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Pigeon John : l’album ‘Elektriks Collection’ et le clip ‘The Bomb’

Pur produit de l’Amérique post-raciale d’Obama et surtout du Good Life Café (haut lieu historique du hip-hop underground de la côte Ouest), Pigeon John rallume la flamme dans l’œil des vieux nostalgiques avec son hip hop à la cool. Il propose aujourd’hui son album le plus abouti, pour lequel il a été épaulé à la production par Hervé Salters, aka General Elektriks.

Pour la première fois, Pigeon John a utilisé de vrais instruments, qu’il a lui-même enregistrés et mixés, plutôt que d’utiliser uniquement des samples ou une MPC. Et cela donne The Bomb, premier single bien nommé, parti pour exploser. « Le processus est tout nouveau pour moi », dit Pigeon John. « Pour faire une analogie avec le monde du livre, c’est être autre chose que simplement l’écrivain, c’est être l’éditeur. Travailler avec Hervé Salters, ça m’a fait voir ma musique d’un nouvel œil. Le processus en lui-même est fascinant, j’ai adoré. »

Les dragons auxquels Pigeon John s’attaque ne sont pas seulement ceux du malaise post-adolescent ; ce sont tous les petits obstacles, toutes les petites histoires qui construisent une personne. Comme l’explore PJ au son des harmonies imparables de « Buttersoft Seats », c’est le moment où l’on s’aperçoit soudain qu’acheter des nouvelles baskets à son neveu compte plus que d’être le propriétaire de la plus belle bagnole du quartier.

C’est aussi la possibilité, lorsqu’on est dans le bon état d’esprit, de se sentir comme « un jeune Sean Connery à Cabo » le temps d’un café dans le jardin ; pour cela, il faut aussi que ce soit « So Gangster » qui sorte des enceintes. Sur « Before We’re Gone », un morceau qui s’appuie sur une combinaison guitare acoustique/claviers planants, PJ aborde le fait d’être sur la route et de penser à cette fille si spéciale qui vous manque tant.

Ce MC, qui ne se prend pas trop au sérieux, y saisit des petits moments précieux, comme par exemple la manière avec laquelle elle se met du baume sur les lèvres, tout en s’attaquant à des problèmes plus graves, du genre « Suicide Girls at the Door. »  Avec « The Bomb » en ouverture et « Ben Vereen » en conclusion — deux chansons triomphantes traitant respectivement des luttes en général et des luttes liées à la gente féminine — Dragon Slayer se situe, d’un bout à l’autre, au centre d’un diagramme de Venn représentant les vies de Pigeon John et de ses fans.

En cultivant ses talents au mythique Good Life Café au début des années 90, aux côtés d’artistes tels que Kurupt, Freestyle Fellowship et Jurassic 5, Pigeon John a su dépasser les sifflets entendus lors de son premier passage sur scène, avec, depuis, plusieurs tournées mondiales à son actif. Il ne compte plus le nombre de fois où il a traversé les Etats-Unis d’un bout à l’autre, et a acquis une réputation de poids lourd en Australie et au Canada. L’homme sait s’amuser et a le sens de la fête ; il l’a prouvé au fil des années, en donnant les meilleurs shows hip-hop qu’il soit possible de voir.

En vedette dans la colonne « Mic Check » de The Source, dans le « Next Big Things » de Spin et le « Next 100 » d’URB, Pigeon John a également pu entendre ses morceaux dans des jeux XBOX (« Project Gotham » et « NBA Inside Drive 2002 »), au générique de l’émission « Infomania » de la chaîne CurrentTV et dans des films (« Get Over It »). En plus de tout cela, il est le premier rappeur à avoir été diffusé dans l’émission radio de Chuck D sur Indie 103 et le premier artiste à avoir été invité deux fois dans l’émission « Daily Habit » de FUEL TV. Il est également apparu dans des publicités – imprimées et à la télévision (Levi’s et Nestlé Crunch).

Pigeon John est un jeune homme charismatique et élégant qui, à ses temps perdus, collabore avec des crews underground légendaires tels que L.A. Symphony et Brainwash Projects. Mais ce sont les shows live de Pigeon John qui parlent réellement aux fans de musique, sa présence scénique ahurissante lui permettant de capter et de maintenir toute l’attention du public entre les sets de Polyphonic Spree et de Brandi Carlile au festival SXSW par exemple.

Avec une discographie solo qui se lit comme un CV — Pigeon John is Clueless (2002), Pigeon John Is Dating Your Sister (2003), Pigeon John Sings The Blues (2005), et Pigeon John and the Summertime Pool Party (2006) — le rappeur de Los Angeles est prêt à montrer de quoi il est capable sans avoir besoin de faire de trop longues présentations. « Dragon Slayer n’est pas si différent de mes autres disques, c’est seulement que la fréquence est un peu différente », dit-il. « C’est un peu risqué, mais bon, qu’est-ce que je risque de toute façon ? »

Elektriks Collection sortira chez Discograph le 07 mars 2011 mais en attendant, à découvrir ci-dessous le clip de ‘The Bomb’ !