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X-Men : Days of Future Past, scénaristiquement intelligent et visuellement puissant

NOTE DE MaXoE
9
VOTE DES LECTEURS
1 / 52 / 53 / 54 / 55 / 5
Septième opus de la saga X-Men: Days of Future Past se situe dans un futur apocalyptique où de redoutables machines ciblent et exterminent les mutants. Lorsque la survie touche à sa fin, Charles Xavier et Magnéto décident d'envoyer Wolverine dans le passé afin de convaincre les X-Men de l'époque de changer le cours de l'histoire et ainsi sauvegarder leur avenir.
X-Men: Days of Future Past

J’avais à peine dix ans lors de la sortie du tout premier X-Men. Premier film de la saga, certes, mais aussi et surtout première production des années 2000 issue de l’univers Marvel. Bon public et naïf à cet âge, loin de me douter que le film allait amorcer le règne des super héros sur le box-office pour les dix années suivantes, je me souviens surtout avoir été impressionné par les effets visuels, les nombreux protagonistes aux pouvoirs fascinants et les parallèles avec le monde réel. J’avais aimé, mon entourage avait aimé et la presse avait aimé. Le coup de génie est bien là : parvenir à continuer de séduire les fans de Comics en restant fidèle à l’univers Marvel, mais aussi conquérir le monde entier si c’est possible. Et ça tombe bien, Marvel Comics comprend quelques cinq mille héros, et s’étend temporellement sur plus de soixante-dix ans. La suite, on la connait tous.

Quatorze ans et quelques milliards de dollars plus tard, on fait le point. Le succès commercial est régulier. La qualité beaucoup moins. On peut en débattre longtemps, certains films sont cultes, quelques uns sont quasiment indécents, et d’autres sont discutables. La saga X-Men est fidèle à cette règle. Sur les sept films, on a vu passer le pire comme le meilleur. Mais l’objectif n’est pas de débattre de la qualité des précédents films de la saga, mais bien de savoir ce que vaut finalement Days of Future Past.

X-Men: Days of Future Past

Je dois admettre que je partais avec une panoplie complète de préjugés sur ce nouvel opus. Pourtant amateur (à mes heures vraiment perdues) de films à gros budget, je suis déçu et triste de constater le très pauvre niveau cinématographique des blockbusters de ces dernières années. Et oui j’ai bien dit triste, car il est triste de dépenser l’équivalent du PIB du Burkina Faso dans des franchises tentaculaires sans fond ni matière si ce n’est que pour nous infliger des explosions migraineuses à répétition pendant deux heures trente. Entre autre je pointe Micheal Bay qui m’a fait perdre la foi dans les films d’action à gros budget, et je le hais pour ça. Je suis donc en général peu enthousiaste face « à ce genre de films ».

Promo massive oblige, casting en croisade de « communication-tapis-rouge » à travers le monde, impossible de louper les affiches et la bande-annonce (qui vient renforcer mes craintes). Puis un sursaut d’optimisme : Le film est réalisé par Bryan Singer, déjà aux commandes des deux premiers volets au début des années 2000. Et enfin Matthew Vaughn co-scénariste, me voila un peu rassuré. Mais j’ai toujours ma panoplie de préjugés sur moi et j’ envisage déjà une chronique assassine avant même d’avoir commencé le film.

Puis la claque, la confession. J’avais tout faux et je me vois forcé de le reconnaitre. Mon égo de cinéphile souffre. Heureusement, il est appréciable d’être agréablement surpris. Je n’attendais rien et j’ai reçu beaucoup, vaut mieux ça que l’inverse me direz-vous. Days of Future Past est bon, sur presque tous les points.

X-Men: Days of Future Past

Souvent risqué d’un point de vu scénaristique, le film est le premier Marvel à aborder le concept de voyage temporel comme trame principale. On pouvait redouter un fiasco ultra-complexe bourré d’illogismes, et pourtant là ça tient debout, c’est convainquant, et on s’y retrouve. Bryan Singer aurait d’ailleurs consulté James Cameron pour aborder au mieux la possibilité d’univers alternatifs à la théorie des cordes (oui, vous savez le domaine de physique quantique définissant des univers multiples, tout ça…). Pour résumer la qualité de l’intrigue : prenez un peu de Lost, un peu d’Inception, un peu de Looper et un peu d’Effet Papillon. Mélangez et rajoutez plein de super heros assez cools. Si, si, croyez-moi, ça tient debout et c’est même particulièrement brillant.

Voyage temporel oblige, on alterne tour à tour entre futur apocalyptique, guerre du Viêt-Nam, Washington et Paris des années soixante-dix. Point important de l’univers X-Men : beaucoup de parallèles avec notre monde réel et surtout avec l’histoire des Etats-Unis. C’est subtilement amené, avec finesse. Sur une atmosphère de défaite américaine au Viêt-Nam avec guerre froide et crise des missiles à Cuba en toile de fond. Je laisse les spectateurs jubiler lorsqu’on refait l’histoire pour tenter d’élucider qui est derrière l’assassinat de John Kennedy.

Outre les transpositions historiques, on notera aussi les nombreuses allusions aux autres opus de la saga. Même si Days of Future Past est loin d’être le dernier X-Men (la suite est déjà en cours), c’est en quelque sorte celui qui vient boucler pas mal de points narratifs. Le voyage temporel permet évidement de faire recouper l’ensemble des générations de héros que l’on a pu croiser en quatorze ans et ça fait vraiment plaisir quand on a suivi la saga depuis le début. On revient donc approfondir le passé de Wolverine, et de bien d’autres points laissés en suspens, mais points de révélations pour ne pas gâcher votre plaisir de découvrir l’intrigue.

X-Men: Days of Future Past

Le casting est dans l’ensemble convaincant. Michael Fassbender (Magnéto) vous promet quelques scènes d’une puissance incroyable. Idem pour Jennifer Lawrence en Mystique. James McAvoy (Professeur Xavier jeune) est selon moi une tête à claques, mais ça tombe bien, le personnage qu’il incarne l’est aussi.

Peter Dincklage, qui incarne Boliver Trask, similaire par ses idées aux médecins nazis de la seconde mondiale, est crédible. Cependant, rien de percutant (et puis je suis désolé, mais Tyrion Lannister à bien d’autres problèmes à régler en ce moment à Westeros que de persécuter une bande de mutants).

Hugh Jackman, quant à lui, a l’avantage d’incarner Wolverine depuis plus d’une décennie. Ayant la particularité, selon moi, d’être le personnage le plus charismatique de la saga, l’acteur applique avec rigueur le même jeu d’acteur et cela depuis le premier X-Men. Mais c’est justement cette constance dans le caractère de Logan qui contribue paradoxalement à l’épaisseur psychologique du personnage.

X-Men: Days of Future Past

Ah, et puis Omar Sy évidemment. Qu’en est-il finalement ? Parachuté tel un acteur-ambassadeur français dans la stratosphère hollywoodienne. A t-il un rôle important ? Va-t-il nous honorer ? Va-t-il nous humilier (comme Marion Cotillard dans Dark Knight, comme Mélanie Laurent dans Inglorious Basterd, comme Jean Dujardin dans le Loup de Wall Street, etc, etc…) ? Bref, va-t-il nous faire la même sensation de malaise que les autres ? Et bien on s’en fout un peu finalement. Le personnage interprété par Omar Sy n’a jamais eu vocation à être un personnage central. On lui demande simplement de balancer des bastos laser avec son gros gun laser. Et de ce fait, il balance des bastos laser avec son gros gun laser. Fin de l’histoire, fin des interrogations. On n’attendait ni plus ni moins ça de son personnage, et c’est très bien comme ça. Il ne faut pas en demander trop à un acteur français en territoire hollywoodien, sinon ça devient gênant, vraiment. Son personnage a peu d’importance, mais ce qui était très important en revanche, c’était que les médias français en parlent et génèrent de la promotion auprès du public français, et ça a évidemment marché. Les acolytes de second plan qui combattent à coté de notre star nationale sont peut-être des acteur-ambassadeurs chinois, mexicains, canadiens faits pour séduire les autres médias nationaux ? Oui, mais là je ne suis pas si certain de vouloir approfondir sur les subtilités d’ethnique-communication malicieuses et obscures de la production pour faire juter le box office mondial.

Le travail réalisé sur le maquillage, les costumes et les effets visuels est titanesque autant que minutieux. Que ce soit le design des redoutables drones de guerre, les transpositions spatiales des vortex , ou la métamorphose Raven/Mystique et Hank McCoy/Fauve entre autre, on est juste bluffé par le travail réalisé en post production.

X-Men: Days of Future Past

La 3D, qui a rarement un intérêt selon moi, trouve enfin sa place dans des scènes d’actions intenses. Des éclairs, du feu, de la glace, des lasers, des tempêtes, des vortex, des missiles, des balles, des bombes ! Tout ça tourbillonnera devant vous à grande vitesse ou en slow-motion. Et croyez-le ou non : c’est beau et c’est fluide !

Ah, et à propos de slow-motion, préparez-vous. Oui préparez-vous bien car Evan Peters (Vif-argent) vous livre une scène d’anthologie. Sur fond de musique soul-jazz, un somptueux (semi) plan-séquence au ralenti. Loufoque, surprenant, drôle, visuellement orgasmique, cinématographiquement révolutionnaire. Habituellement pas fan de ce genre de mise en scène, j’ai dû abdiquer devant le génie qui est derrière ce travail d’orfèvre.

Je n’évoquerai même pas le transfert aérien d’un stade de soixante mille places. Impressionnant et jubilatoire, certes. Mais presque classique pour un blockbuster en comparaison de la scène évoquée précédemment.

NOTE MaXoE
9
VOTE DES LECTEURS
1 / 52 / 53 / 54 / 55 / 5

Days of Future Past est scénaristiquement intelligent et visuellement puissant. Mais plus important encore : il propose quelque chose de nouveau. Et c'est d'autant plus admirable que la création est devenue un objet rare dans les blockbusters de ces dernières années. Un coup de souffle à la saga X-Men donc, mais aussi un coup de défibrillateur à l'industrie cinématographique auquel il appartient.
ON A AIMÉ !
- Qualité des effets-spéciaux
- 3D bien travaillée
- Scénario et mise en scène de qualité
- Parallèle avec les autres films de la saga
ON A MOINS AIMÉ...
- Peut-être difficile de suivre l'intrigue si on n’est pas familiarisé avec l'univers X-men
- Casting à rallonge pour promouvoir au maximum à l'international alors que très peu d'intérêt dans certains personnages très secondaires...
X-Men: Days of Future Past
Support(s) : Cinéma / DVD
Réalisation : Bryan Singer
Scénario : Simon Kinberg, Jane Goldman, Matthew Vaughn
Casting : Hugh Jackman, James McAvoy, Michael Fassbender
Durée : 131 minutes
Genre : Action , Science fiction
Sortie en France : 21/05/2014
Sortie aux Etats-Unis : 23/05/2014
Musique : John Ottman
Distribution : Twentieth Century Fox France
Production : Lauren Shuler Donner, Bryan Singer, Simon Kinberg, Hutch Parker
Informations complémentaires / A noter : Budget : 225 millions de dollars

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