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Livres / BD
Une couverture, un récit : Babybox de Jung (Soleil)

Le vendredi nous vous proposons de découvrir un album à partir de sa couverture qui, en tant que premier visuel du projet, donne souvent pas mal d’informations qu’il faut savoir interpréter !

Une jeune femme aux cheveux rouges fixe d’un regard absent un mur dans ce qui pourrait être une ruelle un peu glauque d’une ville typique d’un pays d’Asie du Sud-est comme le laissent penser les écritures des devantures qui se lisent jusque dans l’arrière-plan de l’image. Son reflet se projette sur le sol comme pour insister sur ça présence en ce lieu. Pas trop d’indices sur la raison de sa présence ici. Sur le mur qui lui tourne le dos le reflet de la ville ? étrange que cette scène.

Le mur en question arbore une poignée en son centre qui font penser à celle d’un tiroir ou d’un casier. Le titre de l’album nous offre une idée sur ce qui se joue : Babybox. Boîte à bébés. Ce qui relie la jeune femme à cette boite est personnel. Une boite métaphoriquement essentielle pour elle. Nous connaissons l’auteur de ce projet et cette couverture nous autorise à envisager des développements à cette scène d’où le temps semble arrêté. Une trame autour de l’adoption, l’abandon, la reconstruction. Des thèmes que Jung explore depuis Couleur de peau miel, sans jamais tomber dans la redite, en questionnant son sujet au regard de son histoire personnelle, de celle d’un pays et de chaque enfants, mère ou père concernés de près ou d’un peu plus loin par l’adoption… Tournons les pages !

C’est lors de la mort accidentelle de sa mère dans un accident de voiture que Claire découvre un secret de famille gardé secret jusqu’alors : La jeune femme a été adoptée. Elle se souvient alors d’un des grands moments de complicité partagé avec sa mère dans un veste champ d’où émergeaient des centaines de coquelicots d’un rouge éclatant. Allongées dans l’herbe elles furent prises en photo par un homme qui pour s’excuser de les avoir dérangées leur offrira le cliché d’un coquelicot. Dans l’accident de voiture qui a causé la mort de sa mère son père a été gravement blessé. Parce qu’il est dans le coma, sans qu’elle ne puisse agir directement sur sa guérison hypothétique, Claire décide de partir à la recherche de ses origines, en Corée, pour tenter de combler les vides crées par la découverte de son adoption. Elle se rend à Séoul où elle apprendra, par l’agence d’adoption qui possède son dossier, qu’elle a été déposée, bébé de quelques jours, dans la babybox du pasteur Isaac. Le début d’une remontée dans le temps…

Les sujets de l’adoption et de la résilience sont communs aux derniers projets développés par Jung, lui-même enfant d’origine coréenne adopté par une famille belge. Dans couleur de peau Miel, l’auteur nous raconte sa propre expérience de l’adoption. Avec le Voyage de Phoenix il traitait les deux thématiques par le biais de la fiction. Il poursuit dans cette ligne avec Babybox. Sans juger le choix des familles, avec délicatesse et cette envie de comprendre les difficultés qui peuvent se présenter aux mères et pères qui décident d’abandonner leur enfant, Jung propose un récit d’une subtilité rare, sans se morfondre dans les noirceurs du sujet il donne à voir les lucarnes d’espoir qui s’ouvrent sur les destins de ses personnages. La vie n’est pas un éternel recommencement mais l’accumulation d’expériences qui nous font grandir. Il le prouve ici avec maestria.
Jung – Babybox – Soleil