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La BD du jour : Johnny Jungle de Deveney/Jouvray/Jouvray

Faire revivre le mythe de Tarzan. Pas évident, surtout lorsque l’album qui prétend le faire ouvre par les images du mythe en question bien déplumé et avachi. Puis tout s’accélère dès lors que l’on revient dans le passé démesuré du personnage-acteur. Un album rythmé, bourré d’humour et qui va à l’essentiel !

 

On ne peut rien enlever au passé. Il a parfois été dur mais les sillons qu’il creuse dans nos mémoires ne s’effacent pas à la première lueur des rayons du soleil dans une aurore trop mâtinée d’alcool et de nostalgie. Non, bien ancrées au creux de nos têtes, ces souvenances participent à perpétrer (ou pas) la légende de celui ou celle que nous fûmes il y a de cela quelques temps. C’est cela qui habite Johnny lorsqu’il observe, à travers les stores tirés de la chambre de son hôtel à Acapulco, un plongeur athlétique qui salue les touristes en contrebas en les invitant à l’applaudir pour le saut dans l’océan qu’il s’apprête à effectuer depuis un piton rocheux de plus de dix mètres de haut. Et là, la phrase claque, la devise devrais-je dire, qui répandra son effluve tout au long de cet album atypique qui mêle avec brio humour, nostalgie, naïveté et aventures : On est forcément plus près de la vérité en slip. Bon je n’irai pas jusqu’à finir la rédaction de cette chronique dans cet accoutrement pour le moins peu adapté à la situation, mais je tâcherai en tout cas de ne rien dissimuler de mes impressions de lecture !

Johnny fut élevé dans la jungle, un paradis nous dit-il aujourd’hui, fait d’insouciance, de jeux pas forcément subtils livrés aux côtés de ses amis gorilles et notamment de Kinka, son alter ego avec qui il combat toutes sortes d’animaux dangereux, de moments de tendresse aussi, sous l’œil bienveillant de Moota sa mère adoptive. Eduqué par Helmut, un prêtre allemand érudit qui vit reculé dans la jungle loin des siens, le jeune Johnny découvre avec de grands yeux les histoires merveilleuses de personnages tirés du Livre de la jungle. Plus tard, devenu jeune homme, son destin va pourtant changer lorsqu’il découvrira par hasard, au saut d’une liane, l’amour qui fait perdre la tête. Un amour pour Jane, une actrice hollywoodienne, un amour qui confronte deux mondes, deux façons de vivre, deux façons d’être et de concevoir le futur. Pourtant et malgré tous les obstacles dressés, nos deux tourtereaux se retrouveront loin de la jungle pour traverser de long en large, d’Hollywood à New-York pour être précis, les Etats-Unis, pays qui l’accueillera et en fera une icône vivante… mais peut-on vivre plus longtemps contre-nature ?

En décidant de mettre en scène les aventures de Tarzan – mêlées au destin de Johnny Weissmuller, l’acteur qui incarna le rôle au cinéma – le trio représenté par Jean-Christophe Deveney au scénario, Jérôme Jouvray au dessin et Anne-Claire Jouvray aux couleurs s’attaquait à une sorte de mythe plus ou moins frais dans nos esprits. Plusieurs générations ont été bercées par le cri légendaire du colosse en slip léopard et s’y replonger pouvait s’apparenter à une descente aux enfers. Pourtant Deveney parvient à ses fins au niveau du scénario qu’il décérébralise au maximum pour garder les moments de pur humour et d’émotions. On écorche au passage l’industrie du cinéma américaine des années 30/40 dont les méthodes sont parfois limites, tout comme certains opportunistes de tout poil, mais le rythme, les enchainements – le récit se trouve découpé en quatre chapitres conclus chacun par le témoignage de personnes qui ont connus Johnny aux moments clefs de sa vie – témoignent d’un désir de pulser une histoire qui pause sa marque, portée qui plus est par un dessin et des couleurs en adéquation avec le récit qu’ils soutiennent. Cet album ne se prend pas pour ce qu’il n’est pas, il nous procure un agréable moment de lecture et c’est déjà fort appréciable !

Deveney/Jouvray/Jouvray – Johnny Jungle – Glénat – 2013 – 17,25 euros