Ken Follett – écrivain gallois spécialisé dans les romans historiques et d’espionnages – publiait en 1989 Les Piliers de la Terre, un roman fleuve sur l’Angleterre du XIIe siècle et qui relate l’histoire de la construction d’une cathédrale, celle du prieuré de Kingsbridge, le tout sur fond de guerre civile entre deux prétendants à la couronne. En 2007 paraît Un Monde sans Fin qui fait suite aux événement des Piliers de la Terre, deux ... En savoir plus !
Paradise Lost
Un bout de love story, quelques morceaux de fiction historique et une ou deux parcelles de biopic

Appréciation de MaXoE
4
Appréciation des Lecteurs
1 / 52 / 53 / 54 / 55 / 5
En quête d'une nouvelle vie loin de son Canada natal, Nick suit son frère en Colombie pour vivre au gré du soleil, des vagues et du surf. Il y rencontre Maria et tout se passe comme il en avait rêvé, jusqu'à ce qu'il comprenne que l'oncle de sa compagne n'est autre que Pablo Escobar, le plus célèbre des narco-trafiquants...
Paradise Lost

A titre informatif, Pablo Escobar est mort y a plus de vingt ans et aucun film, digne de ce nom, ne met en scène sa vie. Non, rien du tout mis à part quelques documentaires, une série colombienne et des projets hollywoodiens qui peinent beaucoup à voir le jour à l’écran. Le narco-trafiquant le plus emblématique de la planète n’a pas son biopic, et pourtant le récit de sa vie est calibré comme un scénario béton pour n’importe quel producteur.

Paradise Lost arrive donc sur nos écrans et on se demande bien si Benicio Del Toro et Andrea di Stefano ont su rendre hommage au patron de Medellin.

Paradise Lost

Et bien non. Ce film ne fait pas exception. Sans être spécialement mauvais, il se laisse regarder mais aborde que trop timidement le sujet. Pour deux raisons principales : d’une part, le personnage de Pablo Escobar est traité comme un personnage secondaire. D’autre part, le personnage principal a peu d’intérêt et sa compagne tout autant. On suit l’histoire du point de vue de Nick, un surfeur canadien, qui tombe amoureux d’une colombienne. Donc l’histoire est avant tout une romance banale entre deux jeunes adultes. Et en toile de fond, Pablo Escobar, relégué au rang de l’oncle sympa/méchant un peu trop envahissant dans la vie du jeune couple. On tente d’en apprendre plus sur la vie hors du commun du trafiquant mais cela parait bien laborieux, puisque le film ne se déroule temporellement que sur quelques mois. On perçoit Escobar qui aime et protège sa famille. On perçoit Escobar qui est impitoyable avec ses rivaux. On perçoit Escobar qui fait de la politique. Bref, on perçoit beaucoup mais on ne voit finalement pas grand chose et surtout on apprend peu sur la psychologie du personnage.

Paradise Lost

On alterne donc de façon indigeste entre bout de love story, morceaux de fiction historique et parcelle de biopic. Et pourtant, Benicio Del Toro interprète le rôle de manière brillante, autant physiquement que psychologiquement. Et c’est dommage car le film ne s’attarde jamais vraiment à le laisser s’exprimer. On ressent toujours cette frustration, cette crainte de trop laisser le spectateur découvrir la personnalité d’Escobar, alors que l’on attend que cela. Dès que ça pourrait devenir intéressant, on repasse aussitôt au couple Maria/Nick, qui nous ennuie profondément. Contrairement à la performance de Benicio Del Toro, Josh Hutcherson n’a rien à faire à Medellin dans les années 90. L’acteur ne correspond pas à l’ambiance du film. Ironiquement, il incarne pourtant un type qui n’a rien à faire là et qui doit s’intégrer dans un environnement qui n’est pas le sien. Mais là c’est presque risible, on dirait un personnage cliché de survival-teen-movie (Hunger Games, Le labyrinthe, Divergente, etc) qui s’est trompé de plateau.

Paradise Lost

La vie de Pablo Escobar est passionante mais parsemée de zones d’ombres et de mystères. On en sait beaucoup sur le narco-trafiquant mais peu sur l’homme. Et c’est pour cette raison que faire un biopic sur lui est évidemment risqué, voir carrément casse-gueule. Soit on approfondit trop et on se plante, soit on traite le sujet en surface sans prendre de risques -comme c’est le cas ici- et le film a peu d’intérêt. Le cadre est pourtant très réussi. Malgré un budget modeste, le film arrive  parfaitement à nous immerger dans une Colombie gangrénée par les cartels et la corruption. Les décors sont crédibles, certaines scènes d’action dans un style « Jason Bourne » sont prenantes, mais pourtant on est frustré et on nous impose de suivre une histoire qui nous intéresse peu. Un peu comme si on vous disait « Je vous présente un film sur Ray Charles, mais filmé du point de vue de son manager de 1981 à 1982« . Et bien non, en tant que spectateur, on veut entrevoir son enfance, on veut comprendre quelles sont les causes qui l’ont mené à devenir cette personnalité, on veut savoir quels ont été les drames qui ont changés sa vie, etc. Dans le cas présent, on entrevoit beaucoup, mais on ne voit rien.

Paradise Lost
Appréciation de MaXoE
4
Appréciation des Lecteurs
1 / 52 / 53 / 54 / 55 / 5

Paradise Lost n'est pas spécialement un mauvais film. Tout dépend ce que l'on recherche au cinéma : si vous êtes habituellement comblé par une belle rencontre, une belle histoire d'amour, et que vous appréciez aussi quand il y a un peu de suspense, un peu d'action haletante, alors vous serez enthousiasmés par ce film. Si vous souhaitez voir un biopic de qualité sur la vie de Pablo Escobar et du Cartel de Medellin, alors passez votre chemin sous peine de faire une moue de lassitude pendant deux longues heures.
ON A AIMÉ !
- Benicio Del Toro convaincant
- Bonne reconstitution de Medellin des années 90
- Scènes d'action sympathiques
ON A MOINS AIMÉ...
- Personnages et scénario sans intérêt
- Aucune consistance si on souhaite voir un biopic
Paradise Lost
Support(s) : Cinéma / DVD