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La fin des templiers, le procès de Jacques de Mollay

Il est parfois des destins étranges. Alors qu’il risqua sa vie à de multiples reprises pour perpétrer la présence chrétienne en terre sainte, c’est sous le feu d’un bûcher de l’inquisition que meurt Jacques de Mollay, dernier maître templier. Une mort qui arrange et dédouane certains nantis mais qui ne les épargne pas du jugement de l’histoire…

Mars 1314. Jacques de Molay dernier maître templier subit la torture morale et physique du grand inquisiteur Guillaume Humbert. Le roi de France en personne autorisa cet interrogatoire musclé qui se déroula dans une geôle de l’île aux juifs à Paris. Il devait sceller la fin d’un ordre qui eu des pouvoirs et une influence énorme de part ses fonctions dans le royaume de Jérusalem. Torturé Jacques de Molay livre des révélations, ou confessions comme se plait à dire frère Humbert, sur ce qui restera la dernière partie de l’histoire des templiers et de la présence chrétienne en Terre Sainte. Il expliquera notamment comment il livra et gagna des batailles au sort improbables avec des armées bien inférieures en nombre. Il révèlera ce qui fît la perte progressive du royaume de Jérusalem, pris d’un côté par les trahisons de quelques marchands vénitiens, plus avides d’argent que de morale, et d’un autre par les assauts répétés et incessants de l’ennemi juré, le mamelouk Baîbars. De fait la tache de Jacques de Mollay fût des plus difficiles. Devant jouer avec les alliances de fait notamment avec les Mongols, il devra aussi faire face à un danger plus sournois celui de la secte des haschaschins, redoutables manieurs de couteau et d’armes blanches. Cette secte est ici représentée par Nimcha, superbe guerrière aux formes généreuses dont l’action croise de façon récurrente la route de Jacques de Mollay et la pimente de manière plus affirmée au fil du temps.

En s’attachant à présenter le destin de Jacques de Mollay, dont la bravoure et la longévité le firent passer à la postérité, Bruno Falba livre des pans entiers de l’histoire des templiers dans la dernière partie de leur existence. Confessions d’un templier réussit à mêler histoire et fiction à un degré rarement atteint par ailleurs dans le traitement de cette période. Conjuguant les hauts faits d’armes des templiers avec la mystérieuse et redoutable secte des haschaschins, représentée par Nimcha, qui teinte le scénario d’une saveur épicée, cette série se savoure de bout en bout. Elle donne à voir le rôle et la nécessité de maîtriser l’art de la diplomatie, tout comme elle offre une vision sur la fin de la présence chrétienne en terre sainte. Peu après avoir été placé sous les feux d’un bûcher dit expiatoire, meurent étrangement Guillaume de Nogaret, qui assista Guillaume Humbert dans son « œuvre de confession », frère Humbert, le pape Clément V et le roi de France Philippe le Bel en personne. Comme si un étrange mal avait pris forme à la fin tragique des derniers templiers, et devait « réparer » une injustice qui marqua nombre d’esprits de l’époque. Une série qui lève le voile sur une période trop souvent traitée sous ses aspects mystiques… Indispensable !

Bruno Falba & Fabio Bono – Confessions d’un templiers (3 volumes parus) – Soleil – 2009-2011 – 13, 50 euros l’un


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