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Instantané de Cannes : Geu-Hu, l’amour selon le réalisateur Hong Sangsoo



L’accréditation presse ne fait pas tout et parfois une belle rencontre peut faire le reste. C’est ainsi que ce lundi, une invitation va me permettre de voir un film en compétition dans le grand théâtre lumière, et donc de monter les fameuses marches et son tapis rouge. Rien de fulgurant, ce n’était pas un rêve à réaliser, mais ça m’amuse de pouvoir enfin le faire. J’enfile mon plus beau costume et me rends sur place pour passer les quatre contrôles de sécurité obligatoires avant d’atteindre le début du tapis rouge. Où j’attends une heure. En plein soleil. Mais ce n’est pas grave, je me réjouis de l’événement.

Il s’agit du nouveau film de Hong Sangsoo, cinéaste coréen bien connu du Festival puisqu’il a déjà été sélectionné huit fois ces dernières années. Je n’ai vu aucun de ses autres films mais j’ai la vague sensation qu’il ne fait pas le même genre de cinéma que ses confrères Kim Jee-won (I met the Devil), Park Chan-Wook (Old boy) ou encore Na Hong-Jin (The chaser), c’est-à-dire des films graphiques centrés sur les thèmes de l’ultra violence vengeresse. 

Non, il faut dire que Hong Sangsoo c’est plutôt l’inverse. Ses films sont tout aussi passionnels, mais axés sur le romantisme, les émotions liées au couple et à l’amour en général. 

L’histoire du Jour d’après est simple à comprendre pour le spectateur mais très difficile à gérer pour le personnage du film, un directeur d’une petite maison d’édition qui trompe sa femme avec sa collègue de bureau. Celle-ci ne supporte plus sa lâcheté et part. Il engage une autre femme mais l’ancienne revient et il doit se séparer de la deuxième. Sa femme n’y comprend plus rien, lui non plus, débordé par les évènements et surtout par ses propres sentiments. Bongwan crée malgré lui un quatuor amoureux entre femme trompée, amante et maitresse, et subit les variations de ses sentiments à en pleurer de fatigue.

Il semblerait que dans ses précédents films et particulièrement dans celui-ci, le style soit profondément minimaliste dans la forme : uniquement des plans -éventuellement séquence- fixes en noir et blanc, pratiquement aucune musique, pas d’unité de temps ni de lieu. Simplement un homme et une femme qui discutent, s’aiment, se haïssent, boivent, rigolent et pleurent. Rien d’autre.

Ça paraît chiant à mourrir ? Ça l’est, comptez là-dessus. Le film est à crever d’ennui, mais il n’en est pas moins intelligent pour autant. Car même si la forme de la mise en scène semble basique à première vue, le contenu l’est beaucoup moins. A travers son cinéma très personnel et très émotionnel, Sangsoo demande à ses acteurs bien plus qu’une simple performance. Les larmes, l’état d’ébriété, et les crises sont puissants à l’écran car ils ne semblent pas simulés. Les scènes sont déroutantes car burlesques et tragiques en même temps. On aime se moquer du personnage dépassé par les évènements et sa propre faiblesse mais on est aussi attendri par ces personnages incapables de communiquer autrement que par des sentiments bruts de haine, d’amour, de jalousie ou de compassion.

Le film se finit, une centaine de gens se précipitent vers la sortie, avant de mourrir tué par l’ennui. Beaucoup de spectateurs autour de moi semblent pourtant très émus par le film. D’ailleurs, le reste de la salle se lève pour une standing ovation très Cannoise qui dure de longues minutes. Le film ne m’a pas touché mais je respecte ce genre de cinéma à contre-courant de ce qui se fait aujourd’hui, de par sa lenteur et son minimalisme qui donnent le temps de vraiment se pencher sur la complexité de l’amour moderne.

Finalement, il n’y a pas forcément besoin de violence explicite pour atteindre les spectateurs. La violence des sentiments amoureux peut être tout aussi déroutante, tout dépend de ce qu’on recherche…

















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