A l’occasion de la sortie du dernier Call Of Duty qui revient à ses premiers amours, à savoir la deuxième guerre mondiale, nous vous proposons de revenir sur ce moment de l’histoire et comme d’habitude nous allons le décliner selon les thématiques qui nous sont chères : la BD, le cinéma, les jeux vidéo, la musique et puis plein d’autres choses bien sûr.  Il fait suite au précédent Focus que nous vous avions proposé sur la Grande Guerre. Notre ... En savoir plus !
Calendrier de l'Avent MaXoE - Voir toutes les idées cadeaux !
MaXoE > RAMA > Dossiers > Livres / BD > La BD-Polar du Jour : Détectives T4 de Hanna, Labourot & Lou
Livres / BD / /
La BD-Polar du Jour : Détectives T4 de Hanna, Labourot & Lou

Vous savez, depuis le très dense focus réalisé il y a tout juste un an, que le récit policier, sous toutes ses formes, intéresse la rédaction de MaXoE Bulles. Et, à l’approche de Noël, nous ne pouvions passer à côté des sorties récentes du genre. Nous vous proposons donc de découvrir pas moins de neuf récits qui apportent ce grain de sel fait d’un suspense de tous les instants qui caractérise les bons polars. Descente dans les ruelles sombres, les atmosphères moites, les bars miteux ou les voisinages inquiétants et parfois austères. Bienvenue sur des territoires qui laissent si peu passer la lumière…

detectives couv

Détectives T4 de Hanna, Laboutot & Lou – Delcourt (2015)

Le commissaire Bec est connu pour être toujours pressé. Et il déroge très rarement à la règle. Surtout lorsqu’il est appelé en pleine nuit pour résoudre la mort de la femme d’un collègue défenestrée depuis l’appartement familial situé dans les étages d’un immeuble a priori sans histoire. L’affaire aurait pu être très vite résolue s’il n’y avait cet élément troublant : les habitants, qui possèdent tous une vue sur la cour intérieure de la résidence, n’ont rien vu ni rien entendu. Le commissaire va donc enquêter en se basant sur les indices bien minces mais qui, mis bout à bout, permettront peut-être de remonter le film des derniers instants de la vie de la morte. Pour s’assurer un résultat probant et rapide, le commissaire Bec va employer les grands moyens et faire amener l’ensemble des résidents de l’immeuble au 36 quai des Orfèvres afin d’exercer une pression efficace sur des hommes et des femmes qui en savent sûrement bien plus qui ne le disent…  
En août 2012 paraît chez Delcourt l’opus Détectives de la série 7. Dans celui-ci sept détectives se voyaient réunis pour tenter de résoudre une enquête des plus épineuses les confrontant à un tueur redoutable bien décidé à les mettre à l’épreuve. Les plus fins limiers des années 20 arpentaient alors cette Angleterre bien typée dans une atmosphère savoureusement décalée. Herik Hanna ne pouvait en rester là. Tout d’abord car l’époque qu’il donnait à voir depuis la petite lucarne des cases enchaînées regorgeait de potentiels et de déroulés possibles. Ensuite car les personnages mis en scène dans ce one-shot possédaient tous quelque chose de savoureux, un grain de sel et de folie qui ne pouvaient que dégager de l’empathie et une envie de construire d’autres récits plus directement centrés sur chacun d’eux. Cette idée à suivit son chemin et la série Détectives accouche il y a un peu plus d’un an et demi d’un premier opus consacré à l’un des enquêteurs mis au défi quelques temps plus tôt dans 7 Détectives. Martin Bec, seul français présent dans cette chambrée européenne des limiers émérites se voit mis en scène dans une enquête qui hume bon l’époque des Brigades du tigre mêlée à une volonté de rigueur déductive qui n’aurait pas déplu à un commissaire méticuleux et fureteur comme a pu l’être le Jules Maigret de Simenon. Ici tout se joue dans cette double page qui ouvre l’album. On y voit, depuis la cour de l’immeuble dans lequel a été perpétré un crime atroce, une galerie de portraits tous plus édifiants les uns que les autres. A cette seule vue on sait d’avance que les bouches seront closes et que l’enquête demandera un surcroît de dextérité psychologique pour déverrouiller les langues et parvenir à dénouer les nœuds d’un mystère a priori bien épais. Soupçons faciles, croyances et divagations collectives alimenteront un récit que seul Martin Bec pouvait résoudre. Dans ce contexte le dessin se fait véritablement immersif d’une part car il parvient à capter l’ambiance d’une époque, les années 20, une époque pressée entre-deux boucheries et d’autre part car il donne véritablement corps à ces témoins qui cachent à leur regard de chien battus bien des secrets, pourquoi ? Pour qui ? Mystère… Une des séries policières les plus jouissives du moment !

Hanna/Labourot & Lou – Détectives T4 : Martin Bec, La cour silencieuse – Delcourt – 2015 – 14,95 euros