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Sélection BD de Noël 2012 (3ème partie) – Autour des artbooks de Graffet & Rossbach (+ Itw-vidéo)

Afin d’aiguiller les retardataires n’ayant pas encore acheté leurs cadeaux de Noël, nous vous proposons un choix de titres plutôt adaptés à la période. On y trouve de beaux albums bien lourds, des livres de contes ou des souvenirs de notre enfance, bref de quoi alimenter les paniers et garnir le pied du sapin !

 

 

Pour Jean-Sébastien Rossbach la fin d’année 2012 restera comme celle qui aura amené un changement de cap dans une carrière amorcée il y a maintenant une dizaine d’années. Illustrateur pour des couvertures de romans de science-fiction, de jeux de rôles, des cartes, des magazines, Jean-Sébastien Rossbach n’avait pu réellement développer son univers personnel. Un univers dans lequel il aurait pu exposer aux yeux de tous ses intérêts pour telle ou telle thématique. Pour mieux appréhender le parcours de l’artiste, Ankama et CFSL Inc ont décidés de publier en septembre dernier un artbook plutôt épais, Burning Inside, divisé en thématiques et commenté par l’auteur. Quelques semaines plus tard, la galerie parisienne Daniel Maghen lui consacrait, pour la première fois à cette échelle, une exposition d’œuvres de commande qui a donné lieu à l’édition du catalogue Mother.

Mother, mère, c’est la nature celle qui demeure pour Rossbach un repère de la santé de notre planète et des hommes qui la peuplent. Lorsque Daniel Maghen lui propose de travailler sur l’exposition, le jeune auteur sait que cette thématique sera celle qui le portera durant ses longs mois de création. Tout d’abord car elle lui rappelle une enfance passée près d’une forêt et des jeux de gamins dans un environnement encore préservé. Ensuite car l’auteur, qui le dit très bien dans Burning Inside, a été frappé par les catastrophes écologiques des quinze dernières années, et notamment celle de l’Erika qui a donné lieu au commencement de travaux personnels réalisés sous la série Alligator dont certaines œuvres sont reproduites dans le catalogue Mother.

Concrètement le travail de Rossbach a débouché sur la réalisation d’une trentaine d’œuvres exécutées avec des techniques différentes (encre de chine, gouache, aquarelle…). Le but étant, pour l’artiste, de toucher la matière. Une matière palpable qui se façonne, se forge dans des gestes naturels, dans la pensée de l’instant avec aussi cette part de risque dont est exempt le travail à l’ordinateur qui offre peut-être en ce sens plus de confort. Mother sonne donc pour Jean-Sébastien Rossbach comme le début d’une nouvelle carrière, une nouvelle ligne directrice dans son œuvre qui se renouvelle et appelle de nouveaux sujets, de nouveaux projets.

Le catalogue de l’exposition, beau format et bel objet donne à voir les œuvres exposées et proposées à la vente. Il constitue la sève du travail de galeriste en ce sens qu’elle offre un instantané de la création avant la dispersion des œuvres et qu’elle offre au public un objet « démocratique », accessible par le plus grand nombre. Réalisé sous le contrôle de l’artiste, cet artbook mérite une place de choix dans toute bonne bibliothèque dont il révèlera l’exigence.  

Jean-Sébastien Rossbach – Mother – Daniel Maghen – 2012 – 60 euros (disponible ici)

 

Interview de Jean-Sébastien Rossbach


Jean-Sébastien Rossbach – Mother (2012) par seb_maxoe

 

Beaucoup ont déjà pu apprécier le travail de Didier Graffet, remarquable auteur dont l’influence steampunk se lit dans ses œuvres et les thématiques qu’il traite. L’illustrateur avait posé les jalons d’une reconnaissance par le milieu et le public lors de son travail sur 20 000 lieues sous les mers de Jules Verne paru aux défuntes éditions Gründ il y a une dizaine d’années. Depuis, Graffet a cultivé son intérêt pour l’auteur des Voyages extraordinaires au point d’être approché par le galeriste Daniel Maghen et son équipe afin d’envisager la mise en place d’une exposition dédiée à sa vision des transports, du voyage, de l’univers de Jules Verne et du fantastique tel qu’il le décline dans son travail. Cela donne De vapeur et d’acier dont l’exposition se poursuit jusqu’au 12 janvier à Paris.

L’univers de Graffet conjugue quelques éléments fondateurs qui le singularisent. Tout d’abord, nous l’avons dit, son intérêt pour les transports quels qu’ils soient, locomotives, zeppelins, navires flottant sur la mer ou dans le ciel sur lesquels sont parfois greffées des ailes géantes toutes droit sorties d’un vieux schéma de Léonard de Vinci, motos lancées à des vitesses folles, paquebots géants, sous-marins placés dans des contextes très aventureux… Ensuite son souci de la verticalité qui s’exprime par la réalisation d’œuvres explorant les plongées ou contre-plongées (parfois les deux) qui donnent espace et sensation de mouvement, de la possibilité aussi d’explorer toutes les zones du tableau et même parfois au-delà, par l’imaginaire que suscite l’œuvre qui nous traverse. On retrouve peut-être chez Graffet l’influence d’un Schuiten, d’un Bilal, ou d’autres auteurs aux univers riches teintés d’onirisme et de poésie mais l’artiste va peut-être plus loin en nourrissant son œuvre de toute une palette spectrale : lumières, sens du détail, qui pourrait virer à l’obsessionnel, richesse des arrière-plans, gigantisme. Certains s’étonneront peut-être de l’absence de l’homme dans les œuvres peintes, comme si la mécanisation, les machines complexes qu’il a pourtant créées avaient déjà pris le dessus, refondant un monde incertain qui le dépasse. La grande force de Graffet réside peut-être dans sa capacité à capter notre attention faisant justement de nous le personnage manquant de l’œuvre peinte.

Le catalogue De vapeur et d’acier reprend les tableaux réalisés par l’illustrateur pour l’exposition à la galerie Daniel Maghen. Chaque double-page reprend une œuvre. Sur la section de droite le tableau achevé, sur celle de gauche le crayonné ou le texte qui a présidé à sa réalisation. Par ce jeu de miroir l’auteur rend son œuvre humaine en mettant en évidence sa réflexion préalable. Un bon moyen de se rapprocher du public qui a déjà depuis longtemps pris le billet d’un ferry volant, d’un zeppelin ou d’un transsibérien lancé sur les terres recouvertes de neige avec l’envie d’aller voir plus loin et de retrouver pourquoi pas des images de son enfance et de son innocence. A noter que pour l’exposition Mickaël Ourghanlian a réalisé une reproduction du coffre du Capitaine Nemo puisée dans le tableau Nemo de Graffet. Pour cela il a fait appel à des artisans fabriquant pipes, astrolabes, montres à gousset… offrant au travail artisanal l’éclat qu’il mérite par son exigence. Une exigence amplement partagée par le peintre…

Didier Graffet – De vapeur et d’acier – Daniel Maghen – 2012 – 65 euros (disponible ici)

 

Interview de  Didier Graffet & Mickaël Ourghanlian

 


Didier Graffet – De vapeur et d’acier (2012) par seb_maxoe

 

Dans la culture nippone on apprend que le Monde aurait été engendré par la réunion/l’emboîtement d’Izanagi, le premier homme et d’Izanami, la première femme. L’acte d’amour physique entre ces deux êtres, issus d’un « protocole » qui fixera le jeu de séduction à la japonaise pour les siècles à venir, aura donné naissance à tout ce qui existe et qui sera reproduit à l’infini.

En lisant Les histoires d’amour au Japon d’Agnès Giard, grande spécialiste de la culture nippone, de son histoire, de ses contes et légendes, on comprend que l’amour, l’acte d’aimer révèle bien des notions, des interprétations et des divergences par rapport à ce que nous connaissons dans le monde occidental. Tous les textes, depuis le plus sacrés, regorgent d’exemples d’histoires d’amour complexes dont la signification profonde nous échappe. L’expression verbale Ai Su (aimer) suppose que celui qui aime est un homme (Ai désigne une relation inégale) tandis que la femme utilise l’expression Keai Su (aimer respectueusement) induisant un rapport différent à la notion d’aimer. Par ailleurs l’expression française Je t’aime ou anglophone I love you reste difficilement traduisible en japonais car elle n’est pas rattachée à quelque chose de palpable. Les Japonais ne disent jamais « Je t’aime » mais « Dis-le » ce qui est significatif. Aujourd’hui encore malgré l’intérêt que portent les jeunes générations nippones à la culture occidentale, l’amour, l’acte d’aimer tel que nous le connaissons reste insaisissable et réciproquement. Pourtant le Japon est l’un des rares pays dans lequel un jour férié est consacré à l’amour. Preuve qu’il n’est pas non plus galvaudé. Dans Les histoires d’amour au Japon, Agnès Giard interroge historiens, philosophes, anthropologues, artistes qui donnent leurs interprétations des textes du patrimoine japonais. Car la culture nippone regorge d’histoires d’amour belles, terrifiantes et sombres, relatées dans des contes, des pièces de théâtre de poupées, des poésies, des films…

Agnès Giard essaye de nous ouvrir à cette complexité en décortiquant pour nous cent histoires, contes, faits divers… ayant trait à l’amour au Japon. Elle se sert également d’une très riche documentation iconographique, puisant aussi dans les œuvres d’artistes contemporains (Kawakami, Matsui, Inbe, Moriguchi, Kago, Tomizaki, Yamamoto…), pour illustrer un propos abordant les grands axes de réflexion autour de l’amour au Japon. Recommandé à tous les curieux et les amoureux de beaux livres.

Agnès Giard – Les histoires d’amour au Japon : Des mythes fondateurs aux fables contemporaines – Glénat – 2012 – 49 euros

  

Roy Grinnell, ce nom ne dira peut-être pas grand-chose à la plupart d’entre nous. Pourtant l’Artbook proposé par les éditions Grand Angle en cette fin d’année pourrait changer la donne, tout du moins pour les passionnés d’aviation. Car le peintre américain réussit dans ses œuvres le tour de force de présenter les plus belles machines de guerre volantes en situation de combat avec un réalisme saisissant. Passionné il faut l’être pour peindre sans discontinuer depuis de longues décennies toute sorte d’avions de guerre sous des angles et des contextes différents. La précision des détails, tant sur les machines, les paysages que sur les éclairages, Roy Grinnell les glane au contact des anciens As de l’US Air Force. Grâce à ce contact privilégié avec les vétérans, le peintre, est devenu peintre officiel de l’AFAA (American Figher Air Force Association) pouvant ainsi poursuivre son travail artistique réalisé sans tomber dans le tape à l’œil qu’aurait pu imposer les scènes retranscrites. Au travers de ses tableaux, le peintre arrive à faire naître la petite histoire participant ainsi à révéler la grande. Il évoque ainsi le destin d’hommes qui ont souvent accompli leur devoir dans l’ombre. Au travers de chaque tableau le cadre extérieur prend une place parfois aussi importante que le sujet même : La vallée de la mort, le grand canyon, la chaîne himalayenne… sont ainsi présentés en apportant cette dimension contextuelle qui renforce la présence de telle ou telle machine en plein ciel. On découvre aussi par exemple comment, dans le conflit du Pacifique, les soldats et paysans chinois aidèrent les américains à construire des pistes d’atterrissages sur leur territoire pour se rapprocher au plus proche de l’ennemi nippon.

Au-delà du travail de Roy Grinnell sur l’aviation de guerre, la fin de l’Artbook qui lui est consacré présente des études et peintures ayant pour cadre et sujet le Far West et les personnes qui y ont vécu (indiens, cow-boys, paysans…). Un moyen de saisir toute l’humanité qui transparait de ces œuvres et son sens du détail et de l’expression. Un bel ouvrage à offrir ou à s’offrir !

Roy Grinnell – Roy Grinnell, peintre des as – Grand Angle – 2012 – 35 euros

  

Serge Birault a de la chance. Il le dit lui-même, son modèle fétiche partage sa vie et cela lui permet de travailler dans un confort envieux. Avec Corpus Delicti, il nous livre des travaux récents réalisés notamment à partir de poses de Chloé, sa compagne mais aussi de Maria qu’il a rencontré, nous dit-il, sur un forum dédié bien connu. Il nous livre aussi des travaux de caricatures de stars (PJ Harvey, Monica Bellucci, Amanda Seyfield, Kate Bush, Saori Hara… et un intrus dans cet artbook, Lemmy, le chanteur/bassiste de Motörhead plutôt bien accompagné pour la peine !) ainsi que des études plus sommaires qui lui servent à poser sa technique pour essayer de se renouveler à partir d’expérimentations qu’il qualifie de gribouilles. Enfin dans le dernier volet de cet artbook Serge Birault nous sert un lot de pin-ups plutôt bien dotées dans des pauses parfois très suggestives mais où l’humour n’est jamais bien loin. A vrai dire le plus gros du travail de Serge Birault se concentre sur ce dernier aspect, les pin-ups et cela lui réussit plutôt bien !

 Le titre de cet artbook porte donc plutôt bien son nom. Comment qualifier le travail de Serge Birault ? Beaucoup de qualificatifs viennent à l’esprit, précision, sens de l’humour, capacité à changer de contextes, mais ce qui surprend le plus, comme le dit Dean Yeagle en préface, c’est que les dessins qu’il réalise à l’aide de photoshop pourraient être sans peine confondus avec des photos. La précision de son travail, dans les textures de peau, dans le mouvement et la finesse des cheveux, des teins, de la brillance, des objets qui accompagnent le sujet devient déroutante pour nous simples humains. Alors on se questionne sur le comment de la chose et ô surprise et quel plaisir, l’artiste nous révèle, nous décortique – peut-être plus que dans les autres opus de la collection -, les étapes de son travail sur plusieurs cas précis. Cela rassure un peu par le temps passé à trouver l’effet juste mais même avec les recettes apportées nous ne pouvons que tirer notre chapeau à cet artiste déroutant qu’il convient de découvrir par le biais de ce superbe Art-book !

Serge Birault – Corpus delicti – Ankama/ CFSL Ink Éditions – 2012 – 30 euros