Comics en Vrac : Neonomicon

Dans le cadre de notre focus BD et littérature, voici une chronique comics d’une BD dirigée par Alan Moore qui a su s’inspirer de Lovecraft. Le mélange ne peut être que détonnant. 

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Scénario : Alan Moore

Dessin : Jacen Burrows

Collection : Urbna Indies

Date de parution : 25 octobre 2013

Format : couleurs, 176 pages

Editeur : Urban Comics

ISBN : 9782365772686

Web : http://www.urban-comics.com/

L’histoire :  l’agent Sax est infiltré dans un quartier sordide de New York en proie aux affres de la drogue. Il est infiltré, il enquête sur une série de meurtres plutôt salés. Des personnes différentes, à des endroits différents mais le même mode opératoire, comme on aime à le dire dans les séries US. Des points de convergence se font connaître entre tous ces méfaits : de la musique underground, à la limite du satanique, des ouvrages d’Edgar Alan Poe et une drogue douce, pas assez méchante pour rendre fou. Tous ces détails amènent notre enquêteur dans une boîte de nuit bien trop louche pour être honnête. Il apprend l’existence d’une drogue spéciale, l’Aklo. Un seul fournisseur dans le quartier, un mystérieux personnage au visage voilé. Le voyage commence alors pour l’agent, voyage au retour improbable…

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Notre avis : ce qui intéressant dans cette BD, c’est la mise en abîme par rapport à Lovecraft. Alan Moore dit vouloir faire référence à l’auteur et ce même auteur est aussi cité dans le récit comme étant une influence forte dans les événements qui surviennent. Oui Lovecraft est bien au centre du débat et derrière lui, comme d’habitude, Edgar Alan Poe. Le début du comics peine un peu à convaincre. La mise en place de l’enquête de l’agent Sax est, cela dit, un préalable indispensable à la suite du volume. Et la suite part vraiment dans tous les sens, tout d’un coup, d’un seul, la BD bascule tout comme la raison de nos héros. Et là on retrouve tout l’univers des deux auteurs, une histoire qui est en équilibre sur le fil qui sépare le monde tel que nous le connaissons de  l’irréel. 

Autant dire que passé le premier tiers de l’album, les pages se dévorent, on se laisse entraîner dans ce monde improbable. Comment ne pas être fasciné, non pas par les créatures mythiques qui se dressent face à nous, mais plutôt par les concitoyens qui leur vouent un culte malsain. A noter d’ailleurs quelques pages qui peuvent bousculer les plus sensibles d’entre nous. 

Voilà un comics des plus réussis. La plume d’Alan Moore est aiguisée, comme d’habitude. On est même surpris parfois par le style enlevé de certains passages. Le dessin sert merveilleusement bien ce propos sombre, c’est du bon boulot. 

A déguster si vous aimez ces univers si particuliers. 

Appréciation :  4