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Instantané de Cannes : Ken Loach et la désolante ubérisation de nos sociétés…

On ne vous présente plus le cinéaste britannique Ken Loach. Ou disons plutôt que nous ne devrions plus avoir à le présenter tant ses films savent décrire avec un réalisme foudroyant l’état pour le moins délabré de nos sociétés.

Et le Festival de Cannes ne s’y est pas trompé en récompensant Ken Loach à déjà deux reprises avec la Palme d’Or, d’abord pour Le Vent se Lève puis pour Moi, Daniel Blake. Nous avons publié la critique du film (10/10 et Sélection Best of MaXoE) dont voici un extrait : ‘La caméra de Ken Loach frappe fort. Mais elle frappe juste. Malgré le sujet, il n’y a ni pathos ni misérabilisme, mais au contraire beaucoup de dignité et de pudeur. La dignité de ces oubliés du système. Et leur solidarité.

Alors que le cinéaste avait annoncé que Moi, Daniel Blake serait son dernier film, il revient cette année à Cannes avec Sorry We Missed You, en lice pour la Palme d’or (nous vous en parlions il y a quelques jours dans cette Brève de Cannes). Un film dont voici le synopsis : Ricky, Abby et leurs deux enfants vivent à Newcastle. Leur famille est soudée et les parents travaillent dur. Alors qu’Abby travaille avec dévouement pour des personnes âgées à domicile, Ricky enchaîne les jobs mal payés ; ils réalisent que jamais ils ne pourront devenir indépendants ni propriétaires de leur maison. C’est maintenant ou jamais ! Une réelle opportunité semble leur être offerte par la révolution numérique : Abby vend alors sa voiture pour que Ricky puisse acheter une camionnette afin de devenir chauffeur-livreur à son compte. Mais les dérives de ce nouveau monde moderne auront des répercussions majeures sur toute la famille…

Les premiers retours confirment l’intérêt des festivaliers pour le film qui traite de l’ubérisation de la société, du travail qui ne rapporte plus rien ou presque, de cette précarité forcée qui s’installe et qui dure, malgré les efforts consentis et les sacrifices. Un nouveau film à la fois coup de poing et tout en subtilité d’un auteur engagé qui à passé 80 ans (bientôt 83) ne désarme pas et continue à faire entendre des voix, celles des oubliés d’un certain capitalisme qui fait perdre leurs dernières illusions à des travailleurs devenus pauvres. Ken Loach évoque une réalité loin de tout misérabilisme ou caricature mais qui dérange puisqu’elle nous questionne sur notre place dans une société excluante. Une réalité que le cinéaste reconstitue de manière détaillée et poignante pour provoquer chez le spectateur une prise de conscience et nous inciter à l’action.

Déjà deux Palmes d’or ; jamais deux sans trois, Sorry We Missed You a déjà notre vote !