MaXoE > RAMA > News > Cinéma / DVD > Le cinéma d’avant-garde à la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé en avril
Cinéma / DVD
Le cinéma d’avant-garde à la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé en avril

Alors que le cinéma muet Indien est désormais à l’honneur jusqu’au 06 avril à la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé (lire notre news à ce sujet), cela sera prochainement au cinéma d’avant-garde de trouver une place de choix à la Fondation.

Le prochain cycle cinématographique de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé a été réalisé en partenariat avec le Centre Pompidou. Les origines populaires du cinéma d’avant-garde est une plongée passionnante au sein du cinéma des premiers temps qui mettra en avant les liens que le septième art a tissé avec les avant-gardes artistiques. Un cycle inédit à découvrir en exclusivité à la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé, du 10 au 30 avril 2019.

Un peu d’histoire…

À l’aube des années 1920, une nouvelle génération d’artistes, née avec le cinématographe, fréquente assidûment les salles obscures et s’enthousiasme pour ses figures de calicot. Le cinéma stimule leur imaginaire et nourrit leur pratique artistique. André Breton avoue n’avoir rien connu « de plus magnétisant ». Robert Desnos considère le cinéma comme un « stupéfiant » puissant. Quant à Antonin Artaud, il y voit « un excitant redoutable ».

Au sortir de la Grande Guerre, ces artistes, qu’ils soient poètes, peintres ou compositeurs, s’emparent du médium cinématographique pour en faire un nouveau territoire d’expérimentations. Portés par l’esprit des avant-gardes, la vitesse et les mouvements mécaniques de la vie moderne se reflètent dans les opérations et les techniques mobilisées par le film : montage, surimpression, arrêt sur image, accéléré, ralenti…

Heaven and Earth magic (1960-1961) – Harry Smith – © Droits réservés

Bouleversant les codes de la représentation, ces films sont pleins de réminiscences des scènes à trucs qui animent le cinéma des premiers temps (« La grande parade », « La fabrique du rêve », « Danses macabres »). Les films comiques, où s’enchaînent courses poursuites et destructions se retrouvent dans des films comme Entr’acte (René Clair, 1924) ou dans le chaos visuel et l’incohérence narrative de Retour à la raison (Man Ray, 1923).

Les films scientifiques avec leurs nombreux gros plans révélant un monde jusqu’alors invisible, inspirent l’œil moderne de leur imaginaire organique (« Cinéma liquide », « Métamorphose »). Comme leurs contemporains, les artistes d’avant-garde ont aussi été fascinés par les sérials dont Les Vampires de Louis Feuillade (1915) représente l’archétype.

Le cinéma d’avant-garde à la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé

Si l’émergence d’une avant-garde cinématographique naît de cette rencontre enthousiaste avec le cinématographe du début du 20e siècle, nombreux seront les artistes et cinéastes à poursuivre cette quête visant à repenser la représentation et ses enjeux par le prisme de l’image en mouvement.

Mettant à l’honneur les pionniers de l’expérimentation, cette programmation s’étend délibérément aux productions de la seconde moitié du vingtième siècle marqué, dans un premier temps, par l’apparition d’une seconde avant-garde cinématographique sur le sol américain (Maya Deren, Harry Smith, Stan Brakhage …), puis par un regain d’intérêt pour le cinéma des origines auprès d’une génération de cinéastes à la fin des années 1960 (Ernie Gehr, Ken Jacobs).

Ayant façonné l’imaginaire populaire, ces artistes s’inspirent de cet héritage tout en cherchant à rompre avec ses codes. C’est cette frontière poreuse entre le cinéma d’avant-garde et ses inspirations que la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé et le Centre Pompidou souhaitent mettre en lumière.

Au programme : Le Manteau (1926) de Kozintsev, Uomo Meccanico (1921) d’André Deed, Paris qui dort (1924) et Entr’acte (1924) de René Clair, récemment restaurés par la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé, Programme « Le Rêve », « Hallucination », « Machines désirantes », « La grande parade », « Métamorphoses » …

Informations pratiques

Fondation Jérôme Seydoux-Pathé
73 avenue des Gobelins, 75013 Paris
www.fondation-jeromeseydoux-pathe.com

Tarifs
Billet couplé 1 séance de cinéma + accès aux espaces d’exposition :
Tarif plein : 7 € ; Tarif réduit : 5,50 € ; Moins de 14 ans : 4,50 €
Carte 5 places valable 3 mois : 20 €
Carte 5 places à retirer sur place