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Asura’s Wrath : Fear my wrath!

NOTE DE MaXoE
10 / 5Sélection Best Of MaXoE
VOTE DES LECTEURS
1 / 52 / 53 / 54 / 55 / 5
Asura’s Wrath n’est pas un jeu. En tous cas, pas dans la pleine acception du terme. C’est une expérience, une sorte de crossover entre différents genres, différents médias, une sorte d’OLNI (Objet Ludique Non Identifié) qui, par essence, ne plaira pas à tout le monde, mais qui est susceptible d’offrir un tour de manège de premier choix à ceux qui auront le courage de l’affronter.

 

On a toujours une bonne raison pour se taper dessus !

Une planète qui ressemble à s’y méprendre à la Terre. L’espace. Une mélodie symphonique, presque wagnérienne. Une légion de vaisseaux attendent, immobiles, sinistres prédateurs spatiaux aux ambitions incertaines. A leur tête, huit êtres, que l’on peine à qualifier d’hommes. Des demi-dieux. Les Huit Généraux. Ils sont venus combattre les Ghomas, des créatures aussi mythologiques que féroces (c’est dire à quel point elles sont mythologiques), qui dévorent les humains par cycle, et qui en ce jour sont menées à la guerre par leur maître.

Asura est l’un de ces généraux. D’un œil aiguisé, il observe le champ de bataille, mesure ses forces et… Ah non, il vient de se jeter dans le vide (depuis l’espace donc), afin de dérouiller du Ghoma comme dans un shoot’em up. Le ton est donné : Asura est un bon garçon, marié, père de famille, bien sous tous rapports, mais il aime tuer. Et si certains apprécient de travailler dans la finesse, Asura verserait plutôt dans une forme d’art qui touche physiquement, du type « si ça grince, ça casse » et autres « si ça saigne, ça peut se tuer ».

 

 Comment font-ils pour me reconnaître malgré mon déguisement?

 

Avec des Généraux qui travaillent à ce point dans la dentelle, la victoire est évidemment pour le camp d’Asura, malgré de lourdes pertes, et la promesse du retour du maître des Ghomas dans quelques millénaires.

Les Généraux ont un plan. Mais ce plan n’inclut pas Asura, trop brutal pour être vraiment fiable. En revanche, les conjurateurs ont grand besoin de Mithra, la fille d’Asura, car si notre homme pourrait résoudre un test de QI à coups de poings, il a quand même mis au monde la grande prêtresse, qui par sa maîtrise du Mantra, puisé à même l’âme des humains, permet aux généraux d’accéder à un niveau de puissance divin. Excusez du peu.

Que fait donc un conjurateur dans cette configuration ? Et bien comme de juste, il tue Asura et kidnappe la fillette. Et pour faire bonne figure, il tue la mère. Seule ombre au tableau : Asura a été sauvé pour une mystérieuse raison, et comme tous les berserkers assoiffés de sang, il va crier vengeance 12 millénaires plus tard. Oui, il est bourrin, mais du genre patient. On n’en est plus à un paradoxe près.

 

Dans ton QTE 

Je le disais en introduction, Asura’s Wrath n’est pas vraiment un jeu. Il s’agirait plutôt d’un anime qui durerait à peu près neuf heures, avec quelques phases de beat’em all assez classiques et du shoot qui ne l’est pas moins.

Non, ce qui fait le sel d’Asura’s Wrath, ce sont les affrontements épiques contre les boss et mini-boss qui jalonnent le jeu, rythmés par des QTE qui déclenchent évidemment à terme la fameuse fureur d’Asura qui a pour effet de nettoyer le terrain et de renvoyer les Ghomas à leurs chères études, de la manière la plus créative, exorbitante et bourrine possible.

 

Kata secret du hérisson mort!

 

J’en profite pour ouvrir une petite parenthèse pour ceux qui l’ignoreraient : un QTE est un Quick Time Event, une cinématique qui oblige le joueur à appuyer sur une touche ou faire une manipulation dans un temps limité.

Dans ces conditions, on aurait pu craindre un scénario type « Saint Seiya », avec Asura qui parcourrait les niveaux en claquant un général devenu vrai demi-dieu à la fin de chaque parcours. Fort heureusement, les concepteurs du jeu, l’équipe de CyberConnect 2 auxquels on doit les excellents Naruto Ultimate Ninja Storm, sont de fines mouches, et entre les retournements de situation, les flashbacks, et les cliffhangers qui décrochent la mâchoire, le scénario du jeu, même s’il est d’un classicisme assez manifeste, est suffisamment accrocheur pour tenir le joueur en haleine. Les idées foisonnent, les surprises aussi, et on se surprend à enchaîner les Sutras pour en voir toujours davantage.

 

Mantra religieux

Et que dire de l’univers ? Au confluent de nombreuses cultures traditionnelles et de la science-fiction, il développe des personnages charismatiques, certes inégaux mais toujours assez séduisants, une psychologie pas très élaborée mais convaincante, et inscrit en filigrane tout au long du périple : le combat d’Asura est-il le bon ? Certes, et en évitant d’en révéler trop, ses anciens frères d’armes tuent des innocents par milliers, mais pour en sauver bien davantage, Asura n’est-il donc pas un parangon d’égoïsme en ne luttant que pour retrouver sa fille ? Ou Asura a-t-il une ambition plus profonde ? Est-il instrumentalisé ?

Plusieurs scènes poignantes offrent, en plus, au jeu une dimension dramatique salutaire dans une œuvre dont l’essentiel repose sur l’exagération, le too much, le délire et le toujours plus loin, toujours plus fort.

 

 

Surtout plus fort.

 

Toute la question est : accepterez-vous d’être surtout spectateur ?

Car, je l’ai dit, les phases hors-QTE sont assez simplistes (même si elles sont très nerveuses et assez originales), et les interactions principales se font à base de QTE qui, comble du comble, n’ont rigoureusement aucune incidence sur le déroulement du combat, à la différence d’un Ninja Blade méconnu (et que je dois être le seul au monde à apprécier) qui vous renvoyait au début de la scène à la moindre erreur pour l’un de ses QTE autrement plus tordus. Le seul impact de ces séquences est tout simplement le score de fin de niveau et les éventuels artworks débloqués, le jeu ayant une dimension de scoring assez présente. Les plus hardcore gamers d’entre vous auront sans doute, d’ailleurs, pour objectif d’obtenir la note S en mode Dieu dans tous les mantras, ce qui pourrait vous retenir un petit moment, comme de débloquer tous les trophées…

Tout dépendra de vous. Si, comme on le voit dans la démo (pas de spoiler du coup, bien joué moi-même), un combat épique sur la lune sur fond de Symphonie du Nouveau Monde, même s’il se résume à une série de boutons, est de nature à vous exalter, le jeu est clairement fait pour vous. Si vous appréciez de pouvoir administrer une mandale de premier choix à un antagoniste en train de débiter son discours mégalomane, aussi. Si en revanche vous ne jurez que par God of War, n’êtes pas tenté par une expérience, ou n’êtes pas fan d’anime, alors non, Asura’s Wrath ne vous plaira pas. Et c’est bien dommage. Car c’est un excellent anime, mâtiné d’éléments ludiques, encore plus dirigistes que l’exceptionnel Heavy Rain en son temps, mais après tout, qui n’a pas pris un peu de plaisir à jouer à Dragon’s Lair ? Oh certes sa rejouabilité laisse à désirer, et le jeu est qui pis est assez facile, mais le charme ne s’explique pas…

  

C’est bien petit, je te laisse vivre

– Merci m’sieur…

 

Testé sur une version Xbox 360

NOTE MaXoE
10 / 5Sélection Best Of MaXoE
VOTE DES LECTEURS
1 / 52 / 53 / 54 / 55 / 5

Ce jeu sera donc ce que vous y apporterez, et au moment de le noter, on peut dire que c’est un mauvais jeu, mais une expérience extraordinaire… si on y adhère. Dans la lignée des Shadows of the Damned, des Killer Seven, des Flower et autres Deadly Premonition, Asura’s Wrath exige des concessions, voire parfois carrément de manger son chapeau de gamer, mais le jeu en vaut largement la chandelle.
ON A AIMÉ !
- Les combats contre les boss, épiques
- les sources thermales
- Asura
- Augus
- Yasha
- La mise en scène, hallucinante
- Le rythme échevelé
- Une narration vraiment bien foutue
- Un scénario moins crétin qu'il n'en a l'air de prime abord
- Un défouloir de premier choix
- L'univers
- Les QTE
ON A MOINS AIMÉ...
- Les QTE
- Un moteur un peu à la masse
- Ce n'est pas un jeu
- A quand une suite dans laquelle on pourra davantage intervenir et avec des phases de beat-em all un peu plus pêchues?
Asura's Wrath : Fear My Wrath
Editeur : Capcom
Développeur : Cyberconnect2
Genre : Anime interactif
Support(s) : PS3, Xbox360
Nombre de Joueur(s) : 1
Sortie France : 24/02/2012

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