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Les Annales du Disque-Monde : Pyramides

L’histoire commence dans au Royaume de Jolh, où le pharaon Tepiccymon XCXVII veille à ce que le soleil se lève tous les matins. Comment fait-il ? Lui-même ne le sait pas. Tout ce qu’il sait, c’est qu’il ne veut pas vivre sa mort enseveli sous une pyramide, comme ses ancêtres. Mais revenons à ce paisible Royaume qui sert de tampon entre deux autres pays dont un rempli de philosophes détestés par les tortues. Le Royaume de Jolh donc, vit autour d’un fleuve et…

Comme beaucoup de civilisations fluviales, le Royaume refuse d’entendre parler de fadaises comme l’été, le printemps et l’hiver, et il établit carrément son calendrier sur le grand battement de cœur du Johl ; d’où les trois saisons : semailles, crue et détrempe. Solution logique, simple et pratique, que seuls désapprouvent les chorales de quartiers*.
*Parce qu’on se sent idiot quand on chante : «les filles sont jolies, dès que la crue est là»

Nous voici donc dans le 7ème volume des Annales du Disque-Monde dont une partie se déroule à Johl, une autre à Ankh-Morpork, une toute petite partie au milieu de philosophes et une autre enfin dans une faille temporelle. Nous y suivrons les aventures de Teppic, fils du pharaon Tepiccymon XCXVII. Ce Teppic s’est mis en tête d’entrer dans la Guilde des Assassins à Ankh-Morpork et comme tout le monde le sait, nombreux sont ceux qui entrent dans la Guilde des Assassins, mais peu sont ceux qui en sortent, vivants tout du moins et comme tout le monde le sait aussi :

Les portes de la Guilde des Assassins ne ferment jamais. C’est, dit-on, parce que la Mort tient toujours boutique ouverte, mais en réalité c’est parce que les gonds ont rouillé des siècles plus tôt et que personne ne s’est soucié d’y remédier.

Et comme il se doit, le brave Teppic passe son examen mais manque de chance, se retrouve envoyé à la tête de son pays, suite au décès du pharaon son père, décès que le père a du mal à admettre d’ailleurs. Et c’est là que tout dérape ! Le jeune pharaon en herbe découvre que la place de pharaon n’est pas ce qu’il pensait être et il décide de faire construire une des plus grandes pyramides pour son père. Et c’est là que tout dérape. A nouveau. Parce que cette pyramide va non seulement réveiller les morts, mais faire vivre tous les Dieux de ce petit Royaume, et Dieu seul sait qu’ils en ont vraiment toute une quantité ! Sans compter que ce petit royaume se retrouve transporté dans une faille spatiotemporelle. Et là, ce sera à Teppic d’agir, envers et contre tous.

Ce septième volume est une perle, tout aussi drôle que les précédents, il nous fait découvrir un autre bout du Disque-monde. La capacité de l’auteur à déraper sur un sujet m’impressionne toujours autant. Le nombre de petites notes en bas des pages est plutôt important, toutes arrachant un sourire à défaut d’un rire, comme celle-là qui apparait alors qu’un philosophe essaye de démontrer que la tortue est un des animaux les plus rapide de la surface du Disque :

[…] l’animal le plus rapide du Disque est le puzuma ambigu, névrosé au dernier degré, qui se déplace si vite qu’il approche réellement la vitesse de la lumière dans le champ magique discal. Ce qui veut dire que si vous voyez un puzuma, il n’est pas là. La plupart des puzumas mâles meurent jeunes d’une défaillance grave de la cheville due au fait qu’ils courent très vite derrière des femelles qui ne sont pas là et, bien sûr, qu’ils atteignent une masse suicidaire conformément à la théorie de la relativité. Les autres meurent du principe d’incertitude d’Heisenberg, vu qu’il leur est impossible de savoir qui et où ils sont en même temps, et la perte intermittente de concentration que le phénomène engendre implique que le puzuma n’a conscience de son identité qu’au repos – d’ordinaire à une quinzaine de mètres dans les débris de la montagne qu’il vient de percuter à une vitesse quasi luminique. On raconte que le puzuma a environ la taille du léopard, une robe plutôt unique à carreaux bleus et blancs, même si les spécimens que les sages et les philosophes du Disque ont découverts les ont poussés à déclarer qu’à l’état naturel le puzuma est plat, très mince et mort.

Mais rassurez-vous, ces anecdotes ne vous font absolument pas perdre le fil de l’histoire et c’est avec plaisir qu’on suit les aventures de Teppic, agrémentées de quelques passages farfelus, notamment le passage où les prêtres regardent les Dieux incontrôlables et où un des prêtres se met à commenter leurs actions comme un match de foot. Ce passage m’a beaucoup fait rire. Et le coup du chameau aussi, j’ai adoré, mais je ne vais pas tout vous raconter, ce ne serait pas drôle pour ceux qui se décideraient à lire ce bouquin. ^^


Initialement publié le 24.07.06 à 16:53.