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La Playlist de MaXoE : Axel and The Farmers, AC/DC, Emika


Trois artistes. Tous les styles, les horizons, sans les ficelles, ni les compromissions, au son de ce rendez-vous éclectiquement électrique. L’actualité du disque, mise en mots et en musique. Branchez vos casques.

AC/DC – Coffret Back Tracks – Columbia Records (10 novembre 2009)

Ma première connexion avec AC/DC ? Le poste à fil dans la cuisine de mes parents, griffé en son coin de ces quatre marqueurs sans signification aucune pour le jeune mécheux que j’étais à l’époque. Puis la curiosité aidant, le haut débit avec, j’ai parcouru en quelques giga octet près de 35 ans de rock et surtout de roll australien. J’avoue : je ne suis pas de ces croisés qui terrorisent le AC/DC de l’après feu Bon Scott, brailleur satanique mort en 1980, étouffé dans son vomi… Pour moi, recevoir un bout -un CD et un DVD- du coffret tombale intitulé Back Tracks (raretés live, vinyle, lithographie, goodies pour apprenti re-sta, compilé dans un hybride de coffret-ampli qui fonctionne, et pas pour de la fausse !) n’avait rien de la procession. Non, rien qu’un sacré moment de bonne musique en perspective. Et c’est déjà beaucoup.

Le double effet AC/DC. Enchainer « Dirty Deeds Done Dirt », « T.N.T », « Shot Down In Flames » et ce, avec un mixage au poil (mes voisins sont là pour en témoigner), apporte joie et prospérité. Le tube matraque « Back In Black » procure toujours sa dose de rebelle attitude, et me fait même songer que c’est sur ce titre que j’ai éclaté mes premières baguettes de batteur, pourtant en hickory véritable ! Les fans, comme ceux qui le sont moins, seront aux anges. Malgré tout, attention à la pelade marketing. Cette galette Live Rarities époque 77-81 renferme certes des captations scéniques, mais dans le tas, assez peu de raretés à proprement parler.

Le DVD reçu, compile lui, des clips façon MTV à franges, ramassant sans trop de cohérence les titres les plus populaires du groupe. Du subtil « Big Gun », B.O. de l’inoubliable Last Action Hero avec le père Schwarzy, à « Hard As Rock » et ses moissonneuses, en passant par un « Jailbreak » des débuts, avec les t-shirts bariolés et les spotlights rose orange. Quarante minutes d’un show pas franchement inoubliable, qui valent surtout pour les pitreries du toujours jeune Angus Young. Guitariste sur ressorts (et sous acide…) qui déboulonne le théorème sacré voulant que le leader d’un combo hard soit, et sans contestation aucune, le chanteur, le tatoué, le vilain. Back Tracks, un coffret cadeau qu’il est urgent de s’offrir. Egoïste, va.

Appréciation :

Axel And The Farmers – Dream#7 – Bleepmachine (13 juillet 2009)

Axel and The Farmers, le syndrome du crew de pop française qui regrettera toute son existence de n’avoir pas grandi au bort de la Tamise. Axel, c’est Axel Concato, multi instrumentiste auquel on ne superposera pas l’épithète talentueux. The Farmers, des musiciens interchangeables (dont Barth, le pote de toujours, et accesoirement guitariste vocal). Leur production : l’EP Dream#7, sorti à l’été 2009.

Du rêve au cauchemar. A force de penser trop fort à ses idoles londoniennes, en tant que gratouilleur par procuration (White Russians) et autres premières parties (The Pretenders), Axel, puisque ce groupe c’est avant tout lui, se vautre dans les grandes largeurs. De « Dream#7 » à « Red Nose », pièces de rock Flamby avalées en mode répétitif, ses tentatives de plagiat sont d’une rare causticité. Ici, une compo ronchonne à la Pulp, le dandysme en moins. Là, une cagade molle, parlée avec la grosse voix qui conte. Bowie, Eno, n’y voyez aucune offense, le gars débute…

La mascarade touche même au sublime quand en piste 4, la dernière en passant, la figure imposée du remix (Caress Of Blonde) vient rappeler que bordel, un musicien se nourrit de tant d’influences qu’il lui est impossible de se cantonner à un seul style. Comme une évocation lointaine du duo versaillais Air, mais là, c’est clair, on suffoque devant si peu d’intelligence musicale. Mark Gardener, leader de Ride et producteur ad lib de Dream#7 (les titres ont été passés sous mixage à Oxford), rajoute même sa touche perso en posant quelques cordes acoustiques sur le très lénifiant « Lamp Post Lighter ». Assez.

Appréciation :

Emika – Drop The Other – Ninja Tune (18 janvier 2010)

Nouvelle signature chez Ninja Tune, la blonde Emika revendique le droit à la différence. Celle d’une chanteuse sans grande voix, d’une bidouilleuse de sons pas franchement addict du mainstream. D’un corps cafard qui se meut dans les dédales d’une musique torturée, presque sans structure. Forcément. Son choix : bercer le froid trip hop auprès d’un beat electro inquiétant, et poser dessus le tout, quelques gémissements. Drop The Other, le premier single de cette artiste que l’Allemagne nous a confié, surprend, interroge. Intrigue.

Que tirer de cette basse poids lourd, de ces drums contrefaits à l’ordinateur ? Géniale compo primitive ou fond sonore pour produit Lactel ? La parole est à la défense. Emika argumente : « J’essaye de charmer avec des sons nouveaux, qui manquent vraiment dans la musique d’aujourd’hui ». Pour sûr. Après, oui, il suffit de voguer tard et de tendre l’oreille pour capter un petit peu partout, dans ce que le monde de la nuit développe de cages à ambiance, les mêmes influences. Finalement, pas si désirables. Repoussantes, par moment. A l’image des trois remixes enveloppant le single (« Drop The Other » par Scuba’s Vulpine, « Double Edge » par GeRM, dont un instru), qui clôtureraient fichtrement bien une soirée biture fin du monde au « Lucifer » de Concarneau. Un demi pour moi, merci.

Appréciation :


Initialement publié le 20.01.2010