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Musique
La Playlist de MaXoE : Cheval Blanc, Axel and the Farmers, Maroon 5

Trois artistes. Tous les styles, tous les horizons, sans les ficelles, ni les compromissions, au son de ce rendez-vous éclectiquement électrique. L’actualité du disque, mise en mots et en musique. Branchez vos casques.

Maroon 5 – Hands All Over – Polydor / Universal (20 septembre 2010)

Quand d’aucuns évoquent le rock californien, le seul, le vrai, le tatoué, avec ses perles de sueur roulées sous les aisselles, je pense sans calcul au Red Hot Chili Peppers. Par convention. Après ça, Maroon 5, et son pas du tout charismatique leader Adam Levine, ont beau avoir chauffé sous le même soleil, la comparaison s’arrête là. Pire, après écoute de leur dernier album Hands All Over, je regrette déjà d’avoir osé un tel parallèle artistique. Pourtant, je n’attendais rien d’un groupe vite éclos par le triomphe critique et populaire de Songs About Jane (2002), mais vite sombré, à la mesure d’un deuxième album suffisant (It Won’t Be Soon Before Long en 2007). Je n’attendais rien, ou si peu. Sur ce point, au moins, je n’ai pas été déçu.

Annoncé comme l’une des grosses sorties de la rentrée, Hands All Over a entamé, pépère, son petit bonhomme de chemin dans les charts, avec le très sautillant single « Misery ». Première piste d’un disque studio qui en totalise dix-huit, dans son édition deluxe. A l’oreille, un calque carbone du hit énamouré  « This Love », la sympathie en moins. Cet auto-plagiat débusqué, passons au reste de l’album, produit au passage par Robert John « Mutt » Lange (AC/DC, Def Leppard). Hum, hum… Ça toussote, ça radote. Hum, hum… Ça sent le vieux. Inquiétant pour des trentenaires… Disons plutôt cinq mous musiciens, assurés tous risques, qui font état de leur carence de compositeur, que seuls leurs débuts en studio dix ans plus tôt, on y reviendra toujours, avaient su masquer d’une pop douce et fluette. Sans invention ni magie, d’accord, comme l’époque d’ailleurs, mais redoutablement efficace. Un beau produit de maison de disques. D’alors.

Ici, rien de tout ça. Pour faire court, tout aussi court que la durée de chacune des pistes (calibrées sous les 4 minutes), Hands All Over souffre autant de son débit up tempo, que de ses instruments informatisés, qui repiquent machinalement une rythmique, deux riffs de guitare et des couplets lapidés (je te quitte, tu me quittes, on se quitte), quand l’amour des mots demande des caresses. Beaucoup de caresses. Et toujours en fond sonore, ce souci grossier de se caricaturer, malgré le temps qui passe. Soit du son en tube pour faire jumper le jeune avec au milieu, des redites. Beaucoup, beaucoup. La plus flagrante ? « I Can’t Lie », un sosie métrique de « Sunday Morning », vilain succès d’antan du combo From L.A. Cadeau piégé en guise de final, la reprise de « Crazy Little Thing Called Love », diable de rockabilly chipé au répertoire de Queen, achève de définir ce qui sépare, au mieux, le talent des uns de l’arrivisme des autres. Bref, une quantité de titres bas de gamme(s), prêts à être livrés aux FM, qui savent déjà où piocher pour habiller leurs antennes entre deux encarts commerciaux. Justin Bieber et Lady Gaga devront se serrer.

Appréciation :


Axel and the Farmers – Axel and the Farmers – Bleepmachine (23 août 2010)

« Dis papa, on va voir les vaches ? Non gamin, juste le fermier Axel. » Rendons une p’tite visite à M’sieur Concato, son champ des possibles, toujours en jachère, et ses bouses electro-pop. Le bulbe d’Axel and The Farmers cultive si bien l’à peu près, que son tout premier album, éponyme (quel égo !), mériterait sans conteste l’ordre du mérite agricon. Vrai de chez vrai, Ax’ le terne se plante sur « Dream #7 » (clin d’œil à Lennon) et « Billy’s Trouble », deux chansonnettes étouffantes d’ennui. Laboure, avec « Kids » et « Red Nose », les plates-bandes de Bowie et Eno, sans même demander l’autorisation à la préfecture glam. Arrose l’acoustique de ses saturations dans « The American Jaw », malgré la pénurie d’inspiration. Alors je sais, la critique est facile. Mais l’art, bien plus difficile. N’est-ce pas M’sieur le fermier ?

Appréciation :


Cheval Blanc – Révolutions / The Art of the Démo – Bruit Blanc (4 octobre 2010)

Cessons. Arrêtons. Terminons de confier à n’importe qui, n’importe quoi, le grand dessein de la poésie. La dernière gageure en date se nomme Cheval Blanc. Jérôme-David Suzat au civil, et fondateur du groupe No One Is Innocent au registre des éclipsés du rock. Déjà assourdi par le volet Révélations, sorti en mars dernier, écourtons sans trop en faire, ni en dire, la seconde partie de son dyptique The Art of the Démo.

Révolutions, le mal nommé. Comptabilisons six chansons de folk gondole, enregistrées entre 2007 et 2009. Piano (« Les Amants Morts »), guitareMa Ville »), un peu de post-prod, du blabla barbouillé par-dessus (« Du Chaos » cite Rimbaud, ça fait smart), et hop, le bel EP que voilà. Chiant, chialeur, pâteux, poseur, maladif… Son désordre est un départ, son disque, espérons-le, une fin. Une bulle de vide. Ploc.

Appréciation :