est précédée d’une explication historique des plus intéressante.

Chaque période nous a plu. Dans la première partie, qui sent bon le vintage, on aime quand la narration est parfois maladroite et quand les personnages, encore peu raffinés par le temps, nous semblent patauds. L’histoire où le Joker se met au service des gangs, façon « Joker Service 24h/24 », est vraiment sympathique. La deuxième partie nous montre déjà un trait moins académique, plus fouillé. La narration sent encore bon le passé, notamment avec cette manie d’un texte omniprésent, explicite. Mais les histoires prennent de l’épaisseur et elle nous entraînent vers la noirceur totalement assumée dans la troisième partie. Là le texte est plus rare, les images parlent plus et l’angoisse est omniprésente. L’homme qui rit est un petit bijou du genre, il reprend un scénario bien connu du Joker mais son traitement est novateur.

Les histoires plus contemporaines

Décidément la collection Anthologie vaut le détour, procurez-vous cet album.

Scénario : collectif – Dessins : collectif – Joker Anthologie – Urban Comics – DC Anthologie – 368 pages – mars 2014 – prix 25 €

 

 

Joker-couvJoker

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Urban Comics nous a habitué à produire des albums dédiés à un héros ou vilain particulier de l’univers DC. Ainsi, nous vous avions déjà proposé une chronique sur le Pingouin (vous pouvez la retrouver ici). Cette fois, il s’agit du plus fidèle ennemi de Batman, notre ami déglingué, j’ai nommé le Joker. Celui-ci vient de sortir, on ne sait pas trop comment d’ailleurs, de la prison d’Arkham. Seulement voilà, pendant son absence, les vautours se sont emparés de ses territoires et c’est loin de lui plaire. Il est même très en colère. A sa sortie, il est accueilli par Jonny Frost, un jeune lieutenant aux dents longues qui va vite oublier ses premiers patrons pour entrer au service du dingue. Et là commence alors la tournée des popotes, histoire de montrer à tout le monde que le boss est de retour et qu’il n’apprécie que guère que l’on ait profité de son absence pour mettre du beurre dans les épinards. Jonny va suivre le mouvement mais l’alliance avec le diable est toujours pleine de risques.

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Voilà encore un album à posséder si vous êtes un fan de l’univers de Batman. Celui-ci n’est que peu présent d’ailleurs, on vit Gotham du côté des vilains. On explore les méandres des relations pernicieuses qu’ils peuvent entretenir et on touche du doigt la grande crainte que suscite notre clown. Alors au-delà de la vendetta savoureuse opérée par le Joker, ce qui fait la richesse du récit c’est son positionnement narratif. L’action est vue et est racontée par Jonny lui-même. On a alors accès à ses réflexions les plus intimes, à ses doutes au moment d’entrer au service du Joker, à ses joies de devenir plus important qu’avant mais aussi à ses craintes d’être à côté de ce volcan qui menace d’entrer en éruption à tout moment, … Cela transforme un album qui aurait pu être classique en incontournable de l’univers DC. Tout y est différent, on aborde les choses avec un autre œil et on prend même parti pour certains vilains.

Tout cela est servi par un dessin terriblement soigné. C’est chargé en détails, certains pourraient même penser que ça l’est trop, mais cette patte donne une dimension encore plus sombre à l’ensemble. Le drame qui se déroule sous nos yeux est magnifié par les contrastes, les couleurs et les gros plans sur ces visages torturés.
Scénario : Brian Azzarello – Dessins : Lee Bermejo – Joker – Urban Comics – DC Deluxe – 144 pages – novembre 2013 – prix 15,50 €

 

 

Killing-joke-couvKilling Joke, édition des 75 ans

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Il est des histoires qui sont entrées dans la légende du monde DC. Celle-ci en fait partie. Pour fêter les 75 ans de notre « ami » le Joker, Urban a décidé de nous sortir une très belle édition en noir et blanc comme ils l’ont déjà fait pour Batman. Cette histoire a marqué les esprits par la manière avec laquelle nous entrons dans l’intimité du fou mais aussi par une de ses conséquence : la future vie de Barbara Gordon dans un fauteuil roulant en tant qu’Oracle. Mais revenons sur le synopsis. Batman débarque à Arkham pour discuter un peu avec le Joker. Il constate alors que le vilain s’est fait la malle en laissant un autre prisonnier déguisé à sa place. Notre vilain est en train d’acheter un vieux parc d’attraction pour s’adonner à sa passion première, la torture mentale des gens. Il a aussi décidé de faire une opération commando pour enlever Jim Gordon. Il n’oublie pas, au passage, de blesser grièvement la belle Barbara. Commence alors le voyage en enfer.

Killing-joke-planches

Cet album est un incontournable et ceci à plusieurs titres. En premier lieu, il nous permet de mieux connaître le Joker. L’auteur nous propose quelques incartades dans son passé, ce qui est très rare. Et puis le vilain montre toute sa folie. Il est incontrôlable et imprévisible. Tout cela crée un paradoxe délicieux quand on voit Batman essayer de la raisonner, essayer de prévoir une trêve avec lui, de l’aider même ! Et puis que dire du trait de Brian Bolland. Il est parfait en tous points. Il n’a pas son égal pour faire émerger les émotions, pour nous permettre de sonder les cerveaux de ces créatures de papier. Les visages sont terriblement expressifs en tout cas ! Et puis cette version noir et blanc est tout simplement fantastique. Elle met en avant toute la noirceur de l’ensemble. Merci M. Moore ! Et merci pour cette nouvelle édition !

Contient Batman : The Killing Joke + Batman Black & White #4

Scénario : Alan Moore – Dessins : Brian Bolland – Killing Joke, 75 ans édition – Urban Comics – DC Essentiels – 120 pages – avril 2015 – prix 19 €