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La BD du jour : DOG de Vincent Perriot

La ville assène sa loi plus dure chaque jour. Celui qui vit en dehors de son rythme, des pulsions qui l’animent peut se retrouver projeter hors de son système jusqu’à tomber dans une marginalisation aliénante. Las, l’homme présenté par Vincent Pierrot dans son nouveau récit DOG s’est éclipsé du regard des autres, pourquoi ? Peu importe il vit de par ses craintes, ses angoisses et sa faculté à se propulser ailleurs…

Un homme parcours la ville, des villes. Du perron d’une église bien de chez nous aux gratte-ciel new-yorkais il va vivre dans un flux de cadences sans cesse accéléré, va se confronter à l’indifférence, aux regards des autres – car le grand œil l’observe lui, ignoré lorsqu’il gît à même le trottoir, mais repoussoir lorsqu’il déambule dans des rues sur-empruntées. De son perron d’église il se trouvera projeté dans les airs, dans les eaux, dans tous ces éléments qui prouvent que la vie existe encore car on peut la ressentir, la toucher. Il se réveillera aux pieds de grands immeubles, dans une ville icone de la liberté, symbole de réussite et de grands projets, image parmi les images de toute une réussite, d’une excellence. Mais lui que peut-il attendre de tout ça ? Dans ce nouveau monde, il continuera à déambuler dans l’indifférence, car le monde est ainsi fait que l’avenir n’appartient qu’à ceux qui ont encore la chance d’incarner ou de pouvoir incarner une figure de réussite. Il restera violenté par l’indifférence que lui portent les gens qui l’entoure. Serait-il moins qu’un homme ? un sous-homme ? une bête à parquer on ne sait où mais surtout pas dans les rues empruntées par les affables citadins consommateurs à qui il faut vendre du rêve ? Le clochard n’incarne pas le rêve, mais l’échec et l’homme, acculé, pressé par une crise économique qui gangrène toujours plus son quotidien, ne peut se voir dans celui qui ère dans la ville… Il ne doit pas percevoir une des issues qui le guette. Alors il feint de ne pas comprendre ce qui se trame, de ne pas se sentir obligé de penser à la misère qui grignote tous les jours un peu de terrain, tel le désert saharien.
Dans ce récit sans dialogue, construit sous la forme de pleines pages, Vincent Pierrot livre un objet détonant dans lequel nos certitudes vacillent, dans lequel aussi nous trouvons des clefs pour apprendre à observer, à écouter, à partager. Loin de tout conformisme, DOG – frontispice cinglant s’il en est -, agît sur nous comme un cauchemar à rayer de nos esprits. Si nos regards pouvaient parfois accepter de voir la laideur toujours plus prononcée du monde qui nous ceint, peut-être aurions-nous la capacité à le changer…

Vincent Perriot – DOG – Les éditions de la Cerise – 2012 – 19 euros (parution février 2012)


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