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Festival Cinéma Espagnol et Latino Américain : Rencontre avec Lola Dueñas
Une charmante rencontre !

Lola Dueñas est l’invitée de cette 20e édition du Festival Regards sur le Cinéma Espagnol et Latino Américain de Valence. Elle est venue parler de sa belle carrière, de sa passion pour le cinéma et échanger avec le public du cinéma Le Navire.

Près d’une quarantaine de films, deux Goya dans la catégorie Meilleure actrice pour Mar Adentro de Alejandro Amenabar (2004) et Yo,Tambien de Alvaro Pastor et Antonio Naharro (2009), un prix d’interprétation à Cannes pour Volver de Pedro Almodovar (2005) avec lequel elle a tourné trois autres films (Parle avec elle, Étreintes brisées et Les amants passagers)… Depuis 2010 Lola Dueñas a débuté également une carrière en France avec un joli succès (Les femmes du 6ème étage de Philipe Le Guay, Suzanne de Katell Quillévéré ou encore Les Ogres de Léa Fehner).

Qu’est-ce que représente pour vous votre venue ici au Festival Regards de Valence ?

Je suis très contente bien sûr, c’est un énorme plaisir pour une actrice de savoir que quelque part, des personnes organisent un hommage pour vous. C’est un honneur de voir les films qui sont présentés pour cet hommage, les premiers films où j’étais jeune et les derniers notamment Viaje al cuarto de una madre (Voyage autour de la chambre d’une mère de Celia Rico Clavellino qui sortira en France prochainement) que j’aime beaucoup.

Qu’est-ce qui vous a donné l’envie de devenir actrice ? 

Mon père était acteur de théâtre (Nicolas Duenas) et quand j’étais petite, après l’école j’allais tous les jours au théâtre où je voyais souvent la même pièce que je finissais par connaître par cœur. Un jour j’ai vu jouer une actrice et j’ai ressenti quelque chose de fort, comme si son texte passait par moi. A ce moment là j’étais décidée à devenir actrice. C’était devenu une évidence pour moi, une conviction très forte.

Dans les années 90 vous commencez par des courts-métrages, des séries pour la télé puis en 1997 vous obtenez votre premier rôle pour un long-métrage, Mensaka de Salvador Garcia Ruiz. En 2004 Mar Adentro est une date importante dans votre carrière.

Toute la période où j’ai fait des courts-métrages était incroyable. J’avais un désir important d’expérience et l’envie de jouer, c’était magnifique.  Sur Mensaka, c’était une aventure nouvelle pour presque toute l’équipe, premier film du réalisateur et premier film de quasiment tous les acteurs. Le tournage de Mar Adentro a changé ma vie, le film a eu du succès et a obtenu un Oscar (Oscar du Meilleur film étranger). J’ai aimé tourner avec Javier Bardem, c’est sans doute le meilleur partenaire que j’ai eu dans ma vie d’actrice. Il travaille toujours pour les autres.

Echange entre Lola Dueñas et le public au cinéma Le Navire (2019)

Pour le plus grand bonheur du public français, en 2010 vous commencez une carrière en France.

J’adore le cinéma français, à Madrid je regardais souvent des films français, c’était presque une obsession. Pendant la crise en Espagne, je n’arrivais pas à trouver du travail, à tourner. C’était donc pour moi le moment de tenter ma chance à Paris. Arrivée sur place, j’ai commencé à prendre des cours de français.

Est-ce que vous souhaiteriez un jour passer à la réalisation d’un long-métrage?

C’est vrai que parfois je ne peux pas m’empêcher de dire où je mettrais la caméra mais je pense que c’est à force de tourner. Plus sérieusement je n’en ai pas le courage, et surtout je pense qu’il faut laisser ce métier aux gens qui savent le faire. Si un jour je fais quelque chose en tant que réalisatrice ce sera peut-être un court-métrage.

Comment choisissez-vous vos scénarios ? Est-ce que cela dépend de l’histoire, de l’écriture, des personnages proposés ?

C’est un peu de tout et cela dépend des moments de la vie. Il y a des périodes plus difficiles que d’autres, surtout en Espagne et d’autant plus pour une actrice espagnole. Il faut savoir que seulement 8% des acteurs vivent de leur métier. C’est pour cette raison que lorsque je suis arrivée en France j’ai accepté tout ce qu’on me proposait. Cela m’a permis d’acquérir de l’expérience et c’est important. Mon objectif était d’être présente, d’être là, de pouvoir travailler et d’apprendre. Mais c’est vrai que l’idéal c’est de pouvoir de choisir le réalisateur.

‘Les Amants passagers’ (2013) avec Lola Dueñas

Est-ce que la crise économique en Espagne s’est faite ressentir sur le cinéma espagnol ?

Lors de cette crise j’étais à Paris, il n’y avait pas la possibilité de tourner en Espagne. C’était une grande tristesse. La première chose qu’a fait le gouvernement de droite en arrivant au pouvoir, ce fût de supprimer le Ministère de la culture. Comme pour punir le monde de cinéma censé être de gauche.

Pour notre public français quelles seraient les réalisatrices ou réalisateurs espagnols que vous souhaiteriez  faire découvrir au public français ?

Il y a Ramon Salazar que j’aime beaucoup. Son dernier film La enfermedad del domingo (Sunday’s Illness, disponible sur Netflix depuis juin 2018) est pour moi le meilleur film espagnol de l’an dernier. Et par le passé il y a Fernando Fernan Gomez qui est un réalisateur, acteur et écrivain incroyable. Je vous recommande tout particulièrement son film El Viaje a ninguna parte (1986).

‘A la carte’ (2009) avec Lola Dueñas et Javier Cámara

Merci au cinéma Le Navire de Valence et à l’association Chispa d’avoir permis cette rencontre.