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Chroniques Fantastiques : Les Uchronies sur la Seconde Guerre Mondiale

Les uchronies sur la seconde guerre mondiale sont en vogue cette année avec la sortie de deux séries : WW2.2 – L’autre deuxième guerre mondiale et Wunderwaffen. Une uchronie est, rappelons-le, une réécriture de l’histoire à partir de la modification d’un fait passé. Autant dire qu’il y a des choses à faire avec la seconde guerre mondiale. Qui n’a jamais rêvé de changer l’histoire ? En bien ou en mal !

WW2.2 – L’autre Deuxième guerre mondiale

Qui ne s’est jamais demandé si la mort d’Hitler prématurée aurait pu éviter la mort de 50 millions d’êtres humains ? La guerre aurait-elle eu lieu ? L’Allemagne aurait-elle été la même ? Les Etats-Unis seraient-ils entrés en guerre ? Autant de questions auxquelles nous n’aurons jamais de réponses sauf dans cette bande dessinée.

Dans cette série prévue en sept épisodes, WW2.2 : L’autre deuxième guerre mondiale, uchronie sur la seconde guerre mondiale réalisée par un collectif, les choses ne se déroulent pas comme dans vos livres d’histoire. Chaque épisode, réalisé par des scénaristes et des dessinateurs différents (collectif), se déroule dans un pays différent, avec une armée et des protagonistes différents.

Tome 1 – La Bataille de Paris

Scénario : CHAUVIN, Dessin : BOIVIN, Dessin du prologue : HENNINOT, Couleur : DELF
Editions DARGAUD

Hitler est mort dans un attentat le 8 novembre 1939. La seconde guerre mondiale va cependant bien avoir lieu. Les Allemands menés désormais par Goering répètent la stratégie de guerre éclair que vous connaissez, à un détail près qui va tout changer.

Les Allemands prennent tout de même l’avantage et ils avancent maintenant sur Paris. La décision est prise par les alliés de leur tendre un piège, dernier espoir pour sauver la France, en les laissant entrer dans la capitale vidée de ses habitants. Le piège est tendu. La bataille aura lieu dans Paris. Il faut pourtant préparer la défense et tenir coûte que coûte même si la ville doit être sacrifiée et rasée.

Le prologue de cet album nous montre les motivations de l’homme, Georg Elser, qui a assassiné Hitler. Puis l’on découvre les conséquences de l’attentat : les stratégies des alliés et de l’axe, les décisions de Churchill et De Gaulle. Enfin à Paris, l’histoire se déroule aux côtés du sergent Meunier, mobilisé avec ses hommes dans les murs de la capitale. L’attente est longue avant la bataille, les Français sont seuls dans la capitale, ils s’y perdent car ils ne sont pas Parisiens. Les Allemands attaquent de nuit et par surprise mais personne n’est vraiment prêt.

L’idée du : « Et si Hitler était mort, que ce serait-il passé ? » est alléchante mais ne tient pas ses promesses dans ce premier tome, du fait que la moitié de l’album est tourné sur la vie des soldats français pendant l’attente avec leurs repas, leurs occupations, leurs blagues, leurs disputes…ce qui a pour effet de casser le rythme de l’album : dommage, il y avait tellement mieux à faire. On pourrait presque soupçonner le scénariste d’un manque d’imagination. On aurait pu espérer voir plus de « bataille dans Paris », plus de stratégie. Historiquement par contre, l’histoire est différente mais elle aurait pu l’être beaucoup plus.

Le travail est cependant très bien exécuté, les dessins sont justes, le scénario est bon mais il manque quelque chose : un peu plus de guerre !!! On peut espérer que Chauvel et Boivin  (scénariste et dessinateur) se rattraperont sur le septième et dernier album de la série : « Paris, mon amour » auquel ils participeront. Cela est d’autant plus décevant quand on connaît les différentes séries de Chauvel : Rails, Mafia Story, Wollodrin…qui sont des réussites.

Note : 6,5/10

Tome 2 – Opération Félix

Scénario : ROBLEDO, Dessin : TOLEDANO
Editions DARGAUD

Octobre 1940, l’armée allemande a subit des difficultés en France. La bataille de Paris a été perdue.  Les Allemands, avec l’aide de Franco, veulent désormais prendre le contrôle de la Méditerranée en s’appropriant l’entrée de la mer : Gibraltar. Les troupes allemandes et espagnoles se préparent à l’assaut et installent le « plus grand canon jamais construit par l’homme » : Gustav ; dans la baie d’Algésiras pour pilonner les anglais et faciliter l’invasion.

Le capitaine Klieber, héros de la campagne de Pologne, épaulé par le capitaine Carlos Suarez sont prêts à lancer l’attaque avec l’aide de leurs hommes sur Gibraltar. Le capitaine allemand est guidé par le mythe et la volonté du Führer tandis que le capitaine espagnol, ancien curé de village, se fie à sa religion. Chacun sa foi, l’un garde La Bible avec lui, l’autre Mein Kampf.

L’opération militaire allemande est lancée le 31 décembre 1940. Cependant, la Wermarth, les WaffenSS et d’autres unités ont des divergences sur la façon de gagner une bataille et sur le devenir de l’Allemagne. Plusieurs fronts sont ouverts, des unités attaquent les tunnels, d’autres la ville, d’autres escaladent les parois du rocher et d’autres encore simulent des rescapés anglais de navires britanniques. C’est sans compter également sur la résistance des anglais sur le rocher. Rien ne va se dérouler comme prévu.

L’erreur du premier album n’a pas été répétée : voilà un ouvrage sur la seconde guerre mondiale comme on l’attend avec des morts, du sang, des explosions… Ce deuxième album tient largement ses promesses par rapport au premier, le scénario est très bien pensé, les rapports entre les personnages sont riches, les dessins sont superbes et bien mieux réalisés. L’ambiance est là. Il ne manque rien. On remarquera cependant une petite erreur de date, non visible à la première lecture, mais qui n’entache en rien l’album. Dommage qu’il ne soit pas prévu une autre participation à la série de Robledo et Toledano, le scénariste et le dessinateur. Ces messieurs ont beaucoup de talent et je vous conseille de suivre leurs prochaines séries.

Note : 8,5

Wunderwaffen, Tome 1 – Le pilote du diable

Scénario : NOLANE, Dessin : MAZA
Editions Soleil

Quand la technologie et une succession de coups de chance sont en votre faveur, une guerre peut tourner à votre avantage et l’investissement dans la recherche et développement peut vous permettre de prolonger, durcir ou stopper le conflit.

Avril 1944, le général Joukov meurt brutalement ce qui bloque l’offensive russe.

Juin 1944, le débarquement allié échoue totalement à cause de l’aviation allemande.

Mai 1945, Hitler échappe à un attentat qui le défigure et lui coûte un bras.

Août 1946, l’histoire commence en plein raid aérien allié dans le ciel allemand. Les chasseurs à hélice ont laissé leur place à des avions à réactions. L’Allemagne a pris l’avantage dans les airs grâce à son avance technologique considérable sur les alliés. Ces derniers sont incapables de réussir un bombardement sur le sol allemand face aux Lippisch P13A, formidables chasseurs équipés de missiles, dont la vitesse dépasse de plus de 200 km/h celle des avions alliés. Les Wunderwaffen (armes miracles) ont eu un impact déterminant sur le tournant de la guerre.

Le Hauptmann Walter Murnau, chef de l’escadrille WW52 DORA composée de Lipiisch P13A, est considéré comme l’un des meilleurs pilotes de la Luftwaffe. Il est décoré de la croix de fer des mains d’Hitler en personne. Murnau n’aime pas Hitler, ce dernier le sent et le lit dans ses yeux, il s’en souviendra.

Les alliés continuent leurs attaques aériennes mais cette fois : surprise, les bombardiers alliés ont été upgradés avec des canons de 20mm très précis. Les Allemands découvrent dans un bombardier abattu un radar qui permet de guider les canons d’où leur précision. En réponse, le Reich développe de nouveaux jets équipés de fusées autoguidés par infrarouge. La course à l’armement est lancée. Murnau participe aux essais. Mais Hitler, qui ne l’a pas oublié, le transfère sur le front de l’Est afin de se débarrasser de lui.

L’armement et l’avance technologique peuvent-ils, à eux seuls, déterminer et changer le cours d’une guerre ? Il semblerait que oui surtout quand les batailles ont lieu dans le ciel.

Certains diront peut-être que cette série est de mauvais goût avec la présence d’Hitler et les victoires allemandes mais personnellement, je ne l’ai pas trouvé. C’est le pilote, les batailles et les avancées technologiques qu’il faut regarder ici et non pas les mauvais côté de la guerre.

Les dessins et le scénario sont réussis et notamment les avions et les combats aériens, ce qui n’est pas une chose facile surtout pour représenter la vitesse d’un avion.

Série à suivre. Prochain épisode « normalement » en janvier 2013

Note : 8/10

 

Ces bandes dessinées s’adressent bien sûr à ceux qui aiment les objets et les films de guerres. Pour ceux qui ne partagent pas ces goûts, abstenez-vous. Ces uchronies révèlent aussi bien des surprises que ce soit par la disparition d’un leader ou par l’utilisation de nouvelles armes. On ne s’attend pas forcément à de telles tournures des événements suite à la modification de faits passés. Un historien y perdrait son latin.